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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 09:57
La caricature, expression contre la norme et la hiérarchie
La caricature, expression contre la norme et la hiérarchie

La caricature, expression contre la norme et la hiérarchie

(Extrait du texte De la photographie au texte de Morad Montazami, in Vérité et mensonge au sens extra-morale, dossier de la collection folioplus philosophie, Friedrich Nietzsche, éd. Folio, 2009, pp. 33-37)

La caricature entretient par définition une parenté inextricable avec les dessins d'enfants ou l'art des fous, avec toute œuvre dont les ressorts plastiques échappent fondamentalement à la théorie et aux canons de composition (« les règles de l'art ») pour se manifester plutôt comme translation graphique de la psyché ; saut instantané de l'esprit au crayon, en quelque sorte. Jean Dubuffet, qui la plus grande partie de sa vie ne cessa de collectionner et de diffuser les œuvres de psychotiques, n'en montre pas moins, pour l'histoire de l'art, que Nietzsche n'en montre pour l'histoire de la philosophie. L'intellect humain, loin d'assurer le savoir et la connaissance, et plutôt que d'en assurer le progrès, doit aller vers sa propre mise en crise (le même intellect qui nous fait reconnaître une « chaise » ou une « fenêtre » comme telle) par la stimulation, pour tout un chacun, de son propre instinct artistique et créateur de formes. Cette stimulation doit nous aider à nous « détromper », selon Nietzsche, des formes que nous tenons pour objectives et nous conduire à nous demander plutôt quel travail de perception (quel « excitation nerveuse ») ces formes déclenchent en nous. Nietzsche aurait pu entièrement reprendre à son compte cette pensée de Dubuffet, considérant que le psychisme du vacher ne présente en aucun cas moins d'intérêt que celui du savant docteur. La vraie caricature distille toujours cette verve contre la norme et contre la hiérarchie. Cindy Sherman, en artiste enfant qui nous montre l'entrelacement du jouer et du jouïr dans sa propre parure grotesque, caricature une autre œuvre à visée déjà caricaturale. Il est particulièrement significatif que Nietzsche recourt à l'image du jouet détruit/reconstruit anarchiquement – entendons littéralement sans hiérarchie (ou sans système) – pour établir la possibilité de la falsification comme investigation productive de la réalité et du vrai. De fait, on ne falsifie toujours qu'à partir du déjà existant. Ainsi, contre toute interprétation tautologique de Sans titre #224 et de sa filiation au tableau du Caravage, nous préférons dire qu'elle casse un « jouet » de l'histoire de l'art pour mieux retourner contre la discipline historique son pouvoir d'hétérogénéité, de fantasme (plus que de connaissance) et de dualité (pensons à l'enfant émerveillé par le pouvoir de dédoublement que lui offre le déguisement).

La caricature, expression contre la norme et la hiérarchie
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Publié par Max L'Hameunasse - dans Autres auteurs

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Le dépassement du nihilisme qui caractérise les temps modernes ne pourra surgir d'un quelconque recours à l'une des idéologies du passé, communisme étatiste, fascismes ou libéralisme, même faussement adaptées aux temps présents, mais d'une pensée tout à la fois sociale et individualiste (non-libérale) !

Si le monde est pétri de contradictions, il ne sert plus à rien de vouloir les annihiler en instaurant une suprématie de la logique déductive-identitaire, comme l'a fait la Modernité. Ces contradictions sont constitutives de la vie, et en premier lieu de la vie humaine. La société n'est antagoniste à l'individu que de notre point de vue. En réalité, les deux sont aussi concurrents et complémentaires. La vie comme le monde sont complexes, et les réduire à des lois physiques ou mathématico-logiques ne conduit qu'à des impasses doctrinaux ou idéologiques au final. La société ne peut "être", c'est-à-dire, réellement, devenir, que par les individus qui la composent, et les individus ne peuvent devenir que par l'héritage et le soutien qu'ils reçoivent de la société, donc des Autres. La vie est communautaire-organique/individuelle-égoïste, et la réduire qu'à l'un ou l'autre de ces aspects est proprement ignorer la réalité. Tout comme est occulter la moitié du réel de vouloir le réduire à l'identité ou à l'altérité absolues.

C’est par le respect de chacune des singularités humaines et de l’inégalité ontologique qui les met en lien, par la subsidiarité bien comprise, par la justice selon le sens traditionnel de ce terme, et par la consécration d’une nouvelle "aristocratie" du "devoir", que les habitants actuels de l'Europe pourrons reconstruire souverainement une Puissance qui leur sera propre et qui consacrera leur besoin de se soumettre la politique comme l'économique en tant qu’instruments de leur volonté, de leur autonomie et de leur liberté. En cela, ils retrouveront le goût de leur humanisme originel, d'un type "antique" d'humanisme !

Le temps serait-il donc venu de faire de l'Europe un Imperium civilisationnel, et de ne plus rejeter toute idée de Puissance au nom d'une "liberté" idéalisée ? Car le monde qui se dessine est celui où s'affirmeront et les individus et leurs communautés ainsi que, au-delà, les Imperii civilisationnels ayant su dépasser les illusions de la consommation illimitée et de l'idéologie économiste. À nous, hommes de conscience, d'en prendre acte !!

Yohann Sparfell

(Socialiste conservateur-révolutionnaire européen)

 

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