1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 11:01
La raison gouverne le peuple – politique : allégorie du Corps

La raison gouverne le peuple – politique : allégorie du Corps

 

 

 

 

La raison a-t-elle ce pouvoir de gouverner nos pulsions comme le laisseraient croire nos certitudes envers sa supériorité ?

 

Ou serait-elle, sinon supérieure, du moins partie constituante de cet ensemble de pulsions et d'affects qui forment notre corps ?

 

En d'autres termes, ne serait-elle pas « tout simplement » comme un organe, une pulsion nécessaire à toute vie, qui, par sa constitution toute particulière, fait œuvre de maintenir la vie en sa forme donnée à un moment donné ?

 

« Grain de déraison » ?

 

Elle doit être une forme de gouvernement qui, si elle n'est supérieur, n'est au fond qu'une partie d'un tout dans lequel elle s'insère, comme elle en émerge, afin d'en diriger par compromission la pérennité.

 

Sa forme de gouvernement, pour peu qu'elle devienne tyrannique, nous fait alors croire à sa divine supériorité, tout comme le gouvernement des nations nous semble bien haut placé dans notre esprit.

 

 

« NOUVELLE ET ANCIENNE CONCEPTION DU GOUVERNEMENT. - Distinguer entre le gouvernement et le peuple comme entre deux sphères séparées de puissance, l'une plus forte et plus élevée, l'autre plus faible et inférieure, traitant ensemble et s'unissant, comme un reste de sentiment politique transmis par hérédité, qui, dans la plupart des États, correspond encore exactement à la constitution historique des rapports de puissance. Quand, par exemple, Bismarck définit la forme constitutionnelle comme un compromis entre gouvernement et peuple, il parle conformément à un principe qui a sa raison dans l'histoire (et par là aussi, il est vrai, le grain de déraison sans lequel rien d'humain ne peut exister). On doit maintenant apprendre à l'opposé – conformément à un principe qui est une pure création de tête et qui n'est encore qu'à la veille de faire l'histoire – que le gouvernement n'est rien qu'un organe du peuple, et non pas un prévoyant et respectable « dessus » par rapport à un « dessous » accoutumé à la modestie. Avant d'admettre cet énoncé jusqu'ici non historique et arbitraire, quoique plus logique, de la conception du gouvernement, considérons-en au moins les suites : car les rapports entre peuple et gouvernement sont les rapports typiques les plus forts sur lesquels se modèlent involontairement les relations entre professeur et élève, maître et serviteur, père et famille, chef et soldat, patron et apprenti. Sous l'influence de la forme dominante du gouvernement constitutionnel, toutes ces relations se modifient aujourd'hui quelque peu ; elles deviennent des compromis. Mais quelles vicissitudes et quelles déformations devront-elles subir, quels changements de nom et de nature, une fois que cette conception toute nouvelle se sera partout rendue maîtresse des cerveaux ! - il est vrai qu'il pourrait y falloir encore un siècle. À ce propos, rien n'est plus à souhaiter que la prudence et l'évolution lente. » Friedrich Nietzsche, aphorisme 450 d'Humain, trop humain.

 

 

 

 

Mais si nous plaçons le gouvernement aussi haut dans une hiérarchie que nous créons nous-même, n'est-ce pas parce qu'à toute chose nous avons le besoin de faire correspondre une cause ?

 

N'est-ce pas parce qu'à notre instinct de toujours pointer en avant l'index de la justice nous avons l'absolue prétention d'y faire précéder la puissance de la volonté ?

 

Cette volonté n'en est que plus reine si sur elle reposent toutes nos croyances et certitudes. Tout le reste alors sous la raison doit se soumettre. Une puissance qui ne repose que sur la croyance « superstitieuse » en sa propre puissance...

 

 

« LES ARBITRES APPARENTS DE LA PLUIE ET DU BEAU TEMPS EN POLITIQUE. - De même que le peuple suppose tacitement chez l'homme qui s'entend à la pluie et au beau temps et les prédit un jour à l'avance, le pouvoir de les faire, de même aussi des gens, même cultivés et savants, attribuent aux grands hommes d'État, à grand renfort de foi superstitieuse, toutes les révolutions et les conjonctures importantes qui ont eu lieu durant leur gouvernement comme une œuvre qui leur est propre, pourvu qu'il soit évident qu'ils en aient su quelque chose plus tôt que d'autres et qu'ils aient fondé là-dessus leurs calculs : on les prend donc également pour des dispensateurs de la pluie et du beau temps – et cette croyance n'est pas ce qui sert le moins à leur puissance. » Friedrich Nietzsche, aphorisme 449 d'Humain, trop humain.

 

 

 

 

Mais il n'apparaît alors à la raison qui doute, dont la foi en elle-même s'est ébranlée par l'exclusion de tout autre croyance de la lumière de son royaume, et qui se retrouve alors trop seule pour régner, que le salut ne peut provenir néanmoins que d'elle-même.

 

Espérer la justice des dominés, ne serait-ce pas avoir espoir en ce que la brebis pardonne au loup d'avoir dévoré ses agneaux ?

 

Ce qu'il apparaît nécessaire de faire pour le devenir devrait-il être fait par ressentiment ? L'immoralisme n'est au fond qu'un moralisme de plus haute volée. Ou une façon de vivre en bon Européen...

 

 

« JUSTICE COMME MOT D'ORDRE DE PARTIS. - Il se peut bien que des représentants nobles (quoique peu intelligents) des classes dirigeantes prennent cet engagement : « Nous allons traiter tous les hommes en égaux, leur reconnaître des droits égaux » ; en ce sens, une conception socialiste, reposant sur la justice, est possible, mais, comme j'ai dit, seulement au sein de la classe dirigeante qui dans ce cas exerce la justice par des sacrifices et des abdications. Au contraire, l'égalité des droits, comme le font les socialistes des classes assujetties, n'est jamais l'émanation de la justice, mais de la convoitise. - Si l'on montre de près au fauve des morceaux de viande sanglante, puis qu'on les retire jusqu'à ce qu'enfin il rugisse : pensez-vous que ce rugissement signifie justice ? » Friedrich Nietzsche, aphorisme 451 d'Humain, trop humain.

 

Toute raison a son propre but qui ne peut que trouver sa limite à un certain moment. C'est d'ailleurs croire en une vérité universelle qui puisse un jour s'imposer et diriger le monde que de penser que la raison est chose elle-même universelle ayant sa destinée dans la direction des affaires humaines : illusion en un progrès qui tourne sur lui-même !

 

Notre humanité s'est construite sur cette illusion néanmoins ; elle ne peut malgré tout, une fois la brume des rêves dissipée, dissimuler plus longtemps les relents de ses petits calculs.

 

 

« PAS TROP PROFONDÉMENT. - Les personnes qui ont embrassé une cause dans toute sa profondeur lui restent rarement fidèles à jamais. Justement, elles ont mis au jour la profondeur. Il y a toujours beaucoup de mauvais à voir. » Friedrich Nietzsche, aphorisme 489 d'Humain, trop humain.

 

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Published by Max L'Hameunasse - chevalier de Nüllpahrt - dans Textes de critiques et réflexions

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Propos pour un "Empire" européen

(Une Grande Europe de la Spiritualité et de la Puissance !)

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Il ne s'agit pas de tuer la liberté individuelle mais de la socialiser

Pierre-Joseph Proudhon

Ce n'est pas autour des inventeurs de fracas nouveaux, c'est autour des inventeurs de valeurs nouvelles que gravite le monde ; il gravite en silence

F. Nietzsche

 

 

Friedrich Nietzsche

 

« La véritable Europe est un accord et non l’unisson. Goethe tient pour toutes les variétés et toutes les différences : l’esprit qui interprète la nature ne peut pas se donner une autre règle ni un autre jugement. Il n’est d’Europe que dans une harmonie assez riche pour contenir et résoudre les dissonances. Mais l’accord d’un seul son, fût-ce à des octaves en nombre infini, n’a aucun sens harmonique. Pour faire une Europe, il faut une France, une Allemagne, une Angleterre, une Espagne, une Irlande, une Suisse, une Italie et le reste. »

« Dans Goethe, l’Europe est une mère aux fils innombrables ; par la voix du poète, elle les invite à se reconnaître. Goethe leur ouvre les yeux ; qu’ils consentent enfin à prendre conscience les uns des autres ; qu’ils aient honte de se calomnier et de se haïr. Goethe, puissant Allemand, n’entend pas que l’Europe soit allemande, ni que la France ou la Chine le devienne. Pour que l’Europe soit vraiment elle-même, il faut que l’Allemagne soit le plus allemande et la France le plus française que faire se pourra : moins le mal, ici et là, moins le mépris, la violence et la haine. »

André Suarès

 

"Minuit" de Vincent Vauclin

 

L'Europe est un projet de civilisation ou elle n'est rien. À ce titre, elle implique une certaine idée de l'homme. Cette idée est à mes yeux celle d'une personne autonome et enracinée, rejetant d'un même mouvement l'individualisme et le collectivisme, l'ethnocentrisme et le libéralisme. L'Europe que j'appelle de mes vœux est donc celle du fédéralisme intégral, seul à même de réaliser de manière dialectique le nécessaire équilibre entre l'autonomie et l'union, l'unité et la diversité. C'est sur de telles bases que l'Europe devrait avoir pour ambition d'être à la fois une puissance souveraine capable de défendre ses intérêts spécifiques, un pôle de régulation de la globalisation dans un monde multipolaire, et un projet original de culture et de civilisation.

Alain de Benoist

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Organisation Socialiste Révolutionnaire Européenne

 

Site du Think-Tank EurHope

 

 

« le désir d’être libre ne procède pas de l’insatisfaction ou du ressentiment, mais d’abord de la capacité d’affirmer et d’aimer, c’est-à-dire de s’attacher à des êtres, à des lieux, à des objets, à des manières de vivre. »  George Orwell

 

 

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soldat avec groom_Giorgione

 

« Je ne parle pas pour les faibles. Ceux-ci cherchent à obéir et se précipitent partout vers l'esclavage... j'ai trouvé la force là où on ne la cherche pas, dans les simples hommes doux, sans la moindre inclinaison à dominer." Friedrich Nietzsche

 

Le dépassement du nihilisme qui caractérise les temps modernes ne pourra surgir d'un quelconque recours à l'une des idéologies du passé (communisme, fascisme) ou du présent (libéralisme), mais d'une pensée "conservatrice" qu'il devient aujourd'hui nécessaire de redéfinir. Il pourrait ainsi bien émerger d'une redéfinition radicale de l'autonomie individuelle et collective en Europe, et d'une réflexion renouvelée de ce qui fait l'homme, de l'alliance inaliénable de la transcendance et de l'immanence. Le devenir de l'être se situe dans l'éternel présent de cette dialectique à redéfinir, ainsi que dans une éternelle rencontre du passé et du futur, non dans un « autre monde possible », un idéal abstrait et prétendument plus vrai que le réel.

 

"On a pris ainsi longtemps le dessin pour l'ébauche d'une oeuvre qui, une fois achevée, le renvoyait à l'oubli et au néant. On sait que c'est faux : le dessin est déjà toute l'oeuvre, il n'y en a pas d'autre." Jean Baudrillard, Le miroir de la production, note 20 p. 143, 1973

 

Je suis animé du désir vivant et dissident de porter aussi loin que possible le coup du glaive dans le tréfonds de l'ordre moral trois fois centenaire, mais surtout aujourd'hui issu d'une subversion de la pensée européenne multimillénaire nous ayant donné à songer que nous puissions nous prendre pour des dieux. Les Lumières nous ont-elles trahis, ou aurions-nous trahi les Lumières ? Ou n'est-ce la pensée qui se serait trahie elle-même ? Si l'homme ne peut se passer de croyance, au moins a-t-il en cette époque submergée par de vaniteuses certitudes à son propos déposé dans les hauteurs du Royaume Celeste, vidé, la croyance en sa toute puissance. Mais à se croire tout-puissant, l'on en vient par la suite à se nier, à se mépriser, car "on" en oublie jusqu'à notre âme, en oubliant nos racines. Dans notre monde post-moderne, nous ne donnons à la vie que la possibilité de sa propre négation en voulant la protéger d'elle-même par la voie (ou la voix, appauvrie, du langage SMS) des idéalismes et des dogmes attachés aux antiennes de la "sainte" parole ultra-libérale.  


Il s'agit donc de comprendre que nos pensées ne sont pas neutres et que nous ne saurions nous élever sans "prendre le risque" d'avoir la conscience de ce qui fonde les supposées vertus de celles-ci : nos convictions, et ce sur quoi elles sont fondées ! L'émancipation ne peut advenir sans ce courage, cette probité, intellectuelle, sans tomber pour autant dans "l'intellectualisme" et la posture théorique. Réapprendre à penser, réapprendre à se poser et à "voir", à "lire", c'est aussi réapprendre à orienter nos pensées vers l'Être... à ne plus oublier l'Être... donc à ne plus omettre que, en tant qu'hommes, nous sommes éternellement redevables de ce qui nous fonde et nous élève.

 

Car nous sommes détenteurs, et passeurs, de la Tradition (traditio, de tradere : trans - à travers - et dare - donner) pour la continuité et pour l'avenir de laquelle s'érige face à nous, hommes conscients, socialistes conservateurs-révolutionnaires européens, héritiers des mouvements sociaux du passé, l'obligation de repenser le social, et le socialisme (de socius, ensemble, associés) à la Lumière de l'Impératif vital : promouvoir une restructuration organique et holistique, symbiotique, selon un schéma fédératif, des énergies humaines, tant économiques que culturelles et politiques, en France puis en Europe afin de retrouver la pleine puissance et maîtrise de nos agir, notre souveraineté nationale et civilisationnelle !

 

Yohann Sparfell

(nationaliste-révolutionnaire pour l'Imperium européen en devenir !)

 

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