4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 19:43
De la réalité à l'apparence

De la réalité à l'apparence

 

 

 

"On a pris ainsi longtemps le dessin pour l'ébauche d'une oeuvre qui, une fois achevée, le renvoyait à l'oubli et au néant. On sait que c'est faux : le dessin est déjà toute l'oeuvre, il n'y en a pas d'autre." Jean Baudrillard, Le miroir de la production, note 20 p. 143, 1973

 

 

 

 

La perspective que nous nous donnons au sein du monde moderne n'est pas tant celle d'un dire-oui au monde et ce qu'il en implique de possibilités de vivre sa vie au rythme de ce qui devient sans cesse, mais la vue que nous élaborons de façon plus ou moins inconsciente entre d'une part le monde réel, celui des phénomènes, et d'autre part une « vision » que nous en avons a-priori, selon telle ou telle forme d'idéal, les deux étant séparées mais néanmoins liées par les lignes reliant notre dégoût de la vie à l'espoir vain d'un au-delà idyllique. C'est un processus historique que l'on voit se dérouler là, des origines de la métaphysique à la tristesse systématisée sous la forme absurde de l'expression « Que du bonheur ! ».

 

Il faut dire que les idéaux se sont taris ; ils ont été la proie d'une déception somme toute « logique » sur les présupposées sur l'homme et la puissance de la Raison. La surface projetée à partir d'une réalité de plus en plus « terre à terre », humaine trop humaine, est devenue évanescente et ne permet plus aux rêves de s'y accrocher. Alors que nous reste-t-il ?

 

Ne nous reste-t-il que de tenter d'imaginer d'autres idéaux plus fous encore, ou de s'élever un cran plus haut afin de constater combien il a été vain de séparer la pensée de la vie ? L'homme moderne est fatigué de vivre, la seule preuve en est de constater à quel point il a besoin de sécurité, de prévisibilité. Le seul idéal qui perdure est celui de l'ego maladivement enfermé sur lui-même, sur sa haine de ce qui lui est différent, de ce qui est imprévisible, vivant, réactif. Il suffit pour cela d'ouvrir les yeux sur le lourd boulet de passivité qui nous force à l'immobilité alors que nous avons l'impression de « bouger » en suivant désespérément une vie qui nous paraît se mouvoir qu'à l'extérieur de nous-mêmes. Notre puissance s'est étiolée parce que notre volonté s'est fourvoyée ; elle a trop cru en ce que le monde réel, connu de nous, ne soit qu'apparence alors qu'il n'est pourtant que notre seule réalité, en la vérité d'un au-delà qui n'est pourtant que rêve et fol espoir mais surtout en la vérité de la « chose en soi » qui n'est au fond qu'interprétation. Aujourd'hui nous ne croyons plus, nous n'en sommes plus arrivés qu'à subir : subir notre isolement grégaire comme le poids d'une contrainte, d'une dette à honorer en se soumettant à des morales qui sont les expressions de la décadence et de la faiblesse (par opposition aux morales « ascendantes » libérées de tout idéal).

 

À moins de voir ce que sont vraiment les antinomies sur lesquelles nous concevons nos vies ; antinomie entre le monde réel et le monde apparent, antinomie entre l'être et le devenir, entre la croyance et le savoir, entre bien et mal, vrai et faux..., sur quoi elles reposent et par rapport à quoi elles se réfèrent : en faire la généalogie. Bien des chemins sont éternellement à parcourir, des chemins philosophiques en nous-mêmes afin d'y déceler le sens de nos « erreurs ».

 

 

« PHÉNOMÈNE ET CHOSE EN SOI. - Les philosophes ont coutume de se mettre devant la vie et l'expérience – devant ce qu'ils appellent le monde phénoménal – comme devant un tableau, qui a été déroulé une fois pour toutes et représente immuablement, invariablement, la même scène : cette scène, pensent-ils, il faut bien l'interpréter pour conclure sur l'être qui a produit le tableau : pour conclure de cet effet donc à la cause, partant à l'inconditionné (au monde « en soi »), qui est toujours regardé comme la raison suffisante du monde phénoménal. Par contre, en constatant (ou après que des logiciens eurent rigoureusement établi) l'identité du concept de métaphysique et de celui de l'inconditionné, conséquemment aussi de l'inconditionnant, on peut inversement mettre en question toute dépendance entre l'inconditionné (le monde métaphysique) et le monde connu de nous : au point que dans le phénomène n'apparaisse absolument pas la chose en soi, et que toute conclusion de l'une à l'autre soit à rejeter. D'un côté, on ignore (mais des deux côtés la possibilité est envisagée) le fait que ce tableau – ce qui, pour nous, hommes, s'appelle actuellement vie et expérience – est devenu peu à peu ce qu'il est, même est encore entièrement dans le devenir, et par cette raison ne saurait être considéré comme une grandeur stable, de laquelle on aurait le droit de tirer ou même seulement de rejeter une conclusion sur le créateur (la cause suffisante). C'est parce que nous avons, depuis des milliers d'années, regardé le monde avec des prétentions morales, esthétiques, religieuses, avec une aveugle inclination, passion ou crainte, et pris tout notre saoul des impertinences de la pensée illogique, que ce monde est devenu peu à peu si merveilleusement bariolé, terrible, profond de sens, plein d'âme ; il a reçu des couleurs – mais c'est nous qui avons été les coloristes. L'intellect humain, à cause des appétits humains, des affections humaines, a fait apparaître ce « phénomène » et transporté dans les choses ses conceptions fondamentales erronées. Tard, très tard, il se prend à réfléchir : et alors le monde de l'expérience et la chose en soi lui paraissent si extraordinairement diverses et séparés qu'il repousse la conclusion de celui-là à celle-ci – ou réclame, d'une manière mystérieuse à faire frémir, l'abdication de notre intellect, de notre volonté personnelle : pour arriver à l'essence par cette voie, que l'on devienne essentiel. D'un autre côté, d'autres ont recueilli tous les traits caractéristiques de notre monde phénoménal – c'est-à-dire de notre représentation du monde, sortie d'erreurs intellectuelles et héréditairement transmises – et, au lieu d'accuser l'intellect comme coupable, ont incriminé l'essence des choses à titre de cause de ce caractère réel très inquiétant du monde, et prêché l'affranchissement à l'égard de l'Être. - Quant à ces conceptions, la marche constante et pénible de la science en viendra définitivement à bout quand elle célébrera son plus haut triomphe dans une histoire de la genèse de la pensée, ce dont le résultat pourrait peut-être aboutir à cette proposition ; ce que nous nommons actuellement le monde est le résultat d'une foule d'erreurs et de fantaisies, qui sont nées peu à peu dans l'évolution d'ensemble des êtres organisés, se sont entrelacées dans leur croissance, et nous arrivent maintenant par héritage comme un trésor accumulé de tout le passé, - un trésor : car la valeur de notre humanité repose là-dessus. De ce monde de la représentation, la science rigoureuse ne peut effectivement nous délivrer que dans une mesure minime – quoique cela ne soit pas d'ailleurs à souhaiter, - pour autant qu'elle n'est pas capable de rompre radicalement la force des habitudes archaïques de sentiment : mais elle peut éclairer très progressivement et pas à pas l'histoire de la genèse de ce monde comme représentation – et nous élever, au moins pour quelques instants, au-dessus de tout ce processus. Peut-être reconnaîtrons-nous alors que la chose en soi est digne d'un rire homérique : qu'elle paraissait être tant, même tout, et qu'elle est proprement vide, notamment vide de sens. » F. Nietzsche, Humain, trop humain, Des choses premières et dernières, Aphorisme 16

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Published by Max L'Hameunasse - chevalier de Nüllpahrt - dans Textes de critiques et réflexions

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Propos pour un "empire" européen, une Grande Europe dans le cadre du projet eurasiste de la multipolarité :

(Une Res publica des régions et nations européennes libérées des projets mondialiste et impérialiste pseudo-eschatologiques !)

Res Publica Europensis

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Il ne s'agit pas de tuer la liberté individuelle mais de la socialiser

Pierre-Joseph Proudhon

Ce n'est pas autour des inventeurs de fracas nouveaux, c'est autour des inventeurs de valeurs nouvelles que gravite le monde ; il gravite en silence

F. Nietzsche

 

 

Friedrich Nietzsche

 

« La véritable Europe est un accord et non l’unisson. Goethe tient pour toutes les variétés et toutes les différences : l’esprit qui interprète la nature ne peut pas se donner une autre règle ni un autre jugement. Il n’est d’Europe que dans une harmonie assez riche pour contenir et résoudre les dissonances. Mais l’accord d’un seul son, fût-ce à des octaves en nombre infini, n’a aucun sens harmonique. Pour faire une Europe, il faut une France, une Allemagne, une Angleterre, une Espagne, une Irlande, une Suisse, une Italie et le reste. »

« Dans Goethe, l’Europe est une mère aux fils innombrables ; par la voix du poète, elle les invite à se reconnaître. Goethe leur ouvre les yeux ; qu’ils consentent enfin à prendre conscience les uns des autres ; qu’ils aient honte de se calomnier et de se haïr. Goethe, puissant Allemand, n’entend pas que l’Europe soit allemande, ni que la France ou la Chine le devienne. Pour que l’Europe soit vraiment elle-même, il faut que l’Allemagne soit le plus allemande et la France le plus française que faire se pourra : moins le mal, ici et là, moins le mépris, la violence et la haine. »

André Suarès

 

Alexandre Douguine 

 

Ce site se reconnaît dans la proposition de "Quatrième Théorie politique" et dans le projet "eurasiste" pour un monde multipolaire

 

L'Europe est un projet de civilisation ou elle n'est rien. À ce titre, elle implique une certaine idée de l'homme. Cette idée est à mes yeux celle d'une personne autonome et enracinée, rejetant d'un même mouvement l'individualisme et le collectivisme, l'ethnocentrisme et le libéralisme. L'Europe que j'appelle de mes vœux est donc celle du fédéralisme intégral, seul à même de réaliser de manière dialectique le nécessaire équilibre entre l'autonomie et l'union, l'unité et la diversité. C'est sur de telles bases que l'Europe devrait avoir pour ambition d'être à la fois une puissance souveraine capable de défendre ses intérêts spécifiques, un pôle de régulation de la globalisation dans un monde multipolaire, et un projet original de culture et de civilisation.

Alain de Benoist

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Organisation Socialiste Révolutionnaire Européenne

 

Égalité & Réconciliation

 

« le désir d’être libre ne procède pas de l’insatisfaction ou du ressentiment, mais d’abord de la capacité d’affirmer et d’aimer, c’est-à-dire de s’attacher à des êtres, à des lieux, à des objets, à des manières de vivre. »  George Orwell

 

Recherche

Intro

 

soldat avec groom_Giorgione

 

« Je ne parle pas pour les faibles. Ceux-ci cherchent à obéir et se précipitent partout vers l'esclavage... j'ai trouvé la force là où on ne la cherche pas, dans les simples hommes doux, sans la moindre inclinaison à dominer." Friedrich Nietzsche

 

Le dépassement du nihilisme qui caractérise les temps modernes ne pourra surgir d'un quelconque recours à l'une des idéologies du passé (communisme, fascisme) ou du présent (libéralisme), mais d'une pensée "conservatrice" qu'il devient aujourd'hui nécessaire de redéfinir. Il pourrait ainsi bien émerger d'une redéfinition radicale de l'autonomie individuelle et collective en Europe, et d'une réflexion renouvelée de ce qui fait l'homme, de l'alliance inaliénable de la transcendance et de l'immanence. Le devenir de l'être se situe dans l'éternel présent de cette dialectique à redéfinir, ainsi que dans une éternelle rencontre du passé et du futur, non dans un « autre monde possible », un idéal abstrait et prétendument plus vrai que le réel.

 

"On a pris ainsi longtemps le dessin pour l'ébauche d'une oeuvre qui, une fois achevée, le renvoyait à l'oubli et au néant. On sait que c'est faux : le dessin est déjà toute l'oeuvre, il n'y en a pas d'autre." Jean Baudrillard, Le miroir de la production, note 20 p. 143, 1973

 

Je suis animé du désir vivant et dissident de porter aussi loin que possible le coup du glaive dans le tréfonds de l'ordre moral trois fois centenaire, mais surtout aujourd'hui issu d'une subversion de la pensée européenne multimillénaire nous ayant donné à songer que nous puissions nous prendre pour des dieux. Les Lumières nous ont-elles trahis, ou aurions-nous trahi les Lumières ? Ou n'est-ce la pensée qui se serait trahie elle-même ? Si l'homme ne peut se passer de croyance, au moins a-t-il en cette époque submergée par de vaniteuses certitudes à son propos déposé dans les hauteurs du Royaume Celeste, vidé, la croyance en sa toute puissance. Mais à se croire tout-puissant, l'on en vient par la suite à se nier, à se mépriser, car "on" en oublie jusqu'à notre âme, en oubliant nos racines. Dans notre monde post-moderne, nous ne donnons à la vie que la possibilité de sa propre négation en voulant la protéger d'elle-même par la voie (ou la voix, appauvrie, du langage SMS) des idéalismes et des dogmes attachés aux antiennes de la "sainte" parole ultra-libérale.  


Il s'agit donc de comprendre que nos pensées ne sont pas neutres et que nous ne saurions nous élever sans "prendre le risque" d'avoir la conscience de ce qui fonde les supposées vertus de celles-ci : nos convictions, et ce sur quoi elles sont fondées ! L'émancipation ne peut advenir sans ce courage, cette probité, intellectuelle, sans tomber pour autant dans "l'intellectualisme" et la posture théorique. Réapprendre à penser, réapprendre à se poser et à "voir", à "lire", c'est aussi réapprendre à orienter nos pensées vers l'Être... à ne plus oublier l'Être... donc à ne plus omettre que, en tant qu'hommes, nous sommes éternellement redevables de ce qui nous fonde et nous élève.

 

Car nous sommes détenteurs, et passeurs, de la Tradition (traditio, de tradere : trans - à travers - et dare - donner) pour la continuité et pour l'avenir de laquelle s'érige face à nous, hommes conscients, socialistes conservateurs-révolutionnaires européens, héritiers des mouvements sociaux du passé, l'obligation de repenser le social, et le socialisme (de socius, ensemble, associés) à la Lumière de l'Impératif vital : promouvoir une restructuration organique et holistique, symbiotique, selon un schéma fédératif, des énergies humaines, tant économiques que culturelles et politiques, en France puis en Europe afin de retrouver la pleine puissance et maîtrise de nos agir, notre souveraineté nationale et civilisationnelle !

 

Yohann Sparfell

(partisan du socialisme révolutionnaire européen et de l'eurasisme, catholique enraciné dans sa patrie !)

 

 

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