21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 18:30
La philosophie est un art rythmé

La philosophie est un art rythmé

 

 

 

La philosophie est auto-éducation avant de pouvoir prétendre à l'éducation, une auto-transformation et une élévation. Elle doit engendrer dans l'esprit du penseur le sens croissant du rythme, celui qu'il devient possible de percevoir d'une réalité attachée à la conscience de l'apparence en toute chose. La conscience de la réalité-apparence, du maître jeu de l'interprétation et des passions qui en modifient incessamment le cours : un sentiment d'ordre supérieur. Il n'est que l'expérience fondée sur la vie qui puisse faire naître un tel sentiment. La pratique de l'expérience et de l'interprétation rythmique, qui se détache peu à peu de la première en prenant ses aises et sa liberté, demeurent un exercice périlleux tant il est vrai qu'ils peuvent être à même de réintroduire le philosophe-médecin de lui-même dans la certitude d'être le porte-parole d'une vérité toujours placée plus haut, plus loin.

 

 

« L'expérience ne se trompe jamais ; ce sont vos jugements qui se trompent en se promettant des effets qui ne sont pas causés par vos expérimentations » Léonard de Vinci

 

 

La philosophie doit donc se laisser imprégner par une légèreté rythmée, devenir ailée, aérienne sans toutefois déroger à la nécessité de prendre goût à la liberté rigoureuse qui se saurait être sans une discipline intérieure – l'établissement en soi d'une hiérarchie des passions – visant à surmonter l'enthousiasme ressenti lorsque l'on se sent empreint de la possibilité de briser les vieilles croyances du monde. Car il est vrai qu'une telle disposition un peu hâtive et par trop incomprise dans son insuffisance même, peut conduire soit à des formes d'idéalisme auxquelles on croyait échapper et à des attitudes de fanatisme en certains cas, soit à une dégénérescence de la philosophie qui rechercherait alors de nouveau à prendre pied sur une nouvelle vérité autrement plus efficacement enfouie sous les ruines des temples du monde moderne, sans y parvenir, et qui ainsi renforcerait l'esprit nihiliste de celui-ci.

 

 

La philosophie est savoir écouter, voir, construire une pensée sur l'expérience, sur les effets que procurent celle-ci sur celui qui sait donner aux sens la place qu'il leur revient en toute justice. Cette disposition mentale conduit à reconnaître l'apparence dans la réalité, et la réalité dans l'apparence. Elle reconnaît à l'Art ce rôle qui lui est dévolu en tout premier lieu chez les poètes « amoureux de la réalité » - et qui se posent en un certain conflit avec elle donc – capables de surmonter l'absurde, et de maîtriser le cours impétueux des affects. C'est seulement là le signe d'une « Grande santé ».

 

 

« MANQUE DE CONSCIENCE ESTHÉTIQUE. - Dans une école d'art, les véritables fanatiques sont ces natures complètement inartistiques qui n'ont pas même pénétré les éléments de la théorie esthétique et du savoir-faire, mais qui sont empoignées violemment par les effets élémentaires d'un art. Pour elles il n'y a point de conscience esthétique – et, par conséquent, rien qui puisse les détourner du fanatisme. » Friedrich Nietzsche, aphorisme 133, Opinions et Sentences mêlées, Humain trop humain

 

 

COMMENT L'ÂME DOIT SE MOUVOIR D'APRÈS LA NOUVELLE MUSIQUE. - L'intention artistique que poursuit la nouvelle musique dans ce qu'on désigne aujourd'hui d'un terme fort, mais sans précision, par « mélodie infinie » peut être comprise clairement, si l'on entre dans la mer en perdant progressivement l'assurance de la marche sur fond incliné, pour s'abandonner enfin à la merci de l'élément agité : on est forcé de nager. La musique ancienne, celle qu'on faisait jusqu'à présent, dans un va-et-vient, tantôt maniéré, tantôt solennel, tantôt fougueux, allant soit plus vite soit plus lentement, vous forçait à danser : tandis que la mesure nécessaire, l'observation de certains degrés équivalents de temps et de force, exigeaient, dans l'âme de l'auditeur, une continuelle concentration : le charme de cette musique reposait sur le jeu réciproque de ce courant froid que produisait la concentration avec l'haleine chaude de l'enthousiasme musicale. - Richard Wagner voulut une autre sorte de mouvement de l'âme, qui fût voisine de la nage et du balancement dans les airs. Peut-être est-ce là l'essentiel de toute son innovation. Son fameux procédé d'art, né de cette volonté et adapté à elle, - la « mélodie infinie » - s'applique à briser toute proportion mathématique de temps ou de forces, parfois jusqu'à les narguer, et il est fécond dans l'invention d'effets qui sonnent à l'oreille d'autrefois comme des paradoxes rythmiques et des propos calomnieux. Il craint la pétrification, la cristallisation de la musique, son passage dans des formes architecturales, - et c'est pourquoi il oppose au rythme à deux temps un rythme à trois temps, et il n'est pas rare qu'il introduise la mesure à cinq et à sept temps, qu'il répète immédiatement la même phrase, mais avec un allongement pour qu'elle atteigne à une durée double et triple. D'une imitation facile de pareils artifices il peut naître un grand danger pour la musique : à côté d'un excès de maturité du sentiment rythmique guettait toujours, à la dérobée, la décomposition, la dégénérescence du rythme. Ce danger devient surtout très grand lorsqu'une pareil musique s'appuie toujours plus étroitement sur un art théâtral et un langage des gestes tout naturaliste, que nulle plastique supérieure ne guide et ne domine, un art et un langage qui, par eux-mêmes, ne possèdent aucune mesure et, par conséquent, qui ne peuvent nullement communiquer la mesure à l'élément qui s'adapte à eux, à l'essence trop féminine de la musique. » Friedrich Nietzsche, aphorisme 134, Opinions et Sentences mêlées, Humain trop humain

 

 

 

 

Perdre pied avec la réalité, c'est se laisser trop souvent guider par les éléments, par ses propres passions, de telle sorte que l'on en vienne à ne plus apercevoir laquelle en secret nous aide à « nager », par laquelle on se laisse mener tout en semblant être bercé par l'esprit de la liberté. Par cette erreur peut poindre aisément toute forme de fanatisme ; en jouant avec la tradition a contrario, il demeure toujours possible de s'élever au-dessus de la « vérité » et de danser, sinon avec les loups, du moins par une conscience « supérieure » de la réalité.

 

 

« POÈTE ET VÉRITÉ. - La muse du poète qui n'est pas amoureux de la réalité ne sera pas précisément la réalité et lui mettra au monde des enfants aux yeux cernés, aux membres trop délicats. » Friedrich Nietzsche, aphorisme 135, Opinions et Sentences mêlées, Humain trop humain

 

 

Pensant s'élever vers les hauteurs parce qu'on se croit allégé par l'idéal, on se coupe tout au contraire de ce qui peut nous engendrer force et respect, bonne vue et gestes gracieux.

 

 

« MOYENS ET BUTS. - En art le but ne sanctifie pas les moyens ! Mais les moyens sacrés peuvent sanctifier le but. » Friedrich Nietzsche, aphorisme 136, Opinions et Sentences mêlées, Humain trop humain

 

 

« LES PLUS MAUVAIS LECTEURS. - Les plus mauvais lecteurs sont ceux qui procèdent comme les soldats pillards : ils s'emparent çà et là de ce qu'ils peuvent utiliser, souillent et confondent le reste et couvrent le tout de leurs outrages. » Friedrich Nietzsche, aphorisme 137, Opinions et Sentences mêlées, Humain trop humain

 

 

La réalité n'est pas comme une pièce de viande : il ne s'agit pas d'en prendre la meilleure part et de se délecter en se disant qu'il en est ainsi de toute la bête ! Piètre opinion qui s'apparente plutôt à une idée que l'on s'en fait. Mais c'est pourtant ainsi que nous sommes habitués à goûter.

 

 

 

« CARACTÈRE DES BONS ÉCRIVAINS. - Les bons écrivains ont deux choses en commun : ils préfèrent être compris que regardés avec étonnement ; et ils n'écrivent pas pour les lecteurs aigres et trop subtils. » Friedrich Nietzsche, aphorisme 138, Opinions et Sentences mêlées, Humain trop humain

 

 

« LES GENRES MÊLÉS. - Dans les arts, les genres mêlés témoignent de la méfiance que leurs auteurs ont eue à l'égard de leur propre force : ils ont recherché des puissances alliées, des intercesseurs, des ouvertures, - tel le poète qui appelle à son aide la philosophie, le musicien qui a recours au drame et le penseur qui s'allie à la rhétorique. » Friedrich Nietzsche, aphorisme 139, Opinions et Sentences mêlées, Humain trop humain

 

 

Lorsque l'on navigue à vue, mais dans la brume matinale d'une conscience qui s'éveille, on cherche désespérément un phare à l'horizon qui pourrait nous prêter secours, nous guider sur le chemin du nouveau. Trop souvent alors on s'appuie sur les vérités connues qui soutiennent nos jambes manquant de force. C'est que nous ne savons pas encore chanter avec allégresse.

 

 

 

« SE TAIRE. - L'auteur doit se taire lorsque son œuvre se met à parler. » Friedrich Nietzsche, aphorisme 140, Opinions et Sentences mêlées, Humain trop humain

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Published by Max L'Hameunasse - chevalier de Nüllpahrt - dans Textes de critiques et réflexions

Présentation

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  • : Recherche philosophique et métapolitique intégrée au projet d'une Europe nouvelle des Nations libérée des mensonges néo-libéral et capitaliste, inspirée de penseurs tels F. Nietzsche, P.J. Proudhon, G. Sorel, G. Orwell, S. Weil, A. de Benoist, A. Soral, A. Douguine, etc
  • Contact

Propos pour un "empire" européen, une Grande Europe dans le cadre du projet eurasiste de la multipolarité :

(Une Res publica des régions et nations européennes libérées des projets mondialiste et impérialiste pseudo-eschatologiques !)

Res Publica Europensis

(cliquer pour télécharger le PDF)

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Il ne s'agit pas de tuer la liberté individuelle mais de la socialiser

Pierre-Joseph Proudhon

Ce n'est pas autour des inventeurs de fracas nouveaux, c'est autour des inventeurs de valeurs nouvelles que gravite le monde ; il gravite en silence

F. Nietzsche

 

 

Friedrich Nietzsche

 

« La véritable Europe est un accord et non l’unisson. Goethe tient pour toutes les variétés et toutes les différences : l’esprit qui interprète la nature ne peut pas se donner une autre règle ni un autre jugement. Il n’est d’Europe que dans une harmonie assez riche pour contenir et résoudre les dissonances. Mais l’accord d’un seul son, fût-ce à des octaves en nombre infini, n’a aucun sens harmonique. Pour faire une Europe, il faut une France, une Allemagne, une Angleterre, une Espagne, une Irlande, une Suisse, une Italie et le reste. »

« Dans Goethe, l’Europe est une mère aux fils innombrables ; par la voix du poète, elle les invite à se reconnaître. Goethe leur ouvre les yeux ; qu’ils consentent enfin à prendre conscience les uns des autres ; qu’ils aient honte de se calomnier et de se haïr. Goethe, puissant Allemand, n’entend pas que l’Europe soit allemande, ni que la France ou la Chine le devienne. Pour que l’Europe soit vraiment elle-même, il faut que l’Allemagne soit le plus allemande et la France le plus française que faire se pourra : moins le mal, ici et là, moins le mépris, la violence et la haine. »

André Suarès

 

Alexandre Douguine 

 

Ce site se reconnaît dans la proposition de "Quatrième Théorie politique" et dans le projet "eurasiste" pour un monde multipolaire

 

L'Europe est un projet de civilisation ou elle n'est rien. À ce titre, elle implique une certaine idée de l'homme. Cette idée est à mes yeux celle d'une personne autonome et enracinée, rejetant d'un même mouvement l'individualisme et le collectivisme, l'ethnocentrisme et le libéralisme. L'Europe que j'appelle de mes vœux est donc celle du fédéralisme intégral, seul à même de réaliser de manière dialectique le nécessaire équilibre entre l'autonomie et l'union, l'unité et la diversité. C'est sur de telles bases que l'Europe devrait avoir pour ambition d'être à la fois une puissance souveraine capable de défendre ses intérêts spécifiques, un pôle de régulation de la globalisation dans un monde multipolaire, et un projet original de culture et de civilisation.

Alain de Benoist

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Organisation Socialiste Révolutionnaire Européenne

 

Égalité & Réconciliation

 

« le désir d’être libre ne procède pas de l’insatisfaction ou du ressentiment, mais d’abord de la capacité d’affirmer et d’aimer, c’est-à-dire de s’attacher à des êtres, à des lieux, à des objets, à des manières de vivre. »  George Orwell

 

Recherche

Intro

 

soldat avec groom_Giorgione

 

« Je ne parle pas pour les faibles. Ceux-ci cherchent à obéir et se précipitent partout vers l'esclavage... j'ai trouvé la force là où on ne la cherche pas, dans les simples hommes doux, sans la moindre inclinaison à dominer." Friedrich Nietzsche

 

Le dépassement du nihilisme qui caractérise les temps modernes ne pourra surgir d'un quelconque recours à l'une des idéologies du passé (communisme, fascisme) ou du présent (libéralisme), mais d'une pensée "conservatrice" qu'il devient aujourd'hui nécessaire de redéfinir. Il pourrait ainsi bien émerger d'une redéfinition radicale de l'autonomie individuelle et collective en Europe, et d'une réflexion renouvelée de ce qui fait l'homme, de l'alliance inaliénable de la transcendance et de l'immanence. Le devenir de l'être se situe dans l'éternel présent de cette dialectique à redéfinir, ainsi que dans une éternelle rencontre du passé et du futur, non dans un « autre monde possible », un idéal abstrait et prétendument plus vrai que le réel.

 

"On a pris ainsi longtemps le dessin pour l'ébauche d'une oeuvre qui, une fois achevée, le renvoyait à l'oubli et au néant. On sait que c'est faux : le dessin est déjà toute l'oeuvre, il n'y en a pas d'autre." Jean Baudrillard, Le miroir de la production, note 20 p. 143, 1973

 

Je suis animé du désir vivant et dissident de porter aussi loin que possible le coup du glaive dans le tréfonds de l'ordre moral trois fois centenaire, mais surtout aujourd'hui issu d'une subversion de la pensée européenne multimillénaire nous ayant donné à songer que nous puissions nous prendre pour des dieux. Les Lumières nous ont-elles trahis, ou aurions-nous trahi les Lumières ? Ou n'est-ce la pensée qui se serait trahie elle-même ? Si l'homme ne peut se passer de croyance, au moins a-t-il en cette époque submergée par de vaniteuses certitudes à son propos déposé dans les hauteurs du Royaume Celeste, vidé, la croyance en sa toute puissance. Mais à se croire tout-puissant, l'on en vient par la suite à se nier, à se mépriser, car "on" en oublie jusqu'à notre âme, en oubliant nos racines. Dans notre monde post-moderne, nous ne donnons à la vie que la possibilité de sa propre négation en voulant la protéger d'elle-même par la voie (ou la voix, appauvrie, du langage SMS) des idéalismes et des dogmes attachés aux antiennes de la "sainte" parole ultra-libérale.  


Il s'agit donc de comprendre que nos pensées ne sont pas neutres et que nous ne saurions nous élever sans "prendre le risque" d'avoir la conscience de ce qui fonde les supposées vertus de celles-ci : nos convictions, et ce sur quoi elles sont fondées ! L'émancipation ne peut advenir sans ce courage, cette probité, intellectuelle, sans tomber pour autant dans "l'intellectualisme" et la posture théorique. Réapprendre à penser, réapprendre à se poser et à "voir", à "lire", c'est aussi réapprendre à orienter nos pensées vers l'Être... à ne plus oublier l'Être... donc à ne plus omettre que, en tant qu'hommes, nous sommes éternellement redevables de ce qui nous fonde et nous élève.

 

Car nous sommes détenteurs, et passeurs, de la Tradition (traditio, de tradere : trans - à travers - et dare - donner) pour la continuité et pour l'avenir de laquelle s'érige face à nous, hommes conscients, socialistes conservateurs-révolutionnaires européens, héritiers des mouvements sociaux du passé, l'obligation de repenser le social, et le socialisme (de socius, ensemble, associés) à la Lumière de l'Impératif vital : promouvoir une restructuration organique et holistique, symbiotique, selon un schéma fédératif, des énergies humaines, tant économiques que culturelles et politiques, en France puis en Europe afin de retrouver la pleine puissance et maîtrise de nos agir, notre souveraineté nationale et civilisationnelle !

 

Yohann Sparfell

(partisan du socialisme révolutionnaire européen et de l'eurasisme, catholique enraciné dans sa patrie !)

 

 

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