30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 18:14
Joaquim Patinir - traversée du monde souterrain

Joaquim Patinir - traversée du monde souterrain

Voyage en notre histoire

 

 

 

« OÙ IL FAUT ALLER EN VOYAGE. - L'observation directe de soi est loin de suffire pour apprendre à se connaître : nous avons besoin de l'histoire, car le passé répand en nous ses mille vagues ; nous-mêmes nous ne sommes pas autre chose que ce que nous ressentons à chaque moment de cette continuité. Là aussi, lorsque nous voulons descendre dans le fleuve de ce que notre nature possède en apparence de plus original et de plus personnel, il faut nous rappeler l'axiome d'Héraclite : on ne descend pas deux fois dans le même fleuve. C'est une vérité qui, quoique relâchée, est demeurée aussi vivante et féconde que jadis, de même que cette autre vérité que, pour comprendre l'histoire, il faut rechercher les vestiges vivants d'époques historiques – c'est-à-dire qu'il faut voyager, comme voyageait le vieil Hérodote, et s'en aller chez les nations – car celles-ci ne sont que des couches fixes de civilisations anciennes sur lesquelles on peut se poser ; - il faut se rendre surtout chez les populations dites sauvages et demi-sauvages, où l'homme a enlevé l'habit européen ou ne l'a pas encore endossé. Mais il y a un art de voyager plus subtil encore, qui n'exige pas toujours que l'on erre de lieu en lieu et que l'on parcoure des milliers de kilomètres. Il est très probable que nous pouvons trouver encore, dans notre voisinage, les trois derniers siècles de la civilisation avec toutes leurs nuances et toutes leurs facettes : il s'agit seulement de les découvrir. Dans certaines familles et même dans certains individus les couches se superposent exactement : ailleurs, il y a dans les roches des fractures et des failles. Dans les contrées reculées, les vallées peu accessibles des contrées montagneuses, au milieu de communes encaissées, des exemples vénérables de sentiments très anciens ont certainement pu se conserver ; il s'agit de retrouver leurs traces. Par contre, il est peu probable qu'à Berlin par exemple, où l'homme arrive au monde exsudé et lessivé de tout sentiment, on puisse faire de pareils découvertes. Celui qui, après un long apprentissage dans cet art de voyager, a fini par devenir un Argus aux cents yeux, finira par pouvoir accompagner partout son Io – je veux dire son ego – et trouver en Égypte et en Grèce, à Byzance et à Rome, en France et en Allemagne, à l'époque des peuples nomades et des peuples sédentaires, durant le Renaissance ou la Réforme, dans sa patrie et à l'étranger, et même au fond de la mer, dans la forêt, les plantes et les montagnes, les aventures de cet ego qui naît, évolue et se transforme. C'est ainsi que la connaissance de soi devient connaissance universelle par rapport à tout ce qui est du passé : de même que, selon un enchaînement d'idées que je ne puis qu'indiquer ici, la détermination et l'éducation de soi, telles qu'elles existent dans les esprits les plus libres, au regard le plus vaste, pourraient devenir un jour détermination universelle par rapport à toute l'humanité future. » Friedrich Nietzsche, aphorisme 223, Opinions et Sentences mêlées, Humain trop humain

 

 

Nous ne pouvons nous concevoir que d'après les outils qui sont ceux de notre époque et du moment, de l'instant, où l'on pose un regard curieux sur nous-même, en nous-même, avec les sentiments, les affects par lesquels l'on « voit » la réalité de nos corps ; elle ne peut donc être toujours la même. Ici joue aussi le jeu des interprétations et il s'avère alors nécessaire de pouvoir établir une généalogie de ce par rapport à quoi celles-ci agissent l'une après l'autre : une généalogie des strates historiques successives qui nous composent et qui se sont constituées petit à petit lors de la « formation » et des pérégrinations de notre ego.

 

Le voyage se déroule alors entre l'humain et l'inhumain, ou au moins se doit de parcourir le chemin bordé des représentations que l'on imagine simples de l'homme - accompli – et de celles que l'on imagine tout aussi simple des passions - primitives. Mais les unes comme les autres ne sont pas aussi simples que l'on se les imagine, car toutes en réalité des passions, et il faut se garder de s'arrêter en chemin afin de porter sur elles les vénérations que l'on pense leur devoir – adorer alors la Nature ou l'Humanité. Les causes primitives et les finalités accomplies, les valeurs des civilisations, ne traduisent pas forcément des réalités sur lesquelles la recherche pourrait se poser comme sur des certitudes rassurantes : les « fondements célestes » de la raison ; elles sont tout au contraire des symptômes qu'il sera nécessaire de décrypter afin de ne point en être dupe, et de les voir ainsi comme autant de croyances accumulées sur les différentes strates de notre « histoire » à mesure que nous ne cessons de réinventer notre humanité et notre personnalité.

 

Le long du sentier qui serpente sur le flanc de la montagne, descendant vers la vallée profonde où coule le fleuve sacré, l'on y trouve de multiples essences d'arbres, certains semblant y avoir poussés naturellement, par eux-mêmes, les autres dûment plantés par les hommes et la civilisation. De leur bois se mesure leur valeur : tendre, souple, mais qui ne rompt point à la moindre tempête, ou bien rude et dur et qui se fêle ou se casse au moindre doute. Mais quelles sont « en réalité » la valeur de chacun d'eux ? De quelle façon ont-ils contribué chacun à sa manière à ces ombres qui apportent au chemin ses aspects terrifiants ou rassurants ? Le bois le plus dur doit-il être forcément celui dont on fait les meilleurs hommes et les dieux ? Valeur des valeurs pour la vie !

Une chose aussi se doit d'exister en silence pour le voyageur qui désire se souvenir : la conscience de devoir parcourir le sentier ombragé en son milieu, là où il est le plus éclairé.

 

 

« MESURE ET MILIEU. - Il vaut mieux ne jamais parler de deux choses tout à fait supérieures : la mesure et le milieu. Un petit nombre seulement en connaît les forces et les indices sur les sentes mystérieuses des événements et des évolutions intérieures : il vénèrent en elles quelque chose de divin et craint de parler trop haut. Les autres écoutent à peine lorsqu'on y fait allusion, et se figurent qu'il s'agit d'ennui et de médiocrité : on exceptera peut-être encore ceux qui ont perçu un murmure avertisseur venant de ce royaume, mais qui se sont bouché les oreilles pour ne pas l'entendre. Ce souvenir les fâche et les irrite. » Friedrich Nietzsche, aphorisme 230, Opinions et Sentences mêlées, Humain trop humain

 

Ce n'est qu'arrivé tout en-bas de la vallée, où s'écoule silencieusement le fleuve Léthé, qu'après avoir serpenté au milieu d'arbres de plus en plus vieux et tortueux, lugubres et mystérieux, après avoir ressenti tout le poids de la charge de vie accumulé sur ses épaules, que le voyageur peut enfin s'alléger et s'élever sans crainte ni regrets des ombres et des visions trop souvent inconnues, ou trop connues et trop peu interrogées, que ces premières ont suscité.

 

 

« RECETTE POUR LE MARTYR. - Le poids de la vie est trop lourd pour toi ? - Tu dois donc augmenter le fardeau de ta vie. Si celui qui souffre finit par avoir soif des eaux du Léthé et les cherche – il faut qu'il devienne un héros pour être sûr de les trouver. » Friedrich Nietzsche, aphorisme 401, Opinions et Sentences mêlées, Humain trop humain

 

 

Que sont ces « ombres » sinon nos propres passions qui incessamment se livrent bataille (le Combat des arbres de Taliesin... ?), et dont une seule à l'issue du parcours sur le « chemin au milieu des ombres » saura se sacrifier et s'élever par-delà les contradictions et antinomies qui dessinent le cours onirique de nos vies. C'est à ce point que luit le Midi de la connaissance, la conscience de la maîtrise nécessaire de l'imaginaire par la fonction rationnelle supérieure qui n'est autre que la « philosophie en acte ». Et ce « point » n'est pas pour autant une nouvelle Vérité cristallisant toutes choses selon une direction unique, un sens univoque donnée à la vie – une direction vers le lointain, trop lointain - , mais une acceptation pleine et entière de la multitude et du non-sens originel de la vie à partir desquels il s'agit alors d'apporter aux hommes un but qui ne saurait être autre en ce cas qu'un « dire-oui » à la vie, une passion plus haute, plus noble, s'exprimant au-travers de la lente élaboration des conditions de l'autonomie et d'une dépendance consciemment assumée et passionnément choisie – la liberté perpétuellement reconquise - par les individu dans et pour leur société. Il ne s'agit là que de l'élaboration d'une juste hiérarchie, en chaque corps et entre les corps.

 

Le voyageur est celui qui n'est nulle part chez lui, qui ne se pose pas, parce qu'il apprend à s'élever au-dessus de ce que d'en-bas l'on voit comme d'irréductibles antinomies ; mais le « voyage » est incessamment à refaire, à réapprendre.

Voyage en notre histoire
Voyage en notre histoire

Partager cet article

Repost 0
Published by Yohann Sparfell - chevalier de Nüllpahrt - dans Textes de critiques et réflexions

Présentation

  • : In limine
  • In limine
  • : Recherche "aristocratique" philosophique et métapolitique intégrée au projet d'une Europe Nouvelle de type impérial post-libéral, inspirée de penseurs tels J. Althusius, F. Nietzsche, P.J. Proudhon, G. Sorel, O. Spengler, J. Evola, S. Weil, E. Jünger, A. de Benoist, A. Douguine, etc
  • Contact

Propos pour un "Empire" européen

(Une Grande Europe de la Spiritualité et de la Puissance !)

Res Publica Europensis

(cliquer pour télécharger le PDF)

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Il ne s'agit pas de tuer la liberté individuelle mais de la socialiser

Pierre-Joseph Proudhon

Ce n'est pas autour des inventeurs de fracas nouveaux, c'est autour des inventeurs de valeurs nouvelles que gravite le monde ; il gravite en silence

F. Nietzsche

 

 

Friedrich Nietzsche

 

« La véritable Europe est un accord et non l’unisson. Goethe tient pour toutes les variétés et toutes les différences : l’esprit qui interprète la nature ne peut pas se donner une autre règle ni un autre jugement. Il n’est d’Europe que dans une harmonie assez riche pour contenir et résoudre les dissonances. Mais l’accord d’un seul son, fût-ce à des octaves en nombre infini, n’a aucun sens harmonique. Pour faire une Europe, il faut une France, une Allemagne, une Angleterre, une Espagne, une Irlande, une Suisse, une Italie et le reste. »

« Dans Goethe, l’Europe est une mère aux fils innombrables ; par la voix du poète, elle les invite à se reconnaître. Goethe leur ouvre les yeux ; qu’ils consentent enfin à prendre conscience les uns des autres ; qu’ils aient honte de se calomnier et de se haïr. Goethe, puissant Allemand, n’entend pas que l’Europe soit allemande, ni que la France ou la Chine le devienne. Pour que l’Europe soit vraiment elle-même, il faut que l’Allemagne soit le plus allemande et la France le plus française que faire se pourra : moins le mal, ici et là, moins le mépris, la violence et la haine. »

André Suarès

 

"Minuit" de Vincent Vauclin

 

L'Europe est un projet de civilisation ou elle n'est rien. À ce titre, elle implique une certaine idée de l'homme. Cette idée est à mes yeux celle d'une personne autonome et enracinée, rejetant d'un même mouvement l'individualisme et le collectivisme, l'ethnocentrisme et le libéralisme. L'Europe que j'appelle de mes vœux est donc celle du fédéralisme intégral, seul à même de réaliser de manière dialectique le nécessaire équilibre entre l'autonomie et l'union, l'unité et la diversité. C'est sur de telles bases que l'Europe devrait avoir pour ambition d'être à la fois une puissance souveraine capable de défendre ses intérêts spécifiques, un pôle de régulation de la globalisation dans un monde multipolaire, et un projet original de culture et de civilisation.

Alain de Benoist

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 


Organisation Socialiste Révolutionnaire Européenne

 

Site du Think-Tank EurHope

 

 

« le désir d’être libre ne procède pas de l’insatisfaction ou du ressentiment, mais d’abord de la capacité d’affirmer et d’aimer, c’est-à-dire de s’attacher à des êtres, à des lieux, à des objets, à des manières de vivre. »  George Orwell

 

 

Recherche

Intro

 

soldat avec groom_Giorgione

 

« Je ne parle pas pour les faibles. Ceux-ci cherchent à obéir et se précipitent partout vers l'esclavage... j'ai trouvé la force là où on ne la cherche pas, dans les simples hommes doux, sans la moindre inclinaison à dominer." Friedrich Nietzsche

 

Le dépassement du nihilisme qui caractérise les temps modernes ne pourra surgir d'un quelconque recours à l'une des idéologies du passé (communisme, fascisme) ou du présent (libéralisme), mais d'une pensée "conservatrice" qu'il devient aujourd'hui nécessaire de redéfinir. Il pourrait ainsi bien émerger d'une redéfinition radicale de l'autonomie individuelle et collective en Europe, et d'une réflexion renouvelée de ce qui fait l'homme, de l'alliance inaliénable de la transcendance et de l'immanence. Le devenir de l'être se situe dans l'éternel présent de cette dialectique à redéfinir, ainsi que dans une éternelle rencontre du passé et du futur, non dans un « autre monde possible », un idéal abstrait et prétendument plus vrai que le réel.

 

"On a pris ainsi longtemps le dessin pour l'ébauche d'une oeuvre qui, une fois achevée, le renvoyait à l'oubli et au néant. On sait que c'est faux : le dessin est déjà toute l'oeuvre, il n'y en a pas d'autre." Jean Baudrillard, Le miroir de la production, note 20 p. 143, 1973

 

Je suis animé du désir vivant et dissident de porter aussi loin que possible le coup du glaive dans le tréfonds de l'ordre moral trois fois centenaire, mais surtout aujourd'hui issu d'une subversion de la pensée européenne multimillénaire nous ayant donné à songer que nous puissions nous prendre pour des dieux. Les Lumières nous ont-elles trahis, ou aurions-nous trahi les Lumières ? Ou n'est-ce la pensée qui se serait trahie elle-même ? Si l'homme ne peut se passer de croyance, au moins a-t-il en cette époque submergée par de vaniteuses certitudes à son propos déposé dans les hauteurs du Royaume Celeste, vidé, la croyance en sa toute puissance. Mais à se croire tout-puissant, l'on en vient par la suite à se nier, à se mépriser, car "on" en oublie jusqu'à notre âme, en oubliant nos racines. Dans notre monde post-moderne, nous ne donnons à la vie que la possibilité de sa propre négation en voulant la protéger d'elle-même par la voie (ou la voix, appauvrie, du langage SMS) des idéalismes et des dogmes attachés aux antiennes de la "sainte" parole ultra-libérale.  


Il s'agit donc de comprendre que nos pensées ne sont pas neutres et que nous ne saurions nous élever sans "prendre le risque" d'avoir la conscience de ce qui fonde les supposées vertus de celles-ci : nos convictions, et ce sur quoi elles sont fondées ! L'émancipation ne peut advenir sans ce courage, cette probité, intellectuelle, sans tomber pour autant dans "l'intellectualisme" et la posture théorique. Réapprendre à penser, réapprendre à se poser et à "voir", à "lire", c'est aussi réapprendre à orienter nos pensées vers l'Être... à ne plus oublier l'Être... donc à ne plus omettre que, en tant qu'hommes, nous sommes éternellement redevables de ce qui nous fonde et nous élève.

 

Car nous sommes détenteurs, et passeurs, de la Tradition (traditio, de tradere : trans - à travers - et dare - donner) pour la continuité et pour l'avenir de laquelle s'érige face à nous, hommes conscients, socialistes conservateurs-révolutionnaires européens, héritiers des mouvements sociaux du passé, l'obligation de repenser le social, et le socialisme (de socius, ensemble, associés) à la Lumière de l'Impératif vital : promouvoir une restructuration organique et holistique, symbiotique, selon un schéma fédératif, des énergies humaines, tant économiques que culturelles et politiques, en France puis en Europe afin de retrouver la pleine puissance et maîtrise de nos agir, notre souveraineté nationale et civilisationnelle !

 

Yohann Sparfell

(partisan du socialisme conservateur-révolutionnaire européen, pagano-catholique enraciné dans sa patrie !)

 

Le coin des revues :

 

Site de la revue Éléments

Blog de la revue Éléments

 

Site de la revue Rebellion et de l'OSRE

 

Site de la revue Réfléchir & Agir

 

Site de la revue bretonne War Raok

 

Liens

George Orwell

Site sur George Orwell

Gabriele Adinolfi

Site de Gabriele Adinolfi

Jean Mabire

Site de l'Association des Amis de Jean Mabire

Michel Maffesoli

Site du sociologue Michel Maffesoli

Europe Solidaire

Pour une Europe intelligente - Solidarité et puissance

Bonne nouvelle à l'élite des élus !

Site sur F. Nietzsche

Hommage à Nietzsche

Site sur F. Nietzsche

Société P.J. Proudhon

Site de la Société Pierre-Joseph Proudhon

Thibault Isabel

Blog du philosophe et écrivain Thibault Isabel

La Revue du M.A.U.S.S.

Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales

Revue Mille neuf cent

Site d'études sur Georges Sorel

Johannes Althusius

Site (en allemand et anglais) sur Althusius

Charles Robin, essayiste

Site de Charles Robin

Métapo Infos

Actualité du combat culturelle et métapolitique

Chroniques du Grand jeu

La géopolitiques autrement, pour mieux la comprendre

Réseau international

Site de réflexion et de réinformation

Paul Matilion

Site Paul Matilion

Mondialisation.ca

Centre de recherche sur la mondialisation

Le Saker Francophone

Les humbles veillent !

Jean Borella

Site sur J. Borella

LP-UMOJA

Site de la Ligue Panafricaine - Umoja

Et vous n'avez encore rien vu...

Critique de la science et du scientisme moderne

Association Castoriadis

Site sur Cornélius Castoriadis

Voltaire-net.org

Site du Réseau Voltaire

ssnp.com

Site du Syrian Social Nationalist Party

Parousia

"Que l'homme assoiffé s'approche"

Traditionalists

A Blog for the study of Traditionalism and the Traditionalists

Bastion Social

Autonomie - Identité - Justice sociale
 

 

Europe Maxima / Spiritualité, Puissance, Identités

 

Site de Dominique Venner

 

Front de la contre-subversion

 

Le Socle

 

Association des amis d'Alain de Benoist

 

 

"Il n'y a pas de pensées dangereuses, penser est en soi-même dangereux"

Hannah Arendt