Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 16:51
Évoquer la fatalité...

Évoquer la fatalité...

 

 

 

 

« FATALISME TURC. - Les fatalisme turc a ce défaut fondamental qu'il place l'un en face de l'autre l'homme et la fatalité, comme deux choses absolument distinctes : l'homme, disent-ils, peut résister à la fatalité et chercher à la réduire à néant, mais elle finit toujours par remporter la victoire ; le plus raisonnable est de se résigner ou de vivre à se guise. En réalité, chaque homme est lui-même une parcelle de la fatalité ; s'il croit s'opposer à la fatalité de cette manière, c'est que, là aussi, la fatalité s'accomplit : la lutte n'est imaginaire, mais imaginaire aussi cette résignation du destin, de sorte que toutes ces chimères sont encloses dans la fatalité. - La crainte qui prend la plupart des gens devant la doctrine de la volonté non affranchie est en somme la crainte du fatalisme turc ; ils pensent que l'homme deviendra faible et résigné, qu'il joindra les mains devant l'avenir, parce qu'il ne peut y changer grand chose : ou bien encore, il lâchera les guides à son humeur capricieuse, parce qu'elle ne pourra rien aggraver à ce qui est déterminé d'avance. Les folies de l'homme font partie de la fatalité tout aussi bien que ses actes de haute sagesse : cette peur de la croyance en la fatalité est aussi de la fatalité. Toi-même, pauvre être craintif, tu es l'invincible Moire qui trône au-dessus de tous les dieux ; pour tout ce qui est de l'avenir, tu es la bénédiction ou la malédiction et en tous, l'entrave qui maintient l'homme le plus fort ; en toi tout l'avenir du monde humain est prédéterminé, cela ne sert à rien d'être pris de terreur devant toi-même. » Friedrich Nietzsche, aphorisme 61, Le voyageur et son ombre, Humain trop humain

 

 

Voici donc pourquoi les « prières » des païens aux dieux, particulièrement celles des mystiques et parmi eux ceux utilisant la magie, étaient des évocations et non point des invocations. Ex vocare, c'est appeler auprès de soi, ou plus exactement rappeler, ressusciter, ce que l'âme contient au plus profond de soi, de ses multiples possibles qui nous font concevoir tant de craintes, afin de pouvoir élever la puissance du devenir. Invocare, c'est citer en sa faveur des forces « extérieures » afin qu'elles nous viennent en aide : tâcher de donner à la fatalité une tournure favorable, une source d'espoirs pour les victimes. Invocation des « faibles », évocation des « forts » ; mais il ne saurait être question pourtant de la part de ces derniers de remettre l'existence des dieux en cause car n'existant pas pour l'homme « supérieur », ils se doivent néanmoins d' « exister » pour le goût de son art créateur, celui de la volonté-puissance, pour son consentement à sa destiné, à la vie : ils sont ses fantômes mythiques et vraisemblables de la fatalité, ils sont les figurants divins de sa destinée tragique.

Partager cet article
Repost0
Publié par Yohann Sparfell - chevalier de Nüllpahrt - dans Textes de critiques et réflexions

Présentation

  • : In limine
  • : Le but de ce site est de participer à la construction d'une opposition conservatrice-révolutionnaire à la coalition progressiste, immigrationniste et néolibérale (de gauche et de "droite") en Europe. Et cela passe d'abord par un effort visant à redéfinir le conservatisme RÉVOLUTIONNAIRE lui-même, révolutionnaire et EUROPÉEN...
  • Contact

"Ce n'est pas autour des inventeurs de fracas nouveaux, c'est autour des inventeurs de valeurs nouvelles que gravite le monde ; il gravite en silence"

Friedrich Nietzsche

 

Institut Iliade

Pour la longue mémoire européenne

 

VoxNR / Les Lansquenets

 

Nietzsche Académie

 

Archives EREO / Synergies Européennes

Recherche

Intro

Le dépassement du nihilisme qui caractérise les temps modernes ne pourra surgir d'un quelconque recours à une idéologie progressiste, mais d'une pensée-action conservatrice-révolutionnaire, tant réaliste que futuriste et archaïque !

C’est par le respect de chacune des singularités humaines et de l’inégalité ontologique qui les met en lien au sein des communautés, par une politique subsidiaire au sein des Nations comme dans l'Europe impériale, par la justice selon le sens traditionnel de ce terme, et par la consécration d’une nouvelle "aristocratie" consciente de ses devoirs, que les habitants actuels de l'Europe pourrons reconstruire souverainement une Puissance qui leur sera propre et qui consacrera leur besoin de soumettre l'économique sous le politique en tant qu’instruments de leur volonté, de leur autonomie et de leur liberté. Mais la condition de tout ceci sera que nous sachions replacer au centre de nos vie et de nos actions les valeurs éternelles et sacrées qui ont su nous animer depuis des millénaires (à la source de l'autorité).

Le temps serait-il donc venu de faire de l'Europe un Imperium civilisationnel tout en affirmant la souveraineté de nos Nations, et de ne plus rejeter toute idée de Puissance au nom d'une "liberté" idéalisée ? Car le monde qui se dessine est celui où s'affirmeront et les individus et leurs communautés ainsi que, au-delà, les Imperii civilisationnels ayant su dépasser les illusions de la consommation illimitée et de l'idéologie économiste. À nous, hommes de conscience, d'en prendre acte !!

Yohann Sparfell

(conservateur-révolutionnaire français et européen)

 

"Il convient de savoir que le combat est universel et la lutte justice, et que toutes choses arrivent par opposition et nécessités."

Héraclite

 

PHILITT, Philosophie, littérature et cinéma

 

éléments n° 190 - juin-juillet 2021

 

Terre & Peuple n°87

 

Réfléchir et Agir n°70

 

Revue apériodique SPARTA