27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 19:56
Printemps – sir Lawrence Alma-Tadema

Printemps – sir Lawrence Alma-Tadema

La démocratie et le temps des constructions cyclopéennes

 

 

 

La démocratie, non pas « telle qu'on la rêve », mais telle que son lent processus d'élaboration l'y mènera, sera probablement l'inverse d'un libre-cours laissée à la faiblesse, à la compassion posée comme principe de relations entre les individus, à l'égalité qui ne se révèle en somme n'être que nivellement, et pour finir au déclin et à la dégénérescence d'une culture toute entière basée sur le devoir de réserve et d'auto-amoindrissement des individus sérialisés. La démocratie au fond, si elle doit s'inventer de la façon dont se révèle l'homme à lui-même, avec l'ensemble de ses multiples passions et possibles, si elle se doit d'être à un moment l'invention consciente des hommes issus d'une Kultur occidentale ancestrale rappelant à sa mémoire ce que fut Athènes, alors elle se devra d'être aussi le véritable berceau et phare de la justice. D'une justice évidemment entendue d'une telle façon que les hymnes chantés à sa gloire ne puissent l'être que pour le rôle qu'elle assume à rendre à chacun ce qui lui est du, et non comme elle en a cours désormais, à prétendre rendre l'homme meilleurs en en faisant un être coupé de ses racines, de la réalité profonde et inépuisable de son corps – la « force » donnera-t-elle alors à l'Europe les moyens de se protéger d'elle-même ?

Pour cela la démocratie devra cesser de se prendre pour la Gorgone et ainsi pétrifier les humains et en faire les statues ridicules de l'idéalisme. Il ne peut en découler, et force est de le constater chaque jour, qu'une attitude généralisée d'irresponsabilité face à la vie et ses jeux malicieux. Ô combien funeste est alors le réveil qui se produit par instants lorsque le couvercle magique ne peut plus contenir la paranoïa engendrée par l'affaissement des idéaux qui jusque là hypnotisaient la masse. La démocratie ne pourra évoluer et s'amplifier, ou se généraliser, qu'à la condition de prendre réellement la mesure de ce qui est humain, d'accepter pleinement en son sein, et en tant que principe fondateur, la multiplicité et la pluralité des formes d'engendrement de la pensée humaine, tout en permettant à ce que les passions puissent s'exprimer, maîtrisées par une juste hiérarchie à l'image de ce que le monde des dieux a à nous apprendre. Cette hiérarchie n'est autre en ce cas qu'une échelle des valeurs fondée sur l'affirmation de la vie, et de l'absolue nécessité pour la grandeur de l'œuvre humaine d'établir une juste harmonie entre la raison et l'empire des passions, reconnaissant que la première est sujette du second. Il y a là une Kultur à fonder reposant sur de toutes autres pensées et spiritualités que celles qui ont bercé notre enfance abusé. Et c'est l'esprit démocratique actuel lui-même qui nous y pousse malgré l'ennui qui s'y trouve.

 

 

« LE TEMPS DES CONSTRUCTIONS CYCLOPÉENNES. - La démocratisation de l'Europe est irrésistible : qui veut l'entraver use des moyens que l'idée démocratique a été la première à mettre entre les mains de chacun et rend ces moyens eux-mêmes plus commodes à manier et plus efficaces : les adversaires convaincus de la démocratie (je veux dire les esprits révolutionnaires) ne semblent exister que pour pousser les différents partis, par la peur qu'ils inspirent, toujours plus loin dans les voies démocratiques. Il se peut cependant que l'on soit pris d'une certaine appréhension à l'aspect de ceux qui travaillent maintenant consciemment et honnêtement en vue de cet avenir : il y a quelque chose de désolé et d'uniforme sur leur visage, et la grise poussière semble s'être abattue jusque dans leur cerveau. Malgré tout, il est fort possible que la postérité se mette un jour à rire de nos craintes et qu'elle songe au travail démocratique de plusieurs générations, à peu près de la même façon dont nous songeons à la construction des digues de pierre et des remparts, - comme à une activité qui répand nécessairement de la poussière sur les vêtements et les visages et qui, inévitablement, rend aussi les ouvriers qui y travaillent quelque peu idiots : mais qui donc, pour cette raison, voudrait que tout ceci n'ait pas été fait ! Il semble que la démocratisation de l'Europe soit un anneau dans la chaîne de ces énormes mesures prophylactiques qui sont l'idée des temps nouveaux et nous séparent du Moyen Âge. C'est maintenant seulement que nous sommes au temps des constructions cyclopéennes ! Enfin nous possédons la sécurité des fondements qui permettra à l'avenir de construire sans danger ! Dès lors, il est impossible que les champs de la civilisation soient encore détruits, en une seule nuit, par les eaux sauvages et stupides de la montagne. Nous avons des remparts et des murs de protection contre les barbares, contre les épidémies, contre l'asservissement corporel et intellectuel ! Et, tout cela, entendu d'abord à la lettre et en gros, mais peu à peu à un point de vue toujours plus haut et plus intellectuel, en sorte que toutes les mesures ici indiquées semblent être la préparation spirituelle à la venue de l'artiste supérieur dans l'art des jardins, qui ne pourra passer à sa véritable tâche que quand cette préparation sera entièrement terminée ! - Il est vrai, vu les grands espaces de temps qui séparent les moyens et le but, la peine énorme, une peine qui met en œuvre l'esprit et la force de siècles tout entiers, et qui est nécessaire pour créer ou pour amener chacun de ces moyens, il ne faut pas trop en vouloir aux ouvriers du présent, s'ils décrètent hautement que le mur et l'espalier sont déjà le but et le but dernier ; attendu que personne ne voit encore le jardinier ni les plantes en vue desquels l'espalier se trouve là. » F. Nietzsche, Le Voyageur et son ombre, aphorisme 275

Les femmes d'Amphisa - sir Lawrence Alma-Tadema

Les femmes d'Amphisa - sir Lawrence Alma-Tadema

La démocratie et le temps des constructions cyclopéennes

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Published by Yohann Sparfell - chevalier de Nüllpahrt - dans Textes de critiques et réflexions

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  • : Recherche "aristocratique" philosophique et métapolitique intégrée au projet d'une Europe Nouvelle de type impérial post-libéral, inspirée de penseurs tels J. Althusius, F. Nietzsche, P.J. Proudhon, G. Sorel, O. Spengler, J. Evola, S. Weil, E. Jünger, A. de Benoist, etc
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Propos pour un "Empire" européen

(Une Grande Europe de la Spiritualité et de la Puissance !)

Res Publica Europensis

(cliquer pour télécharger le PDF)

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Il ne s'agit pas de tuer la liberté individuelle mais de la socialiser

Pierre-Joseph Proudhon

Ce n'est pas autour des inventeurs de fracas nouveaux, c'est autour des inventeurs de valeurs nouvelles que gravite le monde ; il gravite en silence

F. Nietzsche

 

 

Friedrich Nietzsche

 

« La véritable Europe est un accord et non l’unisson. Goethe tient pour toutes les variétés et toutes les différences : l’esprit qui interprète la nature ne peut pas se donner une autre règle ni un autre jugement. Il n’est d’Europe que dans une harmonie assez riche pour contenir et résoudre les dissonances. Mais l’accord d’un seul son, fût-ce à des octaves en nombre infini, n’a aucun sens harmonique. Pour faire une Europe, il faut une France, une Allemagne, une Angleterre, une Espagne, une Irlande, une Suisse, une Italie et le reste. »

« Dans Goethe, l’Europe est une mère aux fils innombrables ; par la voix du poète, elle les invite à se reconnaître. Goethe leur ouvre les yeux ; qu’ils consentent enfin à prendre conscience les uns des autres ; qu’ils aient honte de se calomnier et de se haïr. Goethe, puissant Allemand, n’entend pas que l’Europe soit allemande, ni que la France ou la Chine le devienne. Pour que l’Europe soit vraiment elle-même, il faut que l’Allemagne soit le plus allemande et la France le plus française que faire se pourra : moins le mal, ici et là, moins le mépris, la violence et la haine. »

André Suarès

 

"Minuit" de Vincent Vauclin

 

L'Europe est un projet de civilisation ou elle n'est rien. À ce titre, elle implique une certaine idée de l'homme. Cette idée est à mes yeux celle d'une personne autonome et enracinée, rejetant d'un même mouvement l'individualisme et le collectivisme, l'ethnocentrisme et le libéralisme. L'Europe que j'appelle de mes vœux est donc celle du fédéralisme intégral, seul à même de réaliser de manière dialectique le nécessaire équilibre entre l'autonomie et l'union, l'unité et la diversité. C'est sur de telles bases que l'Europe devrait avoir pour ambition d'être à la fois une puissance souveraine capable de défendre ses intérêts spécifiques, un pôle de régulation de la globalisation dans un monde multipolaire, et un projet original de culture et de civilisation.

Alain de Benoist

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Organisation Socialiste Révolutionnaire Européenne

 

Site du Think-Tank EurHope

 

 

« le désir d’être libre ne procède pas de l’insatisfaction ou du ressentiment, mais d’abord de la capacité d’affirmer et d’aimer, c’est-à-dire de s’attacher à des êtres, à des lieux, à des objets, à des manières de vivre. »  George Orwell

 

 

Recherche

Intro

 

soldat avec groom_Giorgione

 

« Je ne parle pas pour les faibles. Ceux-ci cherchent à obéir et se précipitent partout vers l'esclavage... j'ai trouvé la force là où on ne la cherche pas, dans les simples hommes doux, sans la moindre inclinaison à dominer." Friedrich Nietzsche

 

Le dépassement du nihilisme qui caractérise les temps modernes ne pourra surgir d'un quelconque recours à l'une des idéologies du passé (communisme, fascisme) ou du présent (libéralisme), mais d'une pensée "conservatrice" qu'il devient aujourd'hui nécessaire de redéfinir. Il pourrait ainsi bien émerger d'une redéfinition radicale de l'autonomie individuelle et collective en Europe, et d'une réflexion renouvelée de ce qui fait l'homme, de l'alliance inaliénable de la transcendance et de l'immanence. Le devenir de l'être se situe dans l'éternel présent de cette dialectique à redéfinir, ainsi que dans une éternelle rencontre du passé et du futur, non dans un « autre monde possible », un idéal abstrait et prétendument plus vrai que le réel.

 

"On a pris ainsi longtemps le dessin pour l'ébauche d'une oeuvre qui, une fois achevée, le renvoyait à l'oubli et au néant. On sait que c'est faux : le dessin est déjà toute l'oeuvre, il n'y en a pas d'autre." Jean Baudrillard, Le miroir de la production, note 20 p. 143, 1973

 

Je suis animé du désir vivant et dissident de porter aussi loin que possible le coup du glaive dans le tréfonds de l'ordre moral trois fois centenaire, mais surtout aujourd'hui issu d'une subversion de la pensée européenne multimillénaire nous ayant donné à songer que nous puissions nous prendre pour des dieux. Les Lumières nous ont-elles trahis, ou aurions-nous trahi les Lumières ? Ou n'est-ce la pensée qui se serait trahie elle-même ? Si l'homme ne peut se passer de croyance, au moins a-t-il en cette époque submergée par de vaniteuses certitudes à son propos déposé dans les hauteurs du Royaume Celeste, vidé, la croyance en sa toute puissance. Mais à se croire tout-puissant, l'on en vient par la suite à se nier, à se mépriser, car "on" en oublie jusqu'à notre âme, en oubliant nos racines. Dans notre monde post-moderne, nous ne donnons à la vie que la possibilité de sa propre négation en voulant la protéger d'elle-même par la voie (ou la voix, appauvrie, du langage SMS) des idéalismes et des dogmes attachés aux antiennes de la "sainte" parole ultra-libérale.  


Il s'agit donc de comprendre que nos pensées ne sont pas neutres et que nous ne saurions nous élever sans "prendre le risque" d'avoir la conscience de ce qui fonde les supposées vertus de celles-ci : nos convictions, et ce sur quoi elles sont fondées ! L'émancipation ne peut advenir sans ce courage, cette probité, intellectuelle, sans tomber pour autant dans "l'intellectualisme" et la posture théorique. Réapprendre à penser, réapprendre à se poser et à "voir", à "lire", c'est aussi réapprendre à orienter nos pensées vers l'Être... à ne plus oublier l'Être... donc à ne plus omettre que, en tant qu'hommes, nous sommes éternellement redevables de ce qui nous fonde et nous élève.

 

Car nous sommes détenteurs, et passeurs, de la Tradition (traditio, de tradere : trans - à travers - et dare - donner) pour la continuité et pour l'avenir de laquelle s'érige face à nous, hommes conscients, socialistes conservateurs-révolutionnaires européens, héritiers des mouvements sociaux du passé, l'obligation de repenser le social, et le socialisme (de socius, ensemble, associés) à la Lumière de l'Impératif vital : promouvoir une restructuration organique et holistique, symbiotique, selon un schéma fédératif, des énergies humaines, tant économiques que culturelles et politiques, en France puis en Europe afin de retrouver la pleine puissance et maîtrise de nos agir, notre souveraineté nationale et civilisationnelle !

 

Yohann Sparfell

(nationaliste-révolutionnaire pour l'Imperium européen en devenir !)

 

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