30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 19:45
L'art du peuple

L'art du peuple

 

 

 

 

Pour ceux, et nous sommes ainsi bien plus nombreux que la bienséance du monde moderne voudrait nous le faire croire, qui ont quelques peines à contempler la médiocrité de leur vie en face, il n'est qu'à se divertir par quelque forme d'art qui passe pour être de notre temps. C'est ainsi que notre époque est devenue celle du divertissement : celle où la platitude tend à définir la vie pour des « fonctionnaires » d'un ordre moral pour lesquels la quotidienneté est donné comme assurance de leur auto-négation. L'art, ou ce qui passe pour l'être aujourd'hui, apporte aux âmes molles le rêve et l'assistance à leur endormissement. Les idéaux se transportent de salles de spectacles en CDs, d'ondes en pages Web, et approvisionnent par la voie des airs les hauteurs immaculés de la rêverie populaire distinguée.

L' « art moderne » est soporifique. Il ne s'adresse à l'individu que pour lui faire témoigner de sa sentimentalité et de la supériorité présupposée de celle-ci. C'est sans doute le narcotique le plus puissant, déguisé en « art », que la modernité ait conçu afin de faire oublier à quel point seul désormais règne le doute, la méfiance envers la vie, l'absolue tristesse qui veut se faire passer pour charmante et gaie. L' « art moderne » n'est pas de l'art, pas même une copie, mais de l'anti-art. L'art véritable est tout au contraire une pulsion de vie, l'expression de la vie dans ce qu'elle a de plus intime, de plus charnel. Bien loin encore des normes du monde moderne dirions-nous !

 

 

 

« BESOINS ARTISTIQUES DE SECOND ORDRE. - Le peuple possède bien ce que l'on peut appeler un besoin artistique, mais qui est discret et facile à satisfaire. Au fond, le déchet de l'art y suffit : il faut se l'avouer sans ambages, que l'on considère seulement, par exemple, quelles sont les mélodies et les chansons qui font maintenant toute la joie des couches les plus vigoureuses de la population, les moins gâtées et les plus naïves, que l'on vive parmi les bergers, les métayers, les paysans, les chasseurs, les soldats, les matelots, et que l'on se donne la réponse. Dans la petite ville, dans les maisons qui sont le siège des héréditaires vertus bourgeoises, n'aime-t-on et ne cultive-t-on pas la plus mauvaise musique qui ait jamais été produite ? Celui qui parle de besoins plus profonds, d'aspirations inassouvies qui poussent le peuple vers l'art, le peuple tel qu'il est, celui-là radote ou veut faire des dupes. Soyez donc francs ! Ce n'est que chez l'homme d'exception qu'existe aujourd'hui le besoin d'un art de style supérieur, - et cela parce que, d'une façon générale, l'art est de nouveau pris dans un mouvement rétrograde et que les forces et les espérances humaines se sont jetées pour un temps sur une autre chose. - Il est vrai qu'il existe en outre, à l'écart du peuple, un besoin d'art vaste et considérable, mais de second ordre. On trouve ce besoin chez les classes supérieures de la société : là est possible quelque chose comme une communauté artistique de bonne foi. Mais qu'on en considère de plus près les éléments ! Ce sont en général des mécontents raffinés qui par eux-mêmes ne peuvent s'élever à une joie véritable : l'homme cultivé qui ne s'est pas assez libéré pour se passer des consolations de la religion et qui pourtant ne trouve pas assez odorants les chrêmes de celle-ci ; le demi-noble trop faible pour briser le vice fondamental de sa vie ou le penchant néfaste de son caractère en y renonçant héroïquement ou en changeant de vie ; l'homme richement doué qui a de lui-même trop haute opinion pour être utile par une activité modeste, et qui est trop paresseux pour un grand travail désintéressé ; la jeune fille qui ne sait pas se créer un cercle de devoirs suffisant ; la femme liée par un mariage léger ou criminel et qui se sait mal liée ; le savant, le médecin, le commerçant, le fonctionnaire, spécialisés trop tôt et n'ayant jamais laissé libre cours à leur nature, mais qui n'en accomplissent pas moins un travail excellent, avec au cœur un vers rongeur ; enfin, tous les artistes incomplets : - tels sont ceux qui ont aujourd'hui encore de véritables besoins d'art ! Et que demandent-ils en somme à l'art ? Qu'il chasse, pendant quelques heures ou quelques instants, la malaise, l'ennui, la conscience vaguement mauvaise, et interprète, si possible dans un sens élevé, le vice de leur vie et de leur caractère pour le transformer en un vice du destin du monde, - très différents des Grecs qui voyaient dans leur art l'expansion de leur propre bien-être et de leur propre santé, et qui aimaient à voir leur propre perfection, encore un fois, en dehors d'eux-mêmes : - ils furent conduits à l'art par le contentement d'eux-mêmes, nos contemporains y sont venus – par le dégoût d'eux-mêmes. » Friedrich Nietzsche, aphorisme 169, Opinions et Sentences mêlées, Humain trop humain

 

 

 

 

L'art est donc par la forme qu'il prend au sein de telle ou telle culture un symptôme de vitalité ou de dégénérescence ; dans la mesure où l'on accepte bien sûr la signification profonde de ce que l'on désigne comme étant la « vitalité » par opposition à la fatigue généralisée propre aux cultures décadentes comme la nôtre : car l' « art » qui y règne d'une certaine manière y sert plus à finir d'endormir qu'à éveiller la force de vie, l'élan créateur. Il y est l' « art » des hommes du soir, de ceux dont il reste si peu de force pour la création et l'affirmation de soi : des êtres besogneux.

Et que dire du « grand art » sinon qu'il ne paraît qu'artifice visant à vouloir transporter la sentimentalité vers des sommets d'où l'on se croit, pour les plus grand menteurs, à mille lieux de l'atmosphère épais et lourd du besoin.

 

 

 

« L'ART D'UNE ÉPOQUE LABORIEUSE. - Nous possédons la conscience d'une époque laborieuse : cela ne nous permet pas de réserver à l'art les meilleures heures et les meilleurs matins, quand même cet art serait le plus grand et le plus digne. Il est à nos yeux affaire de loisir, de récréation : nous lui vouons les restes de notre temps, de nos forces. - C'est là le fait principal qui a changé la situation de l'art vis-à-vis de la vie : lorsque l'art fait appel aux réceptifs par de grandes exigences de temps et de force, il a contre lui la conscience des laborieux et des hommes capables, il en est réduit aux gens indolents et sans conscience qui, de par leur nature, ne sont précisément pas portés vers le grand art et qui considèrent les prétentions du grand art comme de l'insolence. Il se pourrait très bien que le grand art fût à sa fin, parce qu'il manque d'air et de libre respiration : ou bien encore faudrait-il qu'il essaie de s'acclimater dans une autre atmosphère (ou du moins de pouvoir y vivre), dans une atmosphère qui n'est en somme que l'élément naturel du petit art, de l'art du repos, de la distraction amusante. Il en est ainsi presque partout maintenant, même les artistes du grand art promettent une récréation et une distraction, eux aussi s'adressent à l'homme fatigué et lui demandent les soirées de ses journées de travail, - tout comme les artistes comiques sont satisfaits d'avoir remporté une victoire sur le front chargé de plis sévères et sur les yeux caves. Quels sont donc les artifices de leurs plus grands confrères ? Ceux-ci ont dans leurs armes les excitants les plus puissants qui parviendraient même à effrayer l'homme à moitié mort, ils possèdent des stupéfiants, des moyens de griser, d'ébranler, de provoquer des crises de larmes : par tous ces moyens, ils subjuguent l'homme fatigué et l'amènent dans un état de fébrilité nocturne, de débordement, de ravissement et de crainte. Aurait-on le droit d'en vouloir au grand art, tel qu'il existe aujourd'hui sous forme d'opéra, de tragédie et de musique, à cause des moyens dangereux qu'il emploie, comme on en voudrait à un pêcheur perfide ? Certainement non : car il préférerait cent fois vivre dans le pur élément du silence matinal et s'adresser aux âmes pleines de vie, de force et d'attente, aux âmes du matin chez les spectateurs et les auditeurs. Remercions-le de préférer vivre ainsi que de s'enfuir ; avouons-nous aussi que, pour une époque qui apportera dans la vie des jours de fête et de joie, libres et pleins, notre grand art sera inutilisable. » Friedrich Nietzsche, aphorisme 170, Le voyageur et son ombre, Humain trop humain

 

 

Le « grand » art ne saurait donc se distinguer du « petit » art par la manière dont une certaine classe de la modernité se parerait du premier comme d'un signe distinctif et hautain ; du moins à partir du moment où l'artiste, l'artiste-philosophe-médecin, redonne « tyranniquement » à celui-ci ses vertus première qui sont celles que les Grecs, par exemple, ou la Renaissance, avaient su y mettre. C'est aussi redonner vigueur à la notion d'élevage, redonner à l'art son rôle dionysiaque de nouvel interprète du monde. Pour cela, il est vrai que lorsque l'on aura appris que la recherche de la « vérité » est vaine et inconséquente, le grand art tel que nous le reconnaissons, notre grand art, n'aura plus rien à nous dire : ou il sera déjà tout autre.

 

L'art, parce qu'il nous paraît grand, nous semble aussi « véritable », presque par opposition à ce dont on finit, par lassitude, par trouver « vulgaire ». L'on y pressent l'opportunité de pouvoir s'élever au-dessus de la masse. L'on y voit une ascendance vers la Raison, sans percevoir, aveuglé par la morale, que c'est sur un instinct actuellement dominateur que l'on bâtit notre croyance moderne en Fortune. Le « grand » art est l'expression sublime d'un instinct, devenu souverain ; pouvoir s'en passer un jour sera l'acte de lui ravir cette souveraineté pour nous-même.

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Published by Yohann Sparfell - chevalier de Nüllpahrt - dans Textes de critiques et réflexions

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  • : Recherche "aristocratique" philosophique et métapolitique intégrée au projet d'une Europe Nouvelle de type impérial post-libéral, inspirée de penseurs tels J. Althusius, F. Nietzsche, P.J. Proudhon, G. Sorel, O. Spengler, J. Evola, S. Weil, E. Jünger, A. de Benoist, etc
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Propos pour un "Empire" européen

(Une Grande Europe de la Spiritualité et de la Puissance !)

Res Publica Europensis

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Il ne s'agit pas de tuer la liberté individuelle mais de la socialiser

Pierre-Joseph Proudhon

Ce n'est pas autour des inventeurs de fracas nouveaux, c'est autour des inventeurs de valeurs nouvelles que gravite le monde ; il gravite en silence

F. Nietzsche

 

 

Friedrich Nietzsche

 

« La véritable Europe est un accord et non l’unisson. Goethe tient pour toutes les variétés et toutes les différences : l’esprit qui interprète la nature ne peut pas se donner une autre règle ni un autre jugement. Il n’est d’Europe que dans une harmonie assez riche pour contenir et résoudre les dissonances. Mais l’accord d’un seul son, fût-ce à des octaves en nombre infini, n’a aucun sens harmonique. Pour faire une Europe, il faut une France, une Allemagne, une Angleterre, une Espagne, une Irlande, une Suisse, une Italie et le reste. »

« Dans Goethe, l’Europe est une mère aux fils innombrables ; par la voix du poète, elle les invite à se reconnaître. Goethe leur ouvre les yeux ; qu’ils consentent enfin à prendre conscience les uns des autres ; qu’ils aient honte de se calomnier et de se haïr. Goethe, puissant Allemand, n’entend pas que l’Europe soit allemande, ni que la France ou la Chine le devienne. Pour que l’Europe soit vraiment elle-même, il faut que l’Allemagne soit le plus allemande et la France le plus française que faire se pourra : moins le mal, ici et là, moins le mépris, la violence et la haine. »

André Suarès

 

"Minuit" de Vincent Vauclin

 

L'Europe est un projet de civilisation ou elle n'est rien. À ce titre, elle implique une certaine idée de l'homme. Cette idée est à mes yeux celle d'une personne autonome et enracinée, rejetant d'un même mouvement l'individualisme et le collectivisme, l'ethnocentrisme et le libéralisme. L'Europe que j'appelle de mes vœux est donc celle du fédéralisme intégral, seul à même de réaliser de manière dialectique le nécessaire équilibre entre l'autonomie et l'union, l'unité et la diversité. C'est sur de telles bases que l'Europe devrait avoir pour ambition d'être à la fois une puissance souveraine capable de défendre ses intérêts spécifiques, un pôle de régulation de la globalisation dans un monde multipolaire, et un projet original de culture et de civilisation.

Alain de Benoist

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Organisation Socialiste Révolutionnaire Européenne

 

Site du Think-Tank EurHope

 

 

« le désir d’être libre ne procède pas de l’insatisfaction ou du ressentiment, mais d’abord de la capacité d’affirmer et d’aimer, c’est-à-dire de s’attacher à des êtres, à des lieux, à des objets, à des manières de vivre. »  George Orwell

 

 

Recherche

Intro

 

soldat avec groom_Giorgione

 

« Je ne parle pas pour les faibles. Ceux-ci cherchent à obéir et se précipitent partout vers l'esclavage... j'ai trouvé la force là où on ne la cherche pas, dans les simples hommes doux, sans la moindre inclinaison à dominer." Friedrich Nietzsche

 

Le dépassement du nihilisme qui caractérise les temps modernes ne pourra surgir d'un quelconque recours à l'une des idéologies du passé (communisme, fascisme) ou du présent (libéralisme), mais d'une pensée "conservatrice" qu'il devient aujourd'hui nécessaire de redéfinir. Il pourrait ainsi bien émerger d'une redéfinition radicale de l'autonomie individuelle et collective en Europe, et d'une réflexion renouvelée de ce qui fait l'homme, de l'alliance inaliénable de la transcendance et de l'immanence. Le devenir de l'être se situe dans l'éternel présent de cette dialectique à redéfinir, ainsi que dans une éternelle rencontre du passé et du futur, non dans un « autre monde possible », un idéal abstrait et prétendument plus vrai que le réel.

 

"On a pris ainsi longtemps le dessin pour l'ébauche d'une oeuvre qui, une fois achevée, le renvoyait à l'oubli et au néant. On sait que c'est faux : le dessin est déjà toute l'oeuvre, il n'y en a pas d'autre." Jean Baudrillard, Le miroir de la production, note 20 p. 143, 1973

 

Je suis animé du désir vivant et dissident de porter aussi loin que possible le coup du glaive dans le tréfonds de l'ordre moral trois fois centenaire, mais surtout aujourd'hui issu d'une subversion de la pensée européenne multimillénaire nous ayant donné à songer que nous puissions nous prendre pour des dieux. Les Lumières nous ont-elles trahis, ou aurions-nous trahi les Lumières ? Ou n'est-ce la pensée qui se serait trahie elle-même ? Si l'homme ne peut se passer de croyance, au moins a-t-il en cette époque submergée par de vaniteuses certitudes à son propos déposé dans les hauteurs du Royaume Celeste, vidé, la croyance en sa toute puissance. Mais à se croire tout-puissant, l'on en vient par la suite à se nier, à se mépriser, car "on" en oublie jusqu'à notre âme, en oubliant nos racines. Dans notre monde post-moderne, nous ne donnons à la vie que la possibilité de sa propre négation en voulant la protéger d'elle-même par la voie (ou la voix, appauvrie, du langage SMS) des idéalismes et des dogmes attachés aux antiennes de la "sainte" parole ultra-libérale.  


Il s'agit donc de comprendre que nos pensées ne sont pas neutres et que nous ne saurions nous élever sans "prendre le risque" d'avoir la conscience de ce qui fonde les supposées vertus de celles-ci : nos convictions, et ce sur quoi elles sont fondées ! L'émancipation ne peut advenir sans ce courage, cette probité, intellectuelle, sans tomber pour autant dans "l'intellectualisme" et la posture théorique. Réapprendre à penser, réapprendre à se poser et à "voir", à "lire", c'est aussi réapprendre à orienter nos pensées vers l'Être... à ne plus oublier l'Être... donc à ne plus omettre que, en tant qu'hommes, nous sommes éternellement redevables de ce qui nous fonde et nous élève.

 

Car nous sommes détenteurs, et passeurs, de la Tradition (traditio, de tradere : trans - à travers - et dare - donner) pour la continuité et pour l'avenir de laquelle s'érige face à nous, hommes conscients, socialistes conservateurs-révolutionnaires européens, héritiers des mouvements sociaux du passé, l'obligation de repenser le social, et le socialisme (de socius, ensemble, associés) à la Lumière de l'Impératif vital : promouvoir une restructuration organique et holistique, symbiotique, selon un schéma fédératif, des énergies humaines, tant économiques que culturelles et politiques, en France puis en Europe afin de retrouver la pleine puissance et maîtrise de nos agir, notre souveraineté nationale et civilisationnelle !

 

Yohann Sparfell

(nationaliste-révolutionnaire pour l'Imperium européen en devenir !)

 

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