30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 19:05
Le retour à l'harmonie se fera par un recours au paganisme

Le retour à l'harmonie se fera par un recours au paganisme

 

 

 

 

 

Le paganisme prend racine dans les soubassements les plus profonds de l'homme. Il s'est nourri de tout temps de l'enchevêtrement inextricable des passions qui peuple les strates obscures des êtres. C'est pourquoi à lui seul il ne peut qu'évoquer un retour à l'absurde, à la barbarie des temps anciens. Il ne peut que semer le trouble en ces temps d'incertitudes chez les gens de bonne conscience.

 

Or, puisque le paganisme a les racines profondes et se nourrit des traditions, comme les plus beaux et les plus hauts chênes des meilleures sources, il éprouve au travers d'un certain sentiment humain l'irrésistible ambition de s'élever et de permettre l'accomplissement des êtres. Ce sentiment est celui qui, face à la splendeur de la vie tout comme face à son irréductible cruauté, s'impose le devoir de consentir à la Multiplicité tout en reconnaissant l'exigence de l'Unité.

 

Les passions multiples et désordonnées fourmillent dans le terreau fertile de nos profondeurs. Celui-ci est le support, le sous-sol forestier, à partir duquel peuvent croître les plus hautes civilisations. Et si elles peuvent ainsi s'élever, c'est bien en s'inspirant d'un idéal dont elles en ressentent à peine l'émanation venant du Ciel, du Centre de toute chose. Le tronc de l'arbre est telle une colonne qui relie la Terre au Ciel ; une colonne qui nourrit l'ordre en puisant dans la source inépuisable du désordre. Ordonner les passions est le but de toute haute civilisation dans sa quête tout simplement humaine de pérennité et de puissance ; mais elle n'ignore pas que sa tâche implique de ne point nier les différences et les multiples désirs, mais d'en faire l'assomption et d'en réaliser l'équilibre. Le monde des dieux, vers lequel s'élève l'ambition fragile de perfection, est la certitude pour laquelle les païens ont séparé l'obscure du lumineux, l'intérieur privé de l'agora public, les désirs instables de l'ordre stable, afin d'en faire mieux ressentir la continuité qui les lie. Leurs dieux étaient à l'image de leurs accomplissements : un idéal éternel qui n'était pas perçu comme une « Vérité », ce qui les aurait rabaissé à l'extrême, mais en tant que réalité d'un Ordre divin accompli.

 

 

« CE QUI N'EST PAS GREC DANS LE CHRISTIANISME. - Les grecs ne voyaient pas les dieux homériques au-dessus d'eux comme des maîtres, ni eux-mêmes au-dessous des dieux comme des valets, ainsi que les Juifs. Ils ne voyaient en eux que le reflets des exemplaires les plus réussis de leur propre caste, partant un idéal, et non le contraire de leur propre être. On se sent parents les uns des autres, il se forme un intérêt réciproque, une espèce de symmachie. L'homme conçoit une noble idée de soi quand il se donne de pareils dieux, il se place dans une relation semblable à celle de la petite noblesse à la grande ; alors que les peuples italiens ont une vraie religion de paysans, dans une angoisse permanente vis-à-vis de puissances malignes et capricieuses et d'esprits-bourreaux. Là où les dieux olympiens reculaient, la vie grecque aussi était plus sombre et plus angoissée. - Le christianisme, au contraire, écrasait et brisait l'homme complètement et l'enfouissait dans un bourbier profond : dans le sentiment d'une entière abjection, il faisait alors tout à coup briller l'éclat d'une miséricorde divine, si bien que l'homme surpris, étourdi de la grâce, poussait un cri de ravissement et pour un instant croyait porter en soi le ciel tout entier. C'est à cet excès maladif du sentiment, à la profonde corruption de tête et de cœur qu'il nécessite, qu'œuvrent toutes les inventions psychologiques du christianisme : il veut anéantir, briser, étourdir, enivrer, il n'y a qu'une chose qu'il ne veut point : la mesure, et c'est pourquoi il est, au sens le plus profond, barbare, asiatique, sans noblesse, non grec. » Friedrich Nietzsche, Humain trop humain, La vie religieuse, aphorisme 114

 

 

Sur le dessus de la strate souterraine de nos passions, le christianisme a déposé une nouvelle strate, opaque, lourde, accusatrice. Une strate qui oppose, dichotomise, avilis et abstractise. Les idées ont par ce fait eu la sensation de s'en trouver orphelines de leur soubassement, de ce qui les alimentait incessamment. Et ainsi elles en sont arrivées à devenir tyranniques, à imposer à l'homme de rechercher une « essence » au-delà de tout soupçon. Et surtout, les idées, en ce qu'elles s'abstraient de la « matière », des passions et des pulsions qui les animent en tant qu'expressions de la profondeur des êtres humains, nous isole les uns des autres et nous rend vaporeux. L' « accomplissement » est alors sans racine, universel, liquide, inhumain. Il n'est plus l'ombre de ce qui construit les meilleures civilisations. Il en est même devenu un impératif de soumission à un ordre qui se situe désormais dans les nimbes des croyances hors-sol. Cet « ordre » qui ne peut plus empêcher que la barbarie se répande aujourd'hui dans l'entièreté du monde en figeant toute dynamique vitale dans l'étroitesse du point de vue unique.

 

 

« CE QUI EST VRAIMENT PAÏEN. - Pour celui qui regarde le monde grec, peut-être n'y a-t-il rien de plus étrange que de découvrir que les Grecs offraient de temps à autre quelque chose comme des fêtes à toutes leurs passions et à tous leurs mauvais penchants, et qu'ils avaient même, par voie d'État, instituer une sorte de réglementation pour célébrer ce qui était chez eux trop humain : c'est là ce qu'il y a de vraiment païen dans leur monde : ce qui, du point de vue du christianisme, ne pourra jamais être compris et sera toujours combattu violemment. - Ils considéraient leur « trop humain » comme quelque chose d'inévitable, et, au lieu de le calomnier, préféraient lui accorder une espèce de droit de second ordre, en l'introduisant sur les usages de la société et du culte : ils allaient même jusqu'à appeler divin tout ce qui avait de la puissance dans l'homme, et l'inscrivaient aux parois de leur ciel. Ils ne nient point l'instinct naturel qui se manifeste dans les mauvaises qualités, mais ils le mettent à sa place et le restreignent à certains jours, après avoir inventé assez de précautions pour pouvoir donner à ce fleuve impétueux un écoulement aussi peu dangereux que possible. C'est la racine de tout le libéralisme moral de l'Antiquité. On permettait une décharge inoffensive à ce qui persistait encore de mauvais, d'inquiétant, d'animal et de rétrograde dans la nature grecque, à ce qui y demeurait de baroque, de pré-grec et d'asiatique, on n'aspirait pas à la complète destruction de tout cela. Embrassant tout le système de pareilles ordonnances, l'État n'était pas construit en considération de certains individus et de certaines castes, mais bien des simples qualités humaines. Dans son édifice, les Grecs montrent ce sens merveilleux des réalités typiques qui les rendit capables, plus tard, de devenir des savants, des historiens, des géographes et des philosophes. Ce n'était pas une loi morale, dictée par les prêtres et les castes, qui avait à décider de la constitution de l'État et du culte de l'État, mais l'égard universel à la réalité de tout ce qui est humain. - D'où les Grecs tiennent-ils cette liberté, ce sens du réel ? Peut-être d'Homère et des poètes, dont la nature n'est généralement pas des plus justes et des plus sages, ce sont des poètes qui ont en propre ce goût du réel, de l'effet sous toutes leurs formes, et ils n'ont pas la prétention de nier complètement le mal : il leur suffit de le voir se modérer, renonçant à vouloir tout massacrer ou à empoisonner les âmes – ce qui veut dire qu'ils du même avis que les fondateurs d'États en Grèce et qu'ils ont été les maîtres et les précurseurs. » Friedrich Nietzsche, Opinions et Sentences mêlées, aphorisme 220

 

 

Sommes-nous à ce point manipulables qu'il ne faille qu'une « sainte » parole de dénégation à notre encontre, à notre réalité matérielle, pour que l'on interprète le monde tel un substrat duquel il nous faudrait nous arracher afin de n'être plus qu'esprit ? On pourrait le croire si l'on regarde en arrière, mais aussi en avant. Nul part l'horizon ne semble pouvoir nous dévoiler un lien auquel nous pourrions nous raccrocher, une origine intime et profonde à laquelle nous pourrions porter nos regards aventureux. Les passions sont désormais soit niées ou sommées de se taire, ou bien à l'inverse et parce que le « système » y trouve son compte, manipulées et exploitées à des fins mercantiles. Mais nulle part elles n'apparaissent désormais comme ce terreau d'où peuvent surgir le pire mais aussi le meilleur. Nulle part elles ne sont ce par rapport à quoi se fondent les meilleures civilisations. Nulle part elles ne représentent ce que l'on est contraint d'accepter lorsque l'on désire bâtir pour l'avenir un équilibre serein au nom d'une justice qui assure à chacun sa place dans l'ensemble. En faisant disparaître l'espace public, l'agora antique, qui permettait à cette justice de s'exprimer au travers de la multiplicité des singularités et des motivations, c'est la politique qui s'est vue attribuer le rôle impur et infâme de gestionnaire, d' « animatrice » de la pensée unique.

 

Asseoir la justice sur la reconnaissance de la diversité et de la multiplicité humaine, c'est accepter qu'au sein des passions il doive s'instaurer une hiérarchie, et que l'homme puisse au travers de cette harmonie réaliser un idéal qui le rapproche des dieux. Pour cela, il nous faut réapprendre à nous connaître en profondeur, il nous faut détruire cette couche d'opacité que le monothéisme a déposé sur ce qui contient les ferments de nos destinées. Tout comme une Cité antique se devait de s'organiser par rapport aux deux pôles que furent le foyer d'une part, et l'agora d'autre part, nous devront rétablir une harmonie entre nos foyers d'appartenance, auxquels nous sommes toujours indéfectiblement enracinés, et nos désirs de redonner un sens à l'action public, à nos appétences qui nous portent à nous singulariser par rapport à l'Autre.

 

 

« LES GRECS COMME INTERPRÈTES. - Lorsque nous parlons des Grecs, nous parlons involontairement d'aujourd'hui et d'hier : leur histoire universellement connue est un clair miroir qui reflète toujours quelque chose de plus que ce qui se trouve dans le miroir lui-même. Nous nous servons de la liberté que nous avons de parler d'eux pour pouvoir nous taire sur d'autres sujets, - afin de leur permettre de murmurer quelque chose à l'oreille du lecteur attentif. C'est ainsi que les Grecs facilitent à l'homme moderne la communication de choses difficiles à dire, mais dignes de réflexion. » Friedrich Nietzsche, Opinions et Sentences mêlées, aphorisme 218

 

 

Il y a une importance certaine à retrouver le sens et la portée de ce qui fut autrefois les fondements d'une vie harmonieuse de la Cité. Il en est ainsi de la famille, des ancêtres, du foyer, de la politique, du métier, de la patrie, de l'autorité, de la souveraineté, de la démocratie, de la différence et de l'identité, etc. La redécouverte de l'Antiquité, et l'inspiration (qui ne nous a jamais vraiment quitté après tout...) du paganisme, sont à corréler avec le désir politique de recréer en Europe un esprit qui puisse nous amener à reconsidérer avec grandeur l'absolue singularité que nous portons chacun à notre manière au plus profond de nous-même.

 

Cela devra passer par une totale redéfinition, ainsi qu'une revalorisation, de la politique. Elle devra en d'autres termes retrouver ses lettres de noblesse, apporter concrètement une signification, nouvelle et ancienne, au concept de citoyenneté. Être citoyen ne devra plus concerner une simple obligation induite d'assentiment à un ordre économique et social transcendant, mais tout au contraire, impliquer une participation effective à la vie de la Cité, de la région, de la nation et de l'Europe dans une visée fédéraliste et subsidiaire. L'engagement qui sous-tend une telle condition, post-moderne et surtout post-libérale, devra surtout s'accorder de la multitude des appartenances et des responsabilités qui est celle d'hommes pour lesquels le désir de la réalisation de leur propre accomplissement passe inévitablement par la reconnaissance par eux-mêmes de leurs devoirs vis-à-vis de leur communautés respectives. Loin de toute autoritarisme dans ces propos, il faut plutôt y interpréter une volonté de ré-établir d'une façon non encore vécue, un rapport dialectique entre l'exigence d'affirmer l'individualité et la nécessité d'intégrer cette dernière dans le processus continuel de validation du collectif, des communautés réelles, professionnelles, territoriales, nationales ou supra-nationales.

 

L'œuvre de pensée qu'il nous faut mener aujourd'hui peut donc être vu comme un préalable culturel, l'esquisse d'une « révolution culturelle », à partir duquel nous pourrions bâtir une autre vision du monde, un autre schéma interprétatif de l'action humaine qui nous mène actuellement à ignorer ou négliger les soubassements de notre humanité. Et cette œuvre n'est pas mince, loin s'en faut. C'est tout un ordre moral, basé sur l'idée de progrès, d'une essence et de l'universalité de l'homme, de son indifférenciation primordial et de sa « nature » fondamentalement spirituelle, qu'il nous faudra remettre en cause, et dont il sera nécessaire de reconnaître la portée réelle dans nos façons d'agir et d'interpréter le monde. Il s'agira donc de fonder nos propos et nos recherches d'après la nécessité actuelle de ré-harmoniser l'homme à la nature, ce terme décrivant bien plus que la piètre acception que nous en avons aujourd'hui, mais aussi à son passé glorieux, à sa tradition païenne multimillénaire.

 

Yohann Sparfell

Mars 2015

 

Le retour à l'harmonie se fera par un recours au paganisme

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Published by Yohann Sparfell - chevalier de Bretagne - dans Textes de critiques et réflexions

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Propos pour un "Empire" européen

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Il ne s'agit pas de tuer la liberté individuelle mais de la socialiser

Pierre-Joseph Proudhon

Ce n'est pas autour des inventeurs de fracas nouveaux, c'est autour des inventeurs de valeurs nouvelles que gravite le monde ; il gravite en silence

F. Nietzsche

 

 

Friedrich Nietzsche

 

« La véritable Europe est un accord et non l’unisson. Goethe tient pour toutes les variétés et toutes les différences : l’esprit qui interprète la nature ne peut pas se donner une autre règle ni un autre jugement. Il n’est d’Europe que dans une harmonie assez riche pour contenir et résoudre les dissonances. Mais l’accord d’un seul son, fût-ce à des octaves en nombre infini, n’a aucun sens harmonique. Pour faire une Europe, il faut une France, une Allemagne, une Angleterre, une Espagne, une Irlande, une Suisse, une Italie et le reste. »

« Dans Goethe, l’Europe est une mère aux fils innombrables ; par la voix du poète, elle les invite à se reconnaître. Goethe leur ouvre les yeux ; qu’ils consentent enfin à prendre conscience les uns des autres ; qu’ils aient honte de se calomnier et de se haïr. Goethe, puissant Allemand, n’entend pas que l’Europe soit allemande, ni que la France ou la Chine le devienne. Pour que l’Europe soit vraiment elle-même, il faut que l’Allemagne soit le plus allemande et la France le plus française que faire se pourra : moins le mal, ici et là, moins le mépris, la violence et la haine. »

André Suarès

 

"Minuit" de Vincent Vauclin

 

L'Europe est un projet de civilisation ou elle n'est rien. À ce titre, elle implique une certaine idée de l'homme. Cette idée est à mes yeux celle d'une personne autonome et enracinée, rejetant d'un même mouvement l'individualisme et le collectivisme, l'ethnocentrisme et le libéralisme. L'Europe que j'appelle de mes vœux est donc celle du fédéralisme intégral, seul à même de réaliser de manière dialectique le nécessaire équilibre entre l'autonomie et l'union, l'unité et la diversité. C'est sur de telles bases que l'Europe devrait avoir pour ambition d'être à la fois une puissance souveraine capable de défendre ses intérêts spécifiques, un pôle de régulation de la globalisation dans un monde multipolaire, et un projet original de culture et de civilisation.

Alain de Benoist

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Organisation Socialiste Révolutionnaire Européenne

 

Site du Think-Tank EurHope

 

 

« le désir d’être libre ne procède pas de l’insatisfaction ou du ressentiment, mais d’abord de la capacité d’affirmer et d’aimer, c’est-à-dire de s’attacher à des êtres, à des lieux, à des objets, à des manières de vivre. »  George Orwell

 

 

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« Je ne parle pas pour les faibles. Ceux-ci cherchent à obéir et se précipitent partout vers l'esclavage... j'ai trouvé la force là où on ne la cherche pas, dans les simples hommes doux, sans la moindre inclinaison à dominer." Friedrich Nietzsche

 

Le dépassement du nihilisme qui caractérise les temps modernes ne pourra surgir d'un quelconque recours à l'une des idéologies du passé (communisme, fascisme) ou du présent (libéralisme), mais d'une pensée "conservatrice" qu'il devient aujourd'hui nécessaire de redéfinir. Il pourrait ainsi bien émerger d'une redéfinition radicale de l'autonomie individuelle et collective en Europe, et d'une réflexion renouvelée de ce qui fait l'homme, de l'alliance inaliénable de la transcendance et de l'immanence. Le devenir de l'être se situe dans l'éternel présent de cette dialectique à redéfinir, ainsi que dans une éternelle rencontre du passé et du futur, non dans un « autre monde possible », un idéal abstrait et prétendument plus vrai que le réel.

 

"On a pris ainsi longtemps le dessin pour l'ébauche d'une oeuvre qui, une fois achevée, le renvoyait à l'oubli et au néant. On sait que c'est faux : le dessin est déjà toute l'oeuvre, il n'y en a pas d'autre." Jean Baudrillard, Le miroir de la production, note 20 p. 143, 1973

 

Je suis animé du désir vivant et dissident de porter aussi loin que possible le coup du glaive dans le tréfonds de l'ordre moral trois fois centenaire, mais surtout aujourd'hui issu d'une subversion de la pensée européenne multimillénaire nous ayant donné à songer que nous puissions nous prendre pour des dieux. Les Lumières nous ont-elles trahis, ou aurions-nous trahi les Lumières ? Ou n'est-ce la pensée qui se serait trahie elle-même ? Si l'homme ne peut se passer de croyance, au moins a-t-il en cette époque submergée par de vaniteuses certitudes à son propos déposé dans les hauteurs du Royaume Celeste, vidé, la croyance en sa toute puissance. Mais à se croire tout-puissant, l'on en vient par la suite à se nier, à se mépriser, car "on" en oublie jusqu'à notre âme, en oubliant nos racines. Dans notre monde post-moderne, nous ne donnons à la vie que la possibilité de sa propre négation en voulant la protéger d'elle-même par la voie (ou la voix, appauvrie, du langage SMS) des idéalismes et des dogmes attachés aux antiennes de la "sainte" parole ultra-libérale.  


Il s'agit donc de comprendre que nos pensées ne sont pas neutres et que nous ne saurions nous élever sans "prendre le risque" d'avoir la conscience de ce qui fonde les supposées vertus de celles-ci : nos convictions, et ce sur quoi elles sont fondées ! L'émancipation ne peut advenir sans ce courage, cette probité, intellectuelle, sans tomber pour autant dans "l'intellectualisme" et la posture théorique. Réapprendre à penser, réapprendre à se poser et à "voir", à "lire", c'est aussi réapprendre à orienter nos pensées vers l'Être... à ne plus oublier l'Être... donc à ne plus omettre que, en tant qu'hommes, nous sommes éternellement redevables de ce qui nous fonde et nous élève.

 

Car nous sommes détenteurs, et passeurs, de la Tradition (traditio, de tradere : trans - à travers - et dare - donner) pour la continuité et pour l'avenir de laquelle s'érige face à nous, hommes conscients, socialistes conservateurs-révolutionnaires européens, héritiers des mouvements sociaux du passé, l'obligation de repenser le social, et le socialisme (de socius, ensemble, associés) à la Lumière de l'Impératif vital : promouvoir une restructuration organique et holistique, symbiotique, selon un schéma fédératif, des énergies humaines, tant économiques que culturelles et politiques, en France puis en Europe afin de retrouver la pleine puissance et maîtrise de nos agir, notre souveraineté nationale et civilisationnelle !

 

Yohann Sparfell

(partisan du socialisme conservateur-révolutionnaire européen, pagano-catholique enraciné dans sa patrie !)

 

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