26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 09:50
Le sacrement de la dernière Cène

Le sacrement de la dernière Cène

Contre les valeurs occidentales !?

 

 

Seul un arbre bien enraciné peut être à même de s'élever haut et d'offrir à la vue du spectateur un port signifiant force et assurance. Ainsi en est-il des arbres, ainsi devrait-il en être des hommes. L'enracinement est donc pour une civilisation qui ne désire pas mourir, une nécessité afin de donner aux générations à venir une assurance de pouvoir continuer à être eux-mêmes dans un monde devenu complexe et « liquide ».

Mais un ré-enracinement ne doit pas impliquer, a fortiori, une quelconque négation de l'individu de la communauté. Elle doit tout au contraire redonner du sens à la potentialité contenu en l'individu de pouvoir s'élever, s'accomplir, de rechercher son « sens de soi ». En d'autres termes, il nous faut dépasser le dualisme opposant l'individu et la société. L'existence et l'affirmation de l'un et de l'autre demeurent des nécessités au regard d'une dynamique qui ne repose pas sur une morale dualiste, mais sur des vertus ayant sens pour le commun.

Une socialité équilibrée et juste n'est pas « morale » en soi, c'est-à-dire reposant sur des idées préconçues (sur l'homme en tant qu'être existant en-soi, impliquant sa panoplie de droits inhérents, et d'autant mieux sans les « archaïsmes » de ses appartenances) à propos d'une hypothétique essence humaine. Elle n'est pas morale en ce sens qu'elle n'a pas pour ambition de rigidifier toute la structure mentale sur laquelle elle repose sur une vision monolithique de l'homme, une vision à sens unique. Son « credo » est tout au contraire de permettre aux hommes de la communauté de pouvoir exprimer des voix discordantes et singulières, de pouvoir exprimer leur humanité selon la façon dont ils entrent en résonance avec la vision partagée du monde. Il s'agit donc d'instaurer la possibilité pour la nature humaine de se déployer librement, d'inciter à toujours pousser plus haut l'humanisation de l'homme. Et cela ne se peut qu'à condition de posséder une référence qui fait socle et en même temps matière à travailler, à façonner selon les âges, l'histoire, de la communauté. Il est de la nature de l'homme, non de son « essence », de s'accomplir, de développer ses talents (ingenia), en se servant de sa mémoire, de son passé, comme d'un support et d'une référence communautaire pour accéder à la plus complète et entière reconnaissance des siens.

La moralité ne peut se concevoir en ce cas comme une intimation à ployer l'échine sous le poids de valeurs pré-mâchées. Selon une certaine théorie qui n'a de cesse de vouloir couper des chaînes imaginaires – celles d'une soumission supposée envers les diverses traditions -, la digestion devrait s'en trouver grandement facilitée si, par un divin idéal, l'homme s'appliquait à lui-même ces valeurs sensées le civiliser et le rendre aérien. D'avaler quelques pilules de valeurs moralistes suffirait donc à rendre l'homme meilleur selon la croyance de l'humanisme christianiste, puis surtout « droit-de-l'hommiste ». Cette « morale » n'est pas celle des véritables communautés, mais elle est devenue celle d'un occident emprisonné dans son entrain pour le Progrès, le confort, la puissance de l'impuissance, et le désir morbide de posséder le monde et de dépasser, ô rêve fou, les limites inhérentes à notre condition humaine et notre fragilité. Le but des valeurs dites « occidentales » est bien de favoriser l'émergence d'un monde de porteurs de pulsions, d'entités « humaines » virevoltantes d'une envie à une autre mais incapables de s'enraciner psychiquement ni en un lieu, ni dans l'Histoire.

Ces valeurs occidentales ont ceci de particulier qu'elles émanent d'un autre lieu que celui au sein duquel se forge la singularité et l'ordre de chacune des communautés humaines véritables, le lieu de la politique, l'Agora où se mêle la confrontation et l'entente entre les individus du groupe. Ce qui en émane, c'est le sens donné aux vertus, et ce sens, parce que les vertus sont essentiellement individuelles, découle d'un nécessaire équilibre liant entre eux ceux qui les possèdent, et dont l'exemple vivifie la communauté. Les vertus sont les facteurs indispensables de la réalisation et de l'accomplissement des individus(-citoyens), chacune de celles-là diversement partagées en chacun de ceux-ci. Elles sont des qualités qui permettent aux hommes de se mesurer, et de se donner une valeur dans la communauté. Elles déterminent à chacun sa juste place. Elles permettent par conséquent à la communauté des hommes de créer pour elle-même le sens qui lui insuffle la vitalité nécessaire à sa persistance et son élévation. Les valeurs de nos sociétés modernes nous sont au contraire importées.

Elles nous proviennent de principes sanctifiés, ou si l'on veut, d'un ordre impérialiste dominé tyranniquement par la Raison : par la « raison » essentiellement économique de notre époque non moins « religieuse » que les précédentes. Et cet « ordre » n'a de cesse de délier l'esprit du corps, les vertus des valeurs, qui autrefois leur correspondaient. L'homme peut ainsi désormais flotter dans les airs au gré de ses envies, mépriser racines et Cultures, langues et traditions, et devenir l'esclave « libéré » au service de la machinerie capitalo-financière. Le dernier homme, le nihiliste jamais accompli, a pris naissance dans un non-monde : la jungle de l'accumulation effrénée de capitaux.

Les valeurs occidentales correspondent à une nécessité, celle d'une époque, mais aussi surtout celle d'une dynamique que nous avons mentionné plus haut. À devoir faire d'un nombre maximum d'individus des consommateurs aptes à faire marcher le système, il devient par conséquent nécessaire de les munir de droits, et d'autant plus qu'il sont solvables, dans le cas contraire, leur humanité fait doute ! Ces droits deviennent par conséquent illimités, à la mesure de l'illimitation de la dynamique de la possession et de l'accumulation. L'individualisme vulgaire et prétentieusement autarcique se renforce inévitablement d'une telle négation de la politique et de la tyrannie de l'économique.

 

La compassion, ordre moral de l'individu moderne

 

Mais, a contrario de ce qui est communément admis, l'individualisme ci-dessus mentionné n'est pas antinomique de la morale nous intimant d'être fidèle à des valeurs de compassion, de négation de soi, et de soumission à des principes « humanistes » dictés par la pensée dualiste. Notamment, l'individualisme abstrait et détaché engendre une capacité d'intervention auprès d'autrui, dans un esprit de pitié et de compassion. Cet esprit, en apportant bonne conscience au Moi, élève sa propre tendance à se penser comme auto-satisfait, « libre » de ses actes et par conséquent de tous liens communautaires (les liens étant remplacés par des contrats). Cela est paradoxal au premier abord mais ce supplément d'âme participe pourtant, depuis l'hégémonie du christianisme en Occident – et surtout de la version bourgeoise de la bienfaisance chrétienne depuis la fin du XVIIéme siècle -, à l'élaboration de l'homme responsable devant Dieu et par suite de l'homo economicus, responsable de sa propre « réussite sociale » et de la défense de ses intérêts. La compassion ne lie pas les hommes entre eux mais les séparent en réalité, en instaurant une forme de soumission, du bénéficiaire envers le « généreux », et qui se fonde sur l'exemplarité jeté à la face du premier par le dernier l'intimant à se plier à ce qu'il représente alors comme modèle d'humanité. Un fossé se creuse alors entre les deux, qui avalise et renforce l'individu « souverain » en tant que modèle du Même que l'on se doit alors d'imiter pour son, et d'une façon générale, le « bien ».

Un tel individu ne tient son rôle dans le système dualiste des droits et de l'esprit dominants que parce qu'il est capable, non pas de s'éprouver par rapport aux autres, mais de se maintenir à une place qu'il serait sensé s'être bâti par lui-même. La consommation et les moyens de la garantir trouvent alors ici toute leur place et affirment ainsi leur rôle au sein d'une dynamique qui finit logiquement par s'appuyer sur les Droit-de-l'homme, jusqu'en faire du « droit-de-l-hommisme » : l'individu occidental économiquement conquérant et prétendument supérieur à cet égard se doit d'imposer son modèle ; non par la conquête militaire - trop d'héroïsme pourrait encore s'y trouver - mais par une mise en valeur de son mode de vie, et de pensée, et son exportation généreuse au « démunis » de la planète (la guerre alors n'y devient plus qu'utilitaire). Les valeurs occidentales deviennent exemplaires, et s'adossent à une morale pour laquelle il appartient seul à l'individu atomisé d'exister pleinement en se libérant de la loi du groupe, de la Loi qui trop contraindrait ceux ont l'envie de voler de leurs propres ailes afin de rechercher leur hypothétique salut : la leçon d'Icare serait-elle trop loin dans les mémoires atrophiées ?

L'individu atomisé et volontiers moralisateur ne se juge pas lui-même mais devient juge pour les Autres, tout en se soumettant perpétuellement au jugement d'une morale extérieure, utilitariste et inconsidérément « raisonnable ». Pourtant, on s'élabore une morale en fonction de ses propres préjugés, ou du moins est-ce ainsi que l'homme devrait pouvoir s'inventer un monde à sa juste mesure, et à la mesure de sa singularité et celle de sa communauté ainsi constituée. Une morale imposée de l'extérieur, de la toute-puissance d'une transcendance derrière laquelle se cache en vérité une haine profonde de la nature humaine réelle – de notre condition humaine -, apporte un jugement prédéfini sur une « essence » de l'homme qu'il nous appartiendrait de faire surgir en nous séparant toujours plus de notre « substrat » commun. Le moi devient par conséquent construisible et modifiable à souhait en fonction de ce qu'il faut bien appeler une tyrannie utilitariste. La souffrance d'autrui parvient même à être souhaitable car elle parvient à masquer le manque de sens qui caractérise la « vie » moderne – ou post-moderne, qu'importe au fond – comblé tant bien que mal par la pitié élevée en tant que sentiment expiatoire. Dans un tel paradigme, la mort est perçue comme un échec, une finalité malheureuse, et elle en perd tout sens parce que au fond la vie a elle-même déjà perdu tout sens. « Le Bushido [« voie du guerrier » des Samouraïs] enseigne qu'il y a quelque faiblesse et du ridicule à se préoccuper d'une autre vie alors que l'on peut modeler la sienne et lui donner un sens par sa mort » Dominique Venner, La voie de l'épée. Symbolisme du sabre au Japon et en Europe, Excalibur magazine, 2002. Ou encore : « ...une éthique de la volonté est plus salubre qu'une promesse de salut, au moment surtout où, de toutes parts, l'homme est persuadé de se faire l'esclave de sa vie... » Maurice Pinguet, La mort volontaire au Japon, Gallimard, 1984, repris in ibid.

 

Compassion, du latin cum, avec, et passio, souffrance : partager les souffrances d'autrui, sentiment paraissant si digne de respect que l'on n'y voit plus le plaisir que nous avons à y goûter, et à souffrir !

 

DANS QUEL MESURE IL FAUT SE GARDER DE LA COMPASSION. - La compassion, dans le mesure où elle engendre véritablement une souffrance – et cela doit être ici notre unique point de vue – est une faiblesse comme tout abandon à une affection nocive. Elle accroît la souffrance dans le monde : même si indirectement, ici ou là, une souffrance peut être atténuée ou supprimée grâce à la pitié, il n'est pas permis d'exploiter ces conséquences occasionnelles et dans l'ensemble insignifiante pour justifier son essence qui est, nous venons de la dire, nocive. Supposons qu'elle règne un seul jour en maîtresse : elle entraînerait aussitôt l'anéantissement de l'humanité. En soit elle n'offre pas un caractère de bonté plus grand que n'importe quel instinct : c'est seulement lorsqu'elle est exigée et vantée – ce qui arrive lorsque l'on ne comprend pas ce qu'elle recèle de nocif mais y découvre au contraire une source de plaisir, - que la bonne conscience l'accompagne, c'est alors seulement que l'on s'y abandonne et que l'on ne craint pas de la proclamer. Dans d'autres circonstances où l'on comprend sa nocivité, elle passe pour une faiblesse : ou bien, comme chez les Grecs, pour une affection maladive et périodique dont on peut prévenir les dangers en lui laissant volontairement libre cours de temps à autre. - Celui qui a déjà fait l'expérience de rechercher intentionnellement pendant un certain temps les occasions de pitié dans sa vie pratique et qui se représente constamment toute la détresse qui s'offre à lui dans on entourage devient forcément malade et mélancolique. Mais celui qui veut, d'une manière ou d'une autre, servir l'humanité en médecin devra user de beaucoup de prudence envers ce sentiment, - il le paralyse régulièrement au moment décisif et annihile son savoir et sa main habile et secourable. » Friedrich Nietzsche, Aurore, aphorisme 134.

 

Solidarité vs compassion

 

L'instinct de pitié n'est donc pas comme nous l'avons vu antinomique avec un individualisme effréné et « autonome » – rêve fou d'une prétendue autarcie, indépendance illusoire ! -, construit par et pour les besoins d'une dynamique d'accumulation sans fin, même si cela paraît l'être comme allant de soi dans le langage courant véhiculé par les prêtres de l'auto-flagellation. Il en est même la condition afin que cet individualisme – produit de laboratoire issu d'une conceptualisation post-moderniste de l'homme – puisse sembler être viable et pérenne et devenir le facteur structurel rendant possible à large échelle – mondiale – de jouer sur des « variables conjoncturelles » atomisées.

Ce qui importe à l'individu, c'est ce qui importe à son Moi, et la pitié n'est pas celle que l'on croît car en tout état de l'être profond de l'homme, elle affirme l'absolutisme individualiste plutôt que de tâcher d'amoindrir l'hybris qui lui tient de moteur. Cet absolutisme n'a jamais été absent de l'homme, il fut seulement nécessaire en d'autres temps d'en limiter la portée et l'exemplarité. Pour ce faire, on en appelait à un autre instinct, la solidarité.

Nous ne sommes libre que si les autres ont pleinement la possibilité de l'être à leur façon, d'où l'importance d'une notion comme celle de la solidarité, notion communautaire par excellence. Rappelons que le terme solidarité vient du latin solidus, massif, et de l'expression in solidum qui signifie « pour le tout ». Lorsque des personnes se sentent solidaires d'autres personnes au sein de la communauté, d'un peuple, d'une Nation, etc., cela veut dire qu'elles se sentent concernées par ce qui arrive aux autres, elles ressentent intuitivement que le sort des autres est directement lié au leur. Mais aussi que la condition de leur liberté, ainsi que de leur auto-réalisation et leur affirmation, que leur existence même, est plus ou moins soumise à la possibilité qu'ont « les autres » de pouvoir eux-mêmes accéder à la réalisation de leur être, malgré toutes les inégalités inhérentes à la singularité de chaque individu.

C'est l'interdépendance, mais au niveau de son élaboration structurelle. La communauté humaine est la structure au sein de laquelle peut, et doit - si du moins elle a encore la force et la volonté de se maintenir vivante - s'articuler la solidarité. La compassion, quant à elle, représente toujours un risque de déstructuration de la communauté car elle accompagne une dynamique d'individualisation tendant à supplanter la hiérarchie « naturelle » par une strate hiérarchique fondée sur la propension plus ou moins grande à jouir de la souffrance de ceux qui se voient ainsi rabaissés par le ressentiment élevé en « valeurs ». Ces « valeurs » profitent d'abord à des gens, solitaires parmi les solitaires, qui ont su faire de la « morale » une arme contre les forts, et un outils pour leur soif de possessions – piètres palliatifs à une perte de réelle liberté. Parmi ces « valeurs » trône d'ailleurs celle qui symbolise parfaitement à elle-seule leur adéquation à une volonté de nier la vie humaine et son nécessaire enracinement dans un sol et une Culture, tout en feignant en élever le sens et la richesse (de sa multiplicité notamment) : l'égalitarisme.

La solidarité, selon le sens réel qui convient d'apporter à ce terme, n'est pas compatible avec l'égalitarisme, comme d'une façon générale avec les autres « valeurs » occidentales issues de la tyrannie post-moderne néo-libérale – dont la « raison » d'être serait de devoir être imposé au Monde. La solidarité implique par contre une capacité d'empathie qui ne peut se trouver qu'au sein de communautés humaines un tant soit peu équilibrées. L'empathie est un sentiment qui ne peut exister réellement qu'entre des semblables, et non des Mêmes ! « Chose semblable aime son semblable » comme disait Oreste. Ceux qui s'assemblent finissent par se ressembler, non point en Principe de « valeurs » préconçues sur la supposée « essence de l'homme », mais en vertus d'un sens qu'il appartient aux hommes de créer par leur implication et leurs devoirs au sein de communautés à leur mesure.

 

« PRÉTENDUMENT SUPÉRIEURE !. - Vous dites que la morale de la pitié est une morale supérieure à celle du stoïcisme ? Prouvez-le ! Mais notez bien qu'il ne faut pas mesurer derechef le ''supérieur'' et l' ''inférieur'' en morale avec une toise morale : car il n'y a pas de morale absolue. Allez donc chercher vos critères ailleurs et – soyez sur vos gardes ! » Friedrich Nietzsche, Aurore, aphorisme 139.

 

 

Yohann Sparfell – octobre 2015

 

Contre les valeurs occidentales !?

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Published by Yohann Sparfell - chevalier de Bretagne - dans Textes de critiques et réflexions

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  • : Recherche "aristocratique" philosophique et métapolitique intégrée au projet d'une Europe Nouvelle de type impérial post-libéral, inspirée de penseurs tels J. Althusius, F. Nietzsche, P.J. Proudhon, G. Sorel, O. Spengler, J. Evola, S. Weil, E. Jünger, A. de Benoist, etc
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Propos pour un "Empire" européen

(Une Grande Europe de la Spiritualité et de la Puissance !)

Res Publica Europensis

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Il ne s'agit pas de tuer la liberté individuelle mais de la socialiser

Pierre-Joseph Proudhon

Ce n'est pas autour des inventeurs de fracas nouveaux, c'est autour des inventeurs de valeurs nouvelles que gravite le monde ; il gravite en silence

F. Nietzsche

 

 

Friedrich Nietzsche

 

« La véritable Europe est un accord et non l’unisson. Goethe tient pour toutes les variétés et toutes les différences : l’esprit qui interprète la nature ne peut pas se donner une autre règle ni un autre jugement. Il n’est d’Europe que dans une harmonie assez riche pour contenir et résoudre les dissonances. Mais l’accord d’un seul son, fût-ce à des octaves en nombre infini, n’a aucun sens harmonique. Pour faire une Europe, il faut une France, une Allemagne, une Angleterre, une Espagne, une Irlande, une Suisse, une Italie et le reste. »

« Dans Goethe, l’Europe est une mère aux fils innombrables ; par la voix du poète, elle les invite à se reconnaître. Goethe leur ouvre les yeux ; qu’ils consentent enfin à prendre conscience les uns des autres ; qu’ils aient honte de se calomnier et de se haïr. Goethe, puissant Allemand, n’entend pas que l’Europe soit allemande, ni que la France ou la Chine le devienne. Pour que l’Europe soit vraiment elle-même, il faut que l’Allemagne soit le plus allemande et la France le plus française que faire se pourra : moins le mal, ici et là, moins le mépris, la violence et la haine. »

André Suarès

 

"Minuit" de Vincent Vauclin

 

L'Europe est un projet de civilisation ou elle n'est rien. À ce titre, elle implique une certaine idée de l'homme. Cette idée est à mes yeux celle d'une personne autonome et enracinée, rejetant d'un même mouvement l'individualisme et le collectivisme, l'ethnocentrisme et le libéralisme. L'Europe que j'appelle de mes vœux est donc celle du fédéralisme intégral, seul à même de réaliser de manière dialectique le nécessaire équilibre entre l'autonomie et l'union, l'unité et la diversité. C'est sur de telles bases que l'Europe devrait avoir pour ambition d'être à la fois une puissance souveraine capable de défendre ses intérêts spécifiques, un pôle de régulation de la globalisation dans un monde multipolaire, et un projet original de culture et de civilisation.

Alain de Benoist

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Organisation Socialiste Révolutionnaire Européenne

 

Site du Think-Tank EurHope

 

 

« le désir d’être libre ne procède pas de l’insatisfaction ou du ressentiment, mais d’abord de la capacité d’affirmer et d’aimer, c’est-à-dire de s’attacher à des êtres, à des lieux, à des objets, à des manières de vivre. »  George Orwell

 

 

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« Je ne parle pas pour les faibles. Ceux-ci cherchent à obéir et se précipitent partout vers l'esclavage... j'ai trouvé la force là où on ne la cherche pas, dans les simples hommes doux, sans la moindre inclinaison à dominer." Friedrich Nietzsche

 

Le dépassement du nihilisme qui caractérise les temps modernes ne pourra surgir d'un quelconque recours à l'une des idéologies du passé (communisme, fascisme) ou du présent (libéralisme), mais d'une pensée "conservatrice" qu'il devient aujourd'hui nécessaire de redéfinir. Il pourrait ainsi bien émerger d'une redéfinition radicale de l'autonomie individuelle et collective en Europe, et d'une réflexion renouvelée de ce qui fait l'homme, de l'alliance inaliénable de la transcendance et de l'immanence. Le devenir de l'être se situe dans l'éternel présent de cette dialectique à redéfinir, ainsi que dans une éternelle rencontre du passé et du futur, non dans un « autre monde possible », un idéal abstrait et prétendument plus vrai que le réel.

 

"On a pris ainsi longtemps le dessin pour l'ébauche d'une oeuvre qui, une fois achevée, le renvoyait à l'oubli et au néant. On sait que c'est faux : le dessin est déjà toute l'oeuvre, il n'y en a pas d'autre." Jean Baudrillard, Le miroir de la production, note 20 p. 143, 1973

 

Je suis animé du désir vivant et dissident de porter aussi loin que possible le coup du glaive dans le tréfonds de l'ordre moral trois fois centenaire, mais surtout aujourd'hui issu d'une subversion de la pensée européenne multimillénaire nous ayant donné à songer que nous puissions nous prendre pour des dieux. Les Lumières nous ont-elles trahis, ou aurions-nous trahi les Lumières ? Ou n'est-ce la pensée qui se serait trahie elle-même ? Si l'homme ne peut se passer de croyance, au moins a-t-il en cette époque submergée par de vaniteuses certitudes à son propos déposé dans les hauteurs du Royaume Celeste, vidé, la croyance en sa toute puissance. Mais à se croire tout-puissant, l'on en vient par la suite à se nier, à se mépriser, car "on" en oublie jusqu'à notre âme, en oubliant nos racines. Dans notre monde post-moderne, nous ne donnons à la vie que la possibilité de sa propre négation en voulant la protéger d'elle-même par la voie (ou la voix, appauvrie, du langage SMS) des idéalismes et des dogmes attachés aux antiennes de la "sainte" parole ultra-libérale.  


Il s'agit donc de comprendre que nos pensées ne sont pas neutres et que nous ne saurions nous élever sans "prendre le risque" d'avoir la conscience de ce qui fonde les supposées vertus de celles-ci : nos convictions, et ce sur quoi elles sont fondées ! L'émancipation ne peut advenir sans ce courage, cette probité, intellectuelle, sans tomber pour autant dans "l'intellectualisme" et la posture théorique. Réapprendre à penser, réapprendre à se poser et à "voir", à "lire", c'est aussi réapprendre à orienter nos pensées vers l'Être... à ne plus oublier l'Être... donc à ne plus omettre que, en tant qu'hommes, nous sommes éternellement redevables de ce qui nous fonde et nous élève.

 

Car nous sommes détenteurs, et passeurs, de la Tradition (traditio, de tradere : trans - à travers - et dare - donner) pour la continuité et pour l'avenir de laquelle s'érige face à nous, hommes conscients, socialistes conservateurs-révolutionnaires européens, héritiers des mouvements sociaux du passé, l'obligation de repenser le social, et le socialisme (de socius, ensemble, associés) à la Lumière de l'Impératif vital : promouvoir une restructuration organique et holistique, symbiotique, selon un schéma fédératif, des énergies humaines, tant économiques que culturelles et politiques, en France puis en Europe afin de retrouver la pleine puissance et maîtrise de nos agir, notre souveraineté nationale et civilisationnelle !

 

Yohann Sparfell

(nationaliste-révolutionnaire pour l'Imperium européen en devenir !)

 

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