7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 20:53
Soudain la postmodernité – Morceaux choisis (par Pierre Le vigan)

Soudain la postmodernité – Morceaux choisis

 

 

 

Extraits de l'ouvrage de Pierre Le Vigan, Soudain la postmodernité, éditions La Barque d'Or, 2015

 

 

Théorie/theoria. Étymologiquement – theionorao, ta theia orao – le mot veut dire : « je vois le divin », « je vois les choses divines ». La théorie, ainsi, n'est pas l'abstraction, c'est la texture même du monde, c'est à la fois le tissu du monde et la vision simultanée de ses différentes profondeurs de champ.

 

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Telos et skopos. Le premier terme désigne le but que l'on souhaite atteindre, le second terme désigne la tâche immédiate que l'on a en vue, celle à laquelle on travaille. Skopos renvoie à regard, attention, soin. C'est ce que l'on observe, ce que l'on a en ligne de mire. Le skopos c'est le court terme ou, lieux, le quotidien. Le telos c'est la fin ultime, le long terme, l'objectif terminal. Cassien donne un exemple : pour un agriculteur, le telos c'est que la moisson soit abondante, le skopos c'est de prendre soin de son champ, c'est ce qui fait le contenu même du travail et du talent de l'agriculteur, c'est de savoir garder, quotidiennement, un œil sur son champ.

Dans cette perspective, le telos est donné par surcroît, si la grêle ne s'en mêle pas, ou les pillards, et si les dieux le veulent. Sans capacité au skopos, au regard, le telos est inaccessible. Le problème est que, de nos jours, bien des telos sont donné immédiatement. Bien des objectifs sont atteignables tout de suite, et c'est cela même qui est valorisé et mis en avant.

Dans le monde moderne on arrive directement souvent au telos sans skopos. Il en est ainsi avec le téléphone portable qui permet de « régler » un problème tout de suite (ou d'en avoir l'illusion) tandis que l'écriture nécessitait du recul, de la réflexion, de la circonspection. C'est « le bonheur, tout de suite, et si je veux bien sûr ».

Par ailleurs le telos peut ne pas ''se voir'', et être abstrait : par exemple, la ''richesse'', ou le ''bonheur''. Le telos de l'homme moderne est abstrait tandis que le skopos est toujours concret, mais de plus en plus rare.

Pourquoi oublions-nous le skopos ? Parce que nous oublions le court terme, non pas au profit du long terme, mais au profit de l'instantané. Or, le court terme, c'est encore du terme c'est-à-dire que c'est encore un intervalle de temps, donc c'est encore du temps, et il faut croire au temps comme durée contre le pseudo ''temps réel'' qui est le temps de l'instantané et donc un anti-temps. Notre temps préfère le telos d'ici et maintenant – aller tout de suite au but – au skopos car il préfère l'immédiateté à la durée, la vitesse à la patience, le fruit instantanément disponible à ce qui est longuement cultivé.

Voyons les expressions : « Je l'appelle direct », « je règle cela direct avec lui », « je résilie direct » : primauté du telos sur le skopos. Le skopos est le temps du voir, de la circonspection, qui met à distance la finalité, le telos. La vision du long terme est nécessaire bien sûr et notamment le sentiment de la mort comme notre long terme mais le long terme, quand il est abstrait (comme le « bonheur », l' « amour », etc), devient déréalisant, tandis que le skopos est concret puisqu'il est regard, attention, soin. Notre temps souffre de trop de telos mais c'est un mauvais telos, un telos déjà donné, ready made. Et dans le même mouvement, notre temps souffre d'insuffisamment de skopos : on ne sait plus regarder les choses, ni les garder (c'est la même chose).

 

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Nombre d'intellectuels ont remarqué que le peuple est plus fidèle à la patrie que la bourgeoisie. Édouard Berth : « Les ouvriers ont une patrie plus encore que les bourgeois, qu'on pourrait considérer, eux, comme étant les vrais ''sans-patrie'' ; car le riche est le vrai déraciné qui, partout dans le monde, se trouve bien, précisément, grâce à sa richesse ; tandis que l'homme du peuple, le pauvre, dépaysé, déraciné, transplanté, livré à la double domination capitaliste et étrangère, est doublement esclave et malheureux » (…) « L'homme du peuple est immergé dans sa patrie bien plus profondément que l'homme des classes riches, dont l'existence abstraite et transcendantale fait presque naturellement un habitant de Cosmopolis. » (« Satellites de la ploutocratie », Cahiers du Cercle Proudhon, 3-4 mai-août 1912).

Dans Guerre des États ou guerre des classes. Le Tertullien du socialisme [ainsi Berth qualifie-t-il Sorel] (1924), Édouard Berth affirmait encore : « la richesse est un facteur de dénationalisation » (au sens de la perte de l'enracinement national). Édouard Berth plaidait contre le règne de l'argent et prônait l'association du peuple et d'une aristocratie aux valeurs enracinées et non matérialistes.

 

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Paysages urbains. Échancrures. L'essayiste et reporter Jean Rolin (Journal de Gand aux Aléoutiennes, La clôture, …) dit : « Dans une société où tout est voué à servir et à produire le plus possible, dans un tissu urbain de plus en plus dense où tout doit avoir une utilité, le fait qu'il existe des échancrures qui ne servent à rien, des lieux qui ne sont pas rentables, c'est extrêmement réjouissant ».

Le drame de l'urbanisme est aujourd'hui de vouloir dire et faire le tout de la ville. La politique urbaine doit être ambitieuse mais elle ne doit pas être totalitaire. Ainsi faut-il ménager - et non aménager - les creux de la ville, ses vides, ses délaissés, ses entre-deux. « Chaque fois qu'un espace vide se présente quelque part, au lieu d'y voir une occasion d'approfondir notre sens de la vie, nous nous empressons de le remplir de bruit, de jouets, de ''culture'' » écrit Kenneth White.

 

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Il y a deux types de lumières. L'une éblouit et aveugle plus qu'elle n'éclaire. L'autre éclaire vraiment, mais elle n'éclaire jamais tout, elle laisse des choses dans l'ombre. C'est le prix à payer pour voir ce que l'on met en lumière, ce que l'on cherche à voir dans sa clarté. Reste à choisir ce qu'il convient de laisser dans l'ombre.

 

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Quand on développe des points de vue non alignés en politique, on court le risque d'être mal compris de beaucoup. Droite sociale, gauche nationale : cela dit quelque chose de vrai de mes positions, de mes tâtonnements, et de mes interrogations, mais c'est encore insuffisant. On peut dire les choses autrement : je cherche une vraie droite radicale et une vraie gauche radicale qui devraient être simultanément de droite et de gauche. Mais c'est le souhait de sortir de l'obsession de produire et consommer toujours plus qui dirait sans doute le mieux l'essentiel dont tout découle et à quoi je crois. En d'autres termes, le préalable à toute action « politique » est de décoloniser nos imaginaires de la marchandise.

 

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La philosophie est la passion de la réalité. C'est la passion du vrai comme cœur de la réalité. Mais la réalité n'est pas seulement l'actuel, ce n'est pas seulement le réel d'aujourd'hui. La réalité est l'actuel plus le potentiel. C'est l'actuel plus les possibles. C'est le réel plus les aspirations à un autre réel, c'est le réel d'aujourd'hui plus les désirs, plus les souhaits d'autre chose. C'est pourquoi être platement réaliste est anti-philosophique. C'est aussi une erreur historique. Était-il très « réaliste » pour de Gaulle d'aller à Londres prôner la poursuite des combats en juin 1940 ?

 

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Lecture d'un article de Franck delannoy : « Les écrits de jeunesse de Gadamer et le national-socialisme » (Le cercle herméneutique, 869, 2007). Il en ressort a) que Hans-Georg Gadamer (1900-2002) ne fut jamais un national-socialiste convaincu b) que rien ne permet de le considérer comme un anti-nazi convaincant c) qu'il a pu faire figure, comme resteur de l'Université de Leipzig sous administration communiste après-guerre, de pro-stalinien tout à fait acceptable. Une comparaison est édifiante : Gadamer ne fut pas suspect de réticence au nazisme sous Hitler, contrairement à Heidegger, il ne fut pas non plus suspect de nazisme après 1945, contrairement encore à Heidegger. H6G Gadamer ne fut en somme suspect de rien alors que la pensée de Heidegger a toujours inquiété les pouvoirs et que Martin Heidegger fut en somme toujours suspect de non allégeance, quels que soit les régimes (cf. Jean Grondin, Hans-Geog Gadamer, eine Biographie, Mohr siebeck, Tübingen, 1999). Il est vrai que Gadamer n'a jamais, à propos de la politique ou encore de l'Europe ou de l'histoire, dit autre chose que de pesantes banalités. Les pensées qui inquiètent sont les seules intéressantes.

 

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Philippe Forget : « Le peuple est en amont de toute sociologie des populations, sachant cependant qu'un excès de bouleversement démographique risque de se transformer en changement qualitatif du paysage commun, au point que la reconnaissance historique et culturelle de soi devienne impossible. Toute forme d'existence nécessite un équilibre interne pour assurer sa transmission ou son renouveau, à peine de sombrer dans l'épars du non-sens. Il n'est pas ici question de la fixité d'une essence à préserver, mais d'un lien fédérateur qui noue et renoue un sens commun, au travers des époques et de leurs métamorphoses ». Immigration zéro ? Inversion des flux migratoires ? Ce sont là des questions légitimes à poser, tout autant que la rupture avec le libre-échange mondial au profit de l'économie autocentrée.

 

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« C'est de la pourriture du monde finissant que tire sa nourriture le monde renaissant » dit le Rig Veda. De là, il est logique, comme dit Nietzsche, de chercher à « pousser ce qui tombe ».

 

 

 

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Published by Yohann Sparfell - chevalier de Bretagne - dans Autres auteurs

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  • : Recherche "aristocratique" philosophique et métapolitique intégrée au projet d'une Europe Nouvelle de type impérial post-libéral, inspirée de penseurs tels J. Althusius, F. Nietzsche, P.J. Proudhon, G. Sorel, O. Spengler, J. Evola, S. Weil, E. Jünger, A. de Benoist, etc
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Propos pour un "Empire" européen

(Une Grande Europe de la Spiritualité et de la Puissance !)

Res Publica Europensis

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Il ne s'agit pas de tuer la liberté individuelle mais de la socialiser

Pierre-Joseph Proudhon

Ce n'est pas autour des inventeurs de fracas nouveaux, c'est autour des inventeurs de valeurs nouvelles que gravite le monde ; il gravite en silence

F. Nietzsche

 

 

Friedrich Nietzsche

 

« La véritable Europe est un accord et non l’unisson. Goethe tient pour toutes les variétés et toutes les différences : l’esprit qui interprète la nature ne peut pas se donner une autre règle ni un autre jugement. Il n’est d’Europe que dans une harmonie assez riche pour contenir et résoudre les dissonances. Mais l’accord d’un seul son, fût-ce à des octaves en nombre infini, n’a aucun sens harmonique. Pour faire une Europe, il faut une France, une Allemagne, une Angleterre, une Espagne, une Irlande, une Suisse, une Italie et le reste. »

« Dans Goethe, l’Europe est une mère aux fils innombrables ; par la voix du poète, elle les invite à se reconnaître. Goethe leur ouvre les yeux ; qu’ils consentent enfin à prendre conscience les uns des autres ; qu’ils aient honte de se calomnier et de se haïr. Goethe, puissant Allemand, n’entend pas que l’Europe soit allemande, ni que la France ou la Chine le devienne. Pour que l’Europe soit vraiment elle-même, il faut que l’Allemagne soit le plus allemande et la France le plus française que faire se pourra : moins le mal, ici et là, moins le mépris, la violence et la haine. »

André Suarès

 

"Minuit" de Vincent Vauclin

 

L'Europe est un projet de civilisation ou elle n'est rien. À ce titre, elle implique une certaine idée de l'homme. Cette idée est à mes yeux celle d'une personne autonome et enracinée, rejetant d'un même mouvement l'individualisme et le collectivisme, l'ethnocentrisme et le libéralisme. L'Europe que j'appelle de mes vœux est donc celle du fédéralisme intégral, seul à même de réaliser de manière dialectique le nécessaire équilibre entre l'autonomie et l'union, l'unité et la diversité. C'est sur de telles bases que l'Europe devrait avoir pour ambition d'être à la fois une puissance souveraine capable de défendre ses intérêts spécifiques, un pôle de régulation de la globalisation dans un monde multipolaire, et un projet original de culture et de civilisation.

Alain de Benoist

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Organisation Socialiste Révolutionnaire Européenne

 

Site du Think-Tank EurHope

 

 

« le désir d’être libre ne procède pas de l’insatisfaction ou du ressentiment, mais d’abord de la capacité d’affirmer et d’aimer, c’est-à-dire de s’attacher à des êtres, à des lieux, à des objets, à des manières de vivre. »  George Orwell

 

 

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soldat avec groom_Giorgione

 

« Je ne parle pas pour les faibles. Ceux-ci cherchent à obéir et se précipitent partout vers l'esclavage... j'ai trouvé la force là où on ne la cherche pas, dans les simples hommes doux, sans la moindre inclinaison à dominer." Friedrich Nietzsche

 

Le dépassement du nihilisme qui caractérise les temps modernes ne pourra surgir d'un quelconque recours à l'une des idéologies du passé (communisme, fascisme) ou du présent (libéralisme), mais d'une pensée "conservatrice" qu'il devient aujourd'hui nécessaire de redéfinir. Il pourrait ainsi bien émerger d'une redéfinition radicale de l'autonomie individuelle et collective en Europe, et d'une réflexion renouvelée de ce qui fait l'homme, de l'alliance inaliénable de la transcendance et de l'immanence. Le devenir de l'être se situe dans l'éternel présent de cette dialectique à redéfinir, ainsi que dans une éternelle rencontre du passé et du futur, non dans un « autre monde possible », un idéal abstrait et prétendument plus vrai que le réel.

 

"On a pris ainsi longtemps le dessin pour l'ébauche d'une oeuvre qui, une fois achevée, le renvoyait à l'oubli et au néant. On sait que c'est faux : le dessin est déjà toute l'oeuvre, il n'y en a pas d'autre." Jean Baudrillard, Le miroir de la production, note 20 p. 143, 1973

 

Je suis animé du désir vivant et dissident de porter aussi loin que possible le coup du glaive dans le tréfonds de l'ordre moral trois fois centenaire, mais surtout aujourd'hui issu d'une subversion de la pensée européenne multimillénaire nous ayant donné à songer que nous puissions nous prendre pour des dieux. Les Lumières nous ont-elles trahis, ou aurions-nous trahi les Lumières ? Ou n'est-ce la pensée qui se serait trahie elle-même ? Si l'homme ne peut se passer de croyance, au moins a-t-il en cette époque submergée par de vaniteuses certitudes à son propos déposé dans les hauteurs du Royaume Celeste, vidé, la croyance en sa toute puissance. Mais à se croire tout-puissant, l'on en vient par la suite à se nier, à se mépriser, car "on" en oublie jusqu'à notre âme, en oubliant nos racines. Dans notre monde post-moderne, nous ne donnons à la vie que la possibilité de sa propre négation en voulant la protéger d'elle-même par la voie (ou la voix, appauvrie, du langage SMS) des idéalismes et des dogmes attachés aux antiennes de la "sainte" parole ultra-libérale.  


Il s'agit donc de comprendre que nos pensées ne sont pas neutres et que nous ne saurions nous élever sans "prendre le risque" d'avoir la conscience de ce qui fonde les supposées vertus de celles-ci : nos convictions, et ce sur quoi elles sont fondées ! L'émancipation ne peut advenir sans ce courage, cette probité, intellectuelle, sans tomber pour autant dans "l'intellectualisme" et la posture théorique. Réapprendre à penser, réapprendre à se poser et à "voir", à "lire", c'est aussi réapprendre à orienter nos pensées vers l'Être... à ne plus oublier l'Être... donc à ne plus omettre que, en tant qu'hommes, nous sommes éternellement redevables de ce qui nous fonde et nous élève.

 

Car nous sommes détenteurs, et passeurs, de la Tradition (traditio, de tradere : trans - à travers - et dare - donner) pour la continuité et pour l'avenir de laquelle s'érige face à nous, hommes conscients, socialistes conservateurs-révolutionnaires européens, héritiers des mouvements sociaux du passé, l'obligation de repenser le social, et le socialisme (de socius, ensemble, associés) à la Lumière de l'Impératif vital : promouvoir une restructuration organique et holistique, symbiotique, selon un schéma fédératif, des énergies humaines, tant économiques que culturelles et politiques, en France puis en Europe afin de retrouver la pleine puissance et maîtrise de nos agir, notre souveraineté nationale et civilisationnelle !

 

Yohann Sparfell

(nationaliste-révolutionnaire pour l'Imperium européen en devenir !)

 

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