30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 16:00
Le Watzmann – Caspar Friedrich

Le Watzmann – Caspar Friedrich

Une bonne lecture pour l'été, un ouvrage qu'il est toujours possible de se procurer sur le site des éditions Ars Magna :

 

La Quatrième théorie politique : être ou ne pas être ?

 

Par Alexandre Douguine

 

 

 

Préface à l'ouvrage La Quatrième théorie politique, La Russie et les idées politiques du XXIème siècle, ed. Ars Magna, Nantes, 2012

 

 

Aujourd'hui dans le monde domine l'impression que la politique a pris fin – du moins celle que nous connaissions. Le libéralisme a mené une lutte opiniâtre contre ses ennemis politiques proposant des recettes alternatives – le conservatisme, le monarchisme, le traditionalisme, le fascisme, le socialisme, le communisme – avant de tous les vaincre finalement au sortir du XXème siècle. Il aurait été logique de supposer que la politique deviendrait libérale et que tous les adversaires du libéralisme située à la périphérie commenceraient à repenser leurs stratégies et à constituer un nouveau front : la périphérie contre le centre (Alain de Benoist). Mais au début du XXIème tout s'est déroulé selon un tout autre scénario.

 

Le libéralisme, mettant toujours l'accent sur la minimalisation du politique, a décidé, après sa victoire, de supprimer de façon générale la politique. Vraisemblablement pour ne pas permettre la formation d'une alternative politique et rendre son règne éternel ou simplement en raison de l'épuisement de l'agenda politique dû à l'absence d'ennemis, lesquels, selon Carl Schmitt, sont nécessaires à la constitution de la position politique. Dans tous les cas, le libéralisme s'est lui-même transformé, passant du niveau des idées, des programmes politiques et des déclarations au niveau des choses et est entré dans la chair de la réalité sociale, devenue libérale, non pas d'un point de vue politique, mais d'une façon quotidienne, « naturelle ». À la suite d'un tel tournant de l'histoire, toutes les idéologies politiques qui avaient lutté férocement entre elles au cours des siècles passés ont perdu leur actualité. Le conservatisme, le fascisme et le communisme, ainsi que leurs variétés marginales ont échoué, tandis que le libéralisme, triomphant, s'est mué en la vie quotidienne, en consumérisme, individualisme, en le style postmoderne de l'être sub-politique et fragmenté. La politique est devenue biopolitique et s'est déplacé du niveau individuel au niveau sub-individuel. Il semble donc qu'aient quitté la scène non seulement les idéologie défaites, mais aussi la politique en tant que telle, y compris la politique libérale. Précisément pour cette raison, apparaît la formation d'une alternative. Les opposants au libéralisme se sont retrouvés dans une situation complexe : l'ennemi vaincu s'est évaporé, il a disparu ; on lutte contre le vide. Comment faire de la politique quand il n'y a pas de politique ?

 

Il n'existe qu'une seule solution : refuser les théories politiques classiques, tant vaincues que triomphantes, et faire preuve d'imagination, saisir les réalité du nouveau monde global, déchiffrer correctement les défis du monde postmoderne et créer quelque chose de nouveau, au-delà des affrontements politiques des XIXème et XXème siècles. Une telle approche constitue une invitation à l'élaboration d'une Quatrième théorie politique, au-delà du communisme, du fascisme et du libéralisme.

 

Pour aborder l'élaboration de cette Quatrième théorie politique, il est nécessaire :

 

    • de modifier l'interprétation de l'histoire politique des derniers siècles en adoptant de nouveaux points de vues, au-delà des cadres des clichés idéologiques habituels des vieilles idéologies ;

    • de se rendre compte de la structure profonde de la société globale apparaissant sous nos yeux ;

    • de déchiffrer correctement le paradigme de l'époque post-moderne ;

    • d'apprendre à s'opposer non pas à une idée politique, à un programme ou à une stratégie, mais à l'état des choses « objectif », au tissu social apolitique même de la (post-)société fracturée ;

    • enfin, de bâtir un modèle politique autonome proposant une voie et un projet dans le monde d'impasses et du recyclage infini de l'existant (la post-histoire, selon J. Baudrillard).

 

Le présent ouvrage est consacré notamment à cela et à l'élaboration d'une Quatrième théorie politique à travers l'examen des trois premières théories politiques, ainsi qu'aux idéologies s'en approchant, le national-bolchevisme et l'eurasisme. Il ne s'agit pas d'un dogme, pas plus que d'un système fini, d'un projet déjà prêt. Il s'agit d'une invitation à la création politique, à l'exposé des intuitions et des conjectures, à l'analyse des nouvelles conditions, il s'agit enfin d'une tentative de réinterprétation du passé.

 

Nous concevons la Quatrième théorie politique non pas comme un travail ou une saga d'auteur, mais comme la direction d'un large spectre d'idées, d'études, d'analyses, de prévisions et de projets. Tout individu pensant dans cette optique peut y apporter quelque chose de soi. D'une manière ou d'une autre, un nombre croissant de nouveaux intellectuels, de philosophes, de scientifiques et de penseurs répondent à cet appel.

 

Il est symptomatique que le livre du grand intellectuel français Alain de Benoist, Contre le libéralisme, paru en russe aux éditions Amphore, ait pour sous-titre Vers une Quatrième théorie politique. Il est probable que tant ceux qui se considéraient à droite, que ceux qui se considéraient à gauche ainsi que, probablement, les libéraux eux-mêmes tenant compte du changement qualitatif de leur plate-forme politique d'où la politique s'évapore, auront beaucoup à dire sur ce sujet.

 

Pour notre pays, la Quatrième théorie politique revêt, entre autres choses, une signification pratique considérable. L'intégration à la communauté globale est vécue par la plupart des Russes comme un drame, comme une perte d'identité. Dans les années 1990, l'idéologie libérale s'est vue presque totalement rejetée par la population. Toutefois, d'autre part, l'intuition suggère que le retour aux idéologies politiques non libérales du XXème siècle – le communisme et le fascisme – apparaît peu probable dans notre société, ces idéologies elles-mêmes s'étant déjà avérées inaptes à résister au libéralisme au cours de l'histoire, sans même mentionner le coût moral du totalitarisme.

 

C'est pourquoi, pour combler le vide, la Russie a besoin d'une nouvelle idée politique. Le libéralisme ne convient pas, tandis que le communisme et le fascisme sont inacceptables. Donc, nous avons besoin d'une Quatrième théorie politique. Et si, pour certains, il s'agit d'une question de libre choix, de réalisation de la volonté politique, qui peut toujours être orientés tant vers l'affirmation que vers la négation, pour la Russie il s'agit d'une question de vie ou de mort, d'une question hamlétienne. [il n'est pas dit que ce ne soit pas le cas aussi en Europe désormais, toute proportion gardée eu égard sa spécificité civilisationnelle et historique ! Note :IL]

 

Si la Russie choisit « d'être », cela signifie automatiquement créer une Quatrième théorie politique. Dans le cas contraire, il reste à « ne pas être » et à sortir lentement de l'arène historique, à se fondre dans un monde crée et dirigé par d'autres que nous.

Alexandre Douguine

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Published by Yohann Sparfell - chevalier de Bretagne - dans Autres auteurs

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Il ne s'agit pas de tuer la liberté individuelle mais de la socialiser

Pierre-Joseph Proudhon

Ce n'est pas autour des inventeurs de fracas nouveaux, c'est autour des inventeurs de valeurs nouvelles que gravite le monde ; il gravite en silence

F. Nietzsche

 

 

Friedrich Nietzsche

 

« La véritable Europe est un accord et non l’unisson. Goethe tient pour toutes les variétés et toutes les différences : l’esprit qui interprète la nature ne peut pas se donner une autre règle ni un autre jugement. Il n’est d’Europe que dans une harmonie assez riche pour contenir et résoudre les dissonances. Mais l’accord d’un seul son, fût-ce à des octaves en nombre infini, n’a aucun sens harmonique. Pour faire une Europe, il faut une France, une Allemagne, une Angleterre, une Espagne, une Irlande, une Suisse, une Italie et le reste. »

« Dans Goethe, l’Europe est une mère aux fils innombrables ; par la voix du poète, elle les invite à se reconnaître. Goethe leur ouvre les yeux ; qu’ils consentent enfin à prendre conscience les uns des autres ; qu’ils aient honte de se calomnier et de se haïr. Goethe, puissant Allemand, n’entend pas que l’Europe soit allemande, ni que la France ou la Chine le devienne. Pour que l’Europe soit vraiment elle-même, il faut que l’Allemagne soit le plus allemande et la France le plus française que faire se pourra : moins le mal, ici et là, moins le mépris, la violence et la haine. »

André Suarès

 

"Minuit" de Vincent Vauclin

 

L'Europe est un projet de civilisation ou elle n'est rien. À ce titre, elle implique une certaine idée de l'homme. Cette idée est à mes yeux celle d'une personne autonome et enracinée, rejetant d'un même mouvement l'individualisme et le collectivisme, l'ethnocentrisme et le libéralisme. L'Europe que j'appelle de mes vœux est donc celle du fédéralisme intégral, seul à même de réaliser de manière dialectique le nécessaire équilibre entre l'autonomie et l'union, l'unité et la diversité. C'est sur de telles bases que l'Europe devrait avoir pour ambition d'être à la fois une puissance souveraine capable de défendre ses intérêts spécifiques, un pôle de régulation de la globalisation dans un monde multipolaire, et un projet original de culture et de civilisation.

Alain de Benoist

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Organisation Socialiste Révolutionnaire Européenne

 

Site du Think-Tank EurHope

 

 

« le désir d’être libre ne procède pas de l’insatisfaction ou du ressentiment, mais d’abord de la capacité d’affirmer et d’aimer, c’est-à-dire de s’attacher à des êtres, à des lieux, à des objets, à des manières de vivre. »  George Orwell

 

 

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soldat avec groom_Giorgione

 

« Je ne parle pas pour les faibles. Ceux-ci cherchent à obéir et se précipitent partout vers l'esclavage... j'ai trouvé la force là où on ne la cherche pas, dans les simples hommes doux, sans la moindre inclinaison à dominer." Friedrich Nietzsche

 

Le dépassement du nihilisme qui caractérise les temps modernes ne pourra surgir d'un quelconque recours à l'une des idéologies du passé (communisme, fascisme) ou du présent (libéralisme), mais d'une pensée "conservatrice" qu'il devient aujourd'hui nécessaire de redéfinir. Il pourrait ainsi bien émerger d'une redéfinition radicale de l'autonomie individuelle et collective en Europe, et d'une réflexion renouvelée de ce qui fait l'homme, de l'alliance inaliénable de la transcendance et de l'immanence. Le devenir de l'être se situe dans l'éternel présent de cette dialectique à redéfinir, ainsi que dans une éternelle rencontre du passé et du futur, non dans un « autre monde possible », un idéal abstrait et prétendument plus vrai que le réel.

 

"On a pris ainsi longtemps le dessin pour l'ébauche d'une oeuvre qui, une fois achevée, le renvoyait à l'oubli et au néant. On sait que c'est faux : le dessin est déjà toute l'oeuvre, il n'y en a pas d'autre." Jean Baudrillard, Le miroir de la production, note 20 p. 143, 1973

 

Je suis animé du désir vivant et dissident de porter aussi loin que possible le coup du glaive dans le tréfonds de l'ordre moral trois fois centenaire, mais surtout aujourd'hui issu d'une subversion de la pensée européenne multimillénaire nous ayant donné à songer que nous puissions nous prendre pour des dieux. Les Lumières nous ont-elles trahis, ou aurions-nous trahi les Lumières ? Ou n'est-ce la pensée qui se serait trahie elle-même ? Si l'homme ne peut se passer de croyance, au moins a-t-il en cette époque submergée par de vaniteuses certitudes à son propos déposé dans les hauteurs du Royaume Celeste, vidé, la croyance en sa toute puissance. Mais à se croire tout-puissant, l'on en vient par la suite à se nier, à se mépriser, car "on" en oublie jusqu'à notre âme, en oubliant nos racines. Dans notre monde post-moderne, nous ne donnons à la vie que la possibilité de sa propre négation en voulant la protéger d'elle-même par la voie (ou la voix, appauvrie, du langage SMS) des idéalismes et des dogmes attachés aux antiennes de la "sainte" parole ultra-libérale.  


Il s'agit donc de comprendre que nos pensées ne sont pas neutres et que nous ne saurions nous élever sans "prendre le risque" d'avoir la conscience de ce qui fonde les supposées vertus de celles-ci : nos convictions, et ce sur quoi elles sont fondées ! L'émancipation ne peut advenir sans ce courage, cette probité, intellectuelle, sans tomber pour autant dans "l'intellectualisme" et la posture théorique. Réapprendre à penser, réapprendre à se poser et à "voir", à "lire", c'est aussi réapprendre à orienter nos pensées vers l'Être... à ne plus oublier l'Être... donc à ne plus omettre que, en tant qu'hommes, nous sommes éternellement redevables de ce qui nous fonde et nous élève.

 

Car nous sommes détenteurs, et passeurs, de la Tradition (traditio, de tradere : trans - à travers - et dare - donner) pour la continuité et pour l'avenir de laquelle s'érige face à nous, hommes conscients, socialistes conservateurs-révolutionnaires européens, héritiers des mouvements sociaux du passé, l'obligation de repenser le social, et le socialisme (de socius, ensemble, associés) à la Lumière de l'Impératif vital : promouvoir une restructuration organique et holistique, symbiotique, selon un schéma fédératif, des énergies humaines, tant économiques que culturelles et politiques, en France puis en Europe afin de retrouver la pleine puissance et maîtrise de nos agir, notre souveraineté nationale et civilisationnelle !

 

Yohann Sparfell

(nationaliste-révolutionnaire pour l'Imperium européen en devenir !)

 

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