19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 19:03
Fondation de l'ordre de l'Aigle Noir – Antoine Pesne

Fondation de l'ordre de l'Aigle Noir – Antoine Pesne

Flos et Robur, les conditions d'une véritable élite européenne

 

 

 

Il se trouve dans des lieux sombres et occultes de l' « empire » de l'utilitarisme et de la déraison, tel le Pentagone américain, de prétendues élites qui s'efforcent de prédire l'avenir à grands renforts de calculs savants et de modélisations. S'ils pensent pouvoir, au travers l'art de la prédiction, devenir les maîtres du monde, c'est qu'il est un point de détail qu'ils semblent avoir omis : les plus puissants ordinateurs au monde ne pourront donner plus que ce que l'esprit borné de leurs concepteurs n'est capable de concevoir, ou du moins ceux-ci n'en pourront tirer que ce qu'ils sont capables d'en attendre du plus profond d'eux-mêmes. Les résultats les plus importants de cette nouvelle science qu'est l'ingénierie sociale, sur laquelle se reposent les espoirs les plus fous des décideurs du postmodernisme ultra-financiarisé, ne représentent en effet que l'image, exceptionnellement élargie et déformée, d'une certaine conception de l'homme, mais donnant l'impression d'un accroissement de perspectives. Cette direction vers laquelle tend la recherche sur un homme-machine dont les nouveaux préjugés l'ont rendu prédictible et manipulable à souhait, est le symptôme de la décadence de l'esprit qui illustre l'état mental des élites actuelles. Celles-ci ne deviennent-elles pas en effet les instruments de leurs propres projections démiurgiques, de leurs rêves façon docteur Folamour de fabriquer de toute pièce un monde entièrement conçu en prévision de l'avènement futur de la domination totale des multinationales et de l'hyper-finance ?

Ces élites assoient donc leur domination sur leur prétendue aptitude à prédire un futur déterminé en fonction de leurs intérêts. En cela, leur supériorité, toute conjoncturelle, est déterminée par leur maîtrise d’outils, informatiques et scientifiques entre autres, susceptibles de leur fournir en permanence une longueur d’avance sur la « société civile ». Elle dépend par conséquent d’une exploitation sans limite de l’expertise, matérialisée par les spécialistes en tout genre et par une caste de techniciens et de gestionnaires de haut niveau, ainsi que de la soumission « volontaire » des individus massifiés qui doivent être maintenus dans l’état de pouvoir lui assurer la base de son déploiement dans l’ensemble du monde dit « civilisé » - le tout ne saurait se passer du consumérisme.

Mais, d’autant plus dans une société hyper-connectée où les informations circulent vite et bien – puisque cela est d’ailleurs la condition du fonctionnement du « système » dépendant de plus des plus des flux monétaires -, il est difficile de cacher la raison primordiale de cette domination des élites dans notre monde postmoderne : l’intérêt individuel et la soif de pouvoir liée à celle de l’argent. Et c’est ce regard que porte de plus en plus d’individus sur les élites postmodernes que celui qui décèle naturellement cette antinomie entre d’une part des vies méprisées qui n’ont plus prise sur le réel et qui peinent à trouver un sens, et d’autre part une classe de dominants dont l’unique but est de maintenir cette domination pour des raisons qui échappent à tout sens commun. La ruse employée à maintenir et accroître leur domination, de la part de ces « élites », les actes mus par le seul calcul d'une volonté d'hégémonie de plus en plus apparente aux yeux des masses, engendre en retours un sentiment de mépris et d'aversion envers « ceux qui tirent les ficelles » et qui tendent à rendre la vie quotidienne des peuples plus incertaine et précaire qu'elle ne le fut jamais, du point de vue d'une atomisation des individus telle qu'elle se présente de nos jours. Ce sentiment, dont on ne peut douter un seul instant de sa légitimité, n'en accentue pas moins pour autant le désordre dans lequel s'enfonce peu à peu le monde occidentalisé. Reste alors à imaginer comment pourrait-on prendre le contre-pied d'une telle dégénérescence.

 

L'organe des élites, élément central de l'Ordre

 

Le sentiment d'impuissance qui caractérise l'époque postmoderne n'est pas tant à mettre à l'actif des « élites » qui s'en font les ordonnateurs et les mercenaires, que justement de l'image quelque peu confuse qu'ils se donnent d'eux-mêmes. Ils ont tellement confondu le devoir des plus aptes à se mettre en avant afin de briller sur l'ensemble de la société et lui apporter un esprit de confiance, voire d'aventure, avec une sorte d'ambition malsaine et opportuniste, que le sentiment des masses à leur égard s'épuise dans le mépris et le dégoût. Nul ne pourrait prétendre aujourd'hui à ce que nous soyons bien dirigés. Il s'avère que l'on sent transparaître par les pores de leurs propos une malséance qui ne pourrait que fort mal inspirer le besoin de bien commun que recherche instinctivement les peuples. Les mots par eux prononcés tintent tels des chiffres le long de phrases résonnant comme des lignes de programmes informatiques. Ils sont rongés par l'esprit du calcul et de l'unique devoir de retour à l'investissement !

Mais si nous nous offusquons de leurs attitudes et leurs convoitises, c'est que nous ressentons encore l'exigence de nous référer à plus haut que nous. Il nous est naturel d'avoir à dessein de suivre la voie ouverte par les plus capables d'entre nous ; nous ne pourrions à long terme nous consacrer à gouverner plus que nous-mêmes et notre univers intime, et au-delà, il nous est infiniment rassurant de pouvoir donner notre confiance. Non pas que nous ne serions pas aptes à nous impliquer par-delà notre quotidienneté - les révolutions passées l'ont tant prouvé - mais ce ne pourrait être que de façon exceptionnelle, lorsque nous ressentons en nous un certain devoir de nous impliquer davantage, lorsqu'il nous paraît urgent de communier à une nouvelle définition du bien commun. Mais nous savons intuitivement que les destins ne sont pas semblables ni égaux, et que les plus hauts d'entre-eux sont portés par les êtres d'exception ; des êtres qui ont donc un lourd fardeau sur leurs épaules !

C'est que les élites, sorties mais non extraites des communautés vivantes et sûr d'elles-mêmes, portent les valeurs qui leur ont été confiées. Ces valeurs peuvent être débattues, remises en question ou au goût du jour par l'ensemble des membres de la communauté, il appartiendra toujours à quelques personnes parmi les mieux achalandées psychologiquement et intellectuellement de tenir rigueur du rôle hautain et ingrat qui leur incombe moralement. Elles participent ainsi à ce principe ancré dans notre tradition européenne, mais trop peu appliquée aujourd'hui, de subsidiarité à tous les échelons et notre inclination à la liberté. Elles se voient confiées un devoir à un niveau plus élevé que celui d'où elles s'inspirent pourtant, afin de l'accomplir avec foi envers les « symboles sacrés » de chaque communauté dont elles se font ainsi les gardiennes.

Les élites véritables, selon un schéma fédéraliste, s'intègrent dans une structure hiérarchique au sein de laquelle s'accroît la pesanteur à mesure que l'on gravit les échelons de la représentativité. Ainsi, lorsque l'on s'approche du jus majestatis – droit de souveraineté – on ressent implicitement ce sentiment profond d'être de plus en plus attiré par ses devoirs envers l'ensemble des communautés que l'on représente. Les élites, serviteurs des peuples et des personnes les composant, quoi de plus étrange dans un monde façonné par la réussite individuelle ?

 

Élites contre élitisme

 

À la lecture de ce qui précède, comment ne pas ressentir un malaise suscité par la profondeur inconvenante du fossé qui nous sépare d'un tel Ordre, peut-on dire, idéal ? Les « élites » des temps postmodernes ont endossé le manteau néfaste d'un tout autre « ordre » : celui d'un ordre oligarchique reposant sur l'accumulation sans fin de toujours plus d'argent et de pouvoir. Leur vénération n'est plus attachée à la force des communautés qui les a porté par naïveté et habitude, mais au numéraire, à la toute puissance des chiffres et à l'illusion et de la quantité et de l'idée.

De nos jours, nous avons affaire à des gestionnaires. Il est aussi absurde de parler à leur égard de mission ; ne devrions-nous pas faire mention à propos de ce qui leur est attribué, d'objectifs, et rien que de cela ? Leur « légitimité » repose sur des résultats quantifiables économiquement et, puisqu'une valeur abstraite, exprimable en chiffres, ne préfigure rien d'autre que d'autres valeurs du même genre à venir, il a bien fallut qu'ils s'installent dans la légalité : et ainsi se protéger des incertitudes liées à leur temps ! Ainsi, peu à peu, s'est créé une Nouvelle Classe dont on ne peut déclarer qu'elle fusse plus noble, bien sûr, mais ô combien plus douée à faire passer leurs intérêts bien avant celui des communautés désarticulées qui leur servent de prétexte.

Les « élites » des temps postmodernes travaillent pour la pérennité de l' « ordre » qu'elles instaurent pour elles-mêmes, pour leur grand avantage et celui d'un système qui les maintient en leur, et son, pouvoir. En vertu de ce principe, elles se sont dissociées du monde indifférencié où grouille la masse des individus déresponsabilisés et déracinés. Elles sont un monde, à part, solitaire, séparé, vaniteux et ordonné à une seule et même logique : celle du déploiement d'une idéologie faisant de la vie en son entièreté un matériau à modeler selon l'impératif accumulatif et technicien. Elles se veulent les modèles d'une « raison » tyrannique au nom de laquelle elles se sont séparées de tous instincts « inutiles », de toute force de vie inhérente à l'être, au devenir incertain ; elles se veules ! La prédiction est pour elles une fausse lumière qui peine à éclairer l'obscurité dans laquelle elles s'enfoncent pourtant : cette obscurité est une négation de la vie, l'empire d'une raison illusoire qui ne partage plus avec le « monde » que ses propres desseins, autant dire qu'elles nient le monde dans ce qu'il a de plus incertain et de plus vrai. L'accroissement de leur pouvoir vil est en réalité une immobilité par laquelle elles se rassurent. Cet entre-soi familier de leur « monde dans les airs » incline à l'élitisme, à la sélection, non point à l'élection !

Tout autre sont ce que l'on peut nommer les vrais élites. Celles-ci au contraire de celles-là restent dans un rapport organique avec les communautés. Elles y sont liées par, non point un contrat consacrant une défiance, mais un devoir, un honneur consacrant la confiance : leur honneur consiste en s'honorer d'une tâche par laquelle l'ensemble de la communauté prête foi à ceux et celles qui, parmi elle, sont les plus capables de l'accomplir.

 

Flos et Robur

 

Ce qu'il y a de meilleur et de plus fort au sein d'une communauté, cela se doit d'être au service suprême de celle-ci. Ce qu'il y a de meilleur et de plus fort doit rester lié par un serment engageant les êtres supérieurs à servir selon l'espérance de la communauté toute entière. La Patrie est un liant qui unit horizontalement aussi bien que verticalement. Si elle unit dans une même « identité » – ou devrais-je dire, une même ipséité tant l'identité se définit à rebours de l'histoire - les êtres qui s'assemblent selon un même destin, elle doit aussi unir ses élites à ceux qui les mandatent dans un rapport qui ne peut être que de confiance et de fidélité.

La puissance des élites se nourrit par conséquent de l'enracinement des peuples et des communautés qui leur donnent, non point l'opportunité, mais le devoir de pouvoir user de la force de la vitalité organique de la « base » tout en l'élevant vers la pleine lumière de la conscience et de l'Ordre. Celui-ci n'est pas une contrainte déterminant arbitrairement en fonction de mobiles inavouables quel devrait être la place de chacun, mais la Justice en ce qu'elle garantit que le bon sens commun puisse être appliqué en tout temps et en tout lieu. Le Bien commun est ce par quoi la communauté ordonne l'être, et la garantie qu'elle puisse pérenniser cette « identité » et son rapport singulier au monde s'incarne dans ses éléments les plus aptes à porter le fardeau de ses tâtonnements.

Car toute communauté contient en elle-même et en même temps l'esprit aventureux et le besoin d'éternité. Elle ne saurait être régulée par un déterminisme qui tuerait en elle toute vitalité, toute créativité véritable. L'esprit de calcul qui maintient l'être dans une posture craintive vis-à-vis de l'avenir, dans une peur liée à l'avoir et à ses incertitudes, génèrent des pseudo-élites accaparatrices qui ne désirent plus que garantir pour eux-mêmes. Dans une communauté un tant soit peu harmonieuse, la vitalité et la sécurité ne forment pas ensemble ce que l'on interprète aujourd'hui comme un « système » et qui en réalité galvaude le sens de ces deux notions. L'une et l'autre sont les moteurs du devenir de la communauté, tout comme de sa pérennité par nécessité, et les élites en sont les incarnations et donc les garants. Il n'y a alors rien de séparé mais bel et bien une continuité. Tout comme celle qui caractérise les liens intimes au sein d'un organisme telle l'architecture humaine que représente la communauté et l'organisation des communautés entre elles. Les élites peuvent alors être perçues comme le cerveau chez l'homme, organe coordinateur et décisionnel, tout autant que serviteur des passions issues de la foisonnante vitalité d'un organisme sein.

En enfermant les communautés dans une normalisation et une quotidienneté écartelée entre les rêves précaires et l'ennui suicidaire, les élites ploutocratiques ont étouffé la réelle créativité et imposé un dogme centré sur une liberté illusoire, et donc inatteignable. Les seules « incitations » qui émanent de tels « élites » coupées des peuples sont celles qui engagent à suivre un chemin tracé par avance vers l'horizon glauque d'une vie robotisée. L'excellence et la force de caractère y sont à proscrire, car dangereuses selon de telles âmes insatiables et corrompues. Elles en ont d'ailleurs une interprétation visant à n'en faire que les unités de mesure d'une prédisposition à la domination totalitaire.

A contrario, l'avenir de l'Europe repose bien plutôt sur la capacité qu'auront les communautés la constituant de pouvoir reconnaître en elles ses propres élites, ainsi qu'à définir aussi précisément que possible les prérogatives et limites de leurs missions, et au préalable, de leur ascension. Cela dépend pour tout dire de la motivation à vouloir élever les regards, de l'aptitude de la part des communautés humaines qui ne vont pas forcément de soi, « naturellement », de se donner un sens par ce que l'on peut alors nommer, noblement, politique. Il s'agit en d'autres termes d'une volonté recouvrée de créer des valeurs, et de les faire vivre dans la durée ; ce qui est tout le contraire d'une vision à court terme motivée par les jeux d'intérêts issus des rencontres fortuites des spectres hantant les sociétés abîmées.

Certes, prévoir et calculer est légitime pour tout groupe humain au travers de leurs élites. Mais encore est-il nécessaire de préciser aussitôt qu'il ne peut être fondé de prévoir que sur le long terme à mesure que l'on s'élève sur l'échelle du mérite, tout comme il ne peut être justifié de calculer qu'afin de permettre de garantir l'harmonie du monde. La vocation des véritables élites ne saurait se confondre avec l'avilissement de l'esprit spécifiquement utilitariste et rationaliste des fausses élites. L'oligarchie s'accapare d'une légalité faite en réalité pour elle-même afin d'accroître et d'assurer la quantité de ses gains. Pour séparée qu'elle se tient de la « populace », elle n'en s'immisce pas moins dans la vie de chacun dans le dessein d'en contrôler toute potentialité, ou prétendue dangereusité. L'asservissement à leur cause commune catégorielle des âmes de ce monde, hommes, animaux et autres, emporte le monde vers l'absurde et le non-sens. Les élites européennes du futur devront être les mémoires du sens que se seront donnés les peuples européens. Elles auront également pour tâche d'être les « axes » spirituels, les centres d'autorité, autours desquels, à chacune des strates de l'ordonnancement subsidiaire, se déploie le devenir des communautés humaines. Mais en tout premier lieu, elles devront inciter au sein des communautés à la maturation des âmes afin que nous puissions nous séparer de cette logique techniciste qui nous enjoint contre notre « naturelle » volonté à nous insérer au processus morbide du capitaliste mondialisé et transhumaniste.

 

Yohann Sparfell

Flos et Robur, les conditions d'une véritable élite européenne

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Published by Yohann Sparfell - chevalier de Bretagne - dans Textes de critiques et réflexions

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  • : In limine
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  • : Recherche philosophique et métapolitique, mise en œuvre "aristocratique" de la pensée, d'un socialisme conservateur-révolutionnaire européen inspirée de J. Althusius, F. Nietzsche, P.J. Proudhon, G. Sorel, G. Landauer, E. Jûnger, G. Orwell, S. Weil, C Preve, J. Clark, A. de Benoist, etc... Membre de l'Organisation Socialiste Révolutionnaire Européenne.
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Pour un "empire" socialiste européen !

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Il ne s'agit pas de tuer la liberté individuelle mais de la socialiser

Pierre-Joseph Proudhon

Ce n'est pas autour des inventeurs de fracas nouveaux, c'est autour des inventeurs de valeurs nouvelles que gravite le monde ; il gravite en silence

F. Nietzsche

 

 

Friedrich Nietzsche

 

« La véritable Europe est un accord et non l’unisson. Goethe tient pour toutes les variétés et toutes les différences : l’esprit qui interprète la nature ne peut pas se donner une autre règle ni un autre jugement. Il n’est d’Europe que dans une harmonie assez riche pour contenir et résoudre les dissonances. Mais l’accord d’un seul son, fût-ce à des octaves en nombre infini, n’a aucun sens harmonique. Pour faire une Europe, il faut une France, une Allemagne, une Angleterre, une Espagne, une Irlande, une Suisse, une Italie et le reste. »

« Dans Goethe, l’Europe est une mère aux fils innombrables ; par la voix du poète, elle les invite à se reconnaître. Goethe leur ouvre les yeux ; qu’ils consentent enfin à prendre conscience les uns des autres ; qu’ils aient honte de se calomnier et de se haïr. Goethe, puissant Allemand, n’entend pas que l’Europe soit allemande, ni que la France ou la Chine le devienne. Pour que l’Europe soit vraiment elle-même, il faut que l’Allemagne soit le plus allemande et la France le plus française que faire se pourra : moins le mal, ici et là, moins le mépris, la violence et la haine. »

André Suarès

L'Europe est un projet de civilisation ou elle n'est rien. À ce titre, elle implique une certaine idée de l'homme. Cette idée est à mes yeux celle d'une personne autonome et enracinée, rejetant d'un même mouvement l'individualisme et le collectivisme, l'ethnocentrisme et le libéralisme. L'Europe que j'appelle de mes vœux est donc celle du fédéralisme intégral, seul à même de réaliser de manière dialectique le nécessaire équilibre entre l'autonomie et l'union, l'unité et la déversité. C'est sur de telles bases que l'Europe devrait avoir pour ambition d'être à la fois une puissance souveraine capable de défendre ses intérêts spécifiques, un pôle de régulation de la globalisation dans un monde multipolaire, et un projet original de culture et de civilisation.

Alain de Benoist

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Organisation Socialiste Révolutionnaire Européenne

 

« le désir d’être libre ne procède pas de l’insatisfaction ou du ressentiment, mais d’abord de la capacité d’affirmer et d’aimer, c’est-à-dire de s’attacher à des êtres, à des lieux, à des objets, à des manières de vivre. »  George Orwell

 

Alexandre Douguine 

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« Je ne parle pas pour les faibles. Ceux-ci cherchent à obéir et se précipitent partout vers l'esclavage... j'ai trouvé la force là où on ne la cherche pas, dans les simples hommes doux, sans la moindre inclinaison à dominer." Friedrich Nietzsche

 

Le dépassement du nihilisme qui caractérise les temps modernes ne pourra surgir d'un quelconque recours à l'une des idéologies du passé (communisme, fascisme) ou du présent (libéralisme), mais d'une pensée "conservatrice" qu'il devient aujourd'hui nécessaire de redéfinir. Il pourrait ainsi bien émerger d'une redéfinition radicale de l'autonomie individuelle et collective en Europe, et d'une réflexion renouvelée de ce qui fait l'homme, de l'alliance inaliénable de la transcendance et de l'immanence. Le devenir de l'être se situe dans l'éternel présent de cette dialectique à redéfinir, ainsi que dans une éternelle rencontre du passé et du futur, non dans un « autre monde possible », un idéal abstrait et prétendument plus vrai que le réel.

 

"On a pris ainsi longtemps le dessin pour l'ébauche d'une oeuvre qui, une fois achevée, le renvoyait à l'oubli et au néant. On sait que c'est faux : le dessin est déjà toute l'oeuvre, il n'y en a pas d'autre." Jean Baudrillard, Le miroir de la production, note 20 p. 143, 1973

 

Je suis animé du désir vivant et dissident de porter aussi loin que possible le coup du glaive dans le tréfonds de l'ordre moral, peut-être deux fois millénaires, soit ! mais surtout aujourd'hui issu d'une subversion de la pensée européenne multimillénaire nous ayant donné à songer que nous puissions nous prendre pour des dieux. Les Lumières nous ont-elles trahis, ou aurions-nous trahi les Lumières ? Ou n'est-ce la pensée qui se serait trahie elle-même ? Si l'homme ne peut se passer de croyance, au moins a-t-il en cette époque submergée par de vaniteuses certitudes à son propos déposé dans les hauteurs du Royaume Celeste, vidé, la croyance en sa toute puissance. Mais à se croire tout-puissant, l'on en vient par la suite à se nier, à se mépriser, car "on" en oublie jusqu'à notre âme, en oubliant nos racines. Dans notre monde post-moderne, nous ne donnons à la vie que la possibilité de sa propre négation en voulant la protéger d'elle-même par la voie (ou la voix, appauvrie, du langage SMS) des idéalismes et des dogmes attachés aux antiennes de la "sainte" parole ultra-libérale.  


Il s'agit donc de comprendre que nos pensées ne sont pas neutres et que nous ne saurions nous élever sans "prendre le risque" d'avoir la conscience de ce qui fonde les supposées vertus de celles-ci : nos convictions, et ce sur quoi elles sont fondées ! L'émancipation ne peut advenir sans ce courage, cette probité, intellectuelle, sans tomber pour autant dans "l'intellectualisme" et la posture théorique. Réapprendre à penser, réapprendre à se poser et à "voir", à "lire", c'est aussi réapprendre à orienter nos pensées vers l'Être... à ne plus oublier l'Être... donc à ne plus omettre que, en tant qu'hommes, nous sommes éternellement redevables de ce qui nous fonde et nous élève.

 

Car nous sommes détenteurs, et passeurs, de la Tradition (traditio, de tradere : trans - à travers - et dare - donner) pour la continuité et pour l'avenir de laquelle s'érige face à nous, hommes conscients, conservateurs révolutionnaires européens, héritiers des mouvements sociaux du passé, l'obligation de repenser le social, et le socialisme (de socius, ensemble, associés) à la Lumière de l'Impératif vital : promouvoir une restructuration organique et holistique, symbiotique, selon un schéma confédéraliste, des énergies humaines, tant économiques que culturelles et politiques, en Europe afin de retrouver la pleine puissance et maîtrise de nos agir !

 

Yohann Sparfell

(partisan du socialisme conservateur-révolutionnaire européen, de l'écologie social et du communisme national communautaire)

 

 

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