19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 19:58
Pollice Verso – Jean-Léon Gérome

Pollice Verso – Jean-Léon Gérome

La concurrence, un facteur d'évolution ?

 

 

 

Concurrence : « Fait de se trouver en opposition, le plus souvent d'intérêt dans la poursuite d'un même but, chacun visant à supplanter son rival »1.

 

En quoi serait-il permis de douter que la concurrence puisse être le facteur principal de l'évolution ? Par évolution, nous entendons le développement de l'humanité – volutum, de evolvere (dérouler, dégager les potentialités de son humanité de la gangue de l'animalité) - : l'humanisation de l'animal humain. En guise de première partie de la réponse, on peut dire que cet instinct, pour émulateur qu'il soit en faveur de l'accomplissement de l'individualité, n'en engage pas moins une certaine « crispation » - pour reprendre un terme à la mode - identitaire, individuelle et collective.

Par là nous affirmons que la notion d'identité ne recouvre pas seulement la nécessité d'une persistance dans le temps de ce qui réalise la singularité d'une personne ou d'une communauté, mais qu'elle implique aussi ce qui peut en paraître comme d'une conséquence : un retranchement dans les frontières de son « moi » et une sublimation du Même. Par conséquent, et parce que la concurrence se déploie en se nourrissant du sentiment profond de l'identité, d'une identité mimétique, elle se doit, au sein d'une communauté justement constituée, d'être contre-balancée par une autre tendance humaine : la solidarité.

 

Solidarité : « Devoir moral, résultant de la prise de conscience de l'interdépendance sociale étroite existant entre les hommes ou dans des groupes humains, et qui incite les hommes à s'unir, à se porter entraide et assistance réciproque et à coopérer entre eux, en tant que membres d'un même corps social »2

 

À ce niveau de la discussion il nous faut donc faire référence à ce qui rend possible, non pas l'expression tyranniquement majoritaire de l'un ou l'autre de ces instincts, mais une dynamique engendrée par leur rapport dialectique, c'est-à-dire la politique. La politique est idéalement ce qui rend donc possible l'équilibre entre la concurrence et la solidarité, l'expression de l'identité et du sentiment d'appartenance à une communauté d'origine ou élective, l'héroïsme et la mesure. Nous ressentons d'ailleurs profondément le lien qui unit ces deux principes dans l'organisation d'une communauté, et le danger qu'il y aurait à privilégier l'un au dépend de l'autre. La politique, entendue par conséquent selon le sens que lui donnait par exemple les Grecs d'Athènes, ouvrait la voie à une potentialité essentiellement humaine, et qui consiste en un pouvoir contenu en l'homme, celui de repousser toujours plus loin les limites de son humanité et de la grandeur de sa communauté.

L' « identitarisme » effrénée stimulé par un esprit, non-contenu par la confrontation et l'ouverture politiques, de la concurrence tend à empêcher la véritable créativité et l'expérimentation sociale liées au génie humain et à son sens du bien commun. Elle incline à ce penchant dangereux en donnant la prééminence à l'économie – activité en principe liée à la sphère privée – au dépend du politique – entité liée à la sphère publique. Un déséquilibre s'instaure alors entre d'une part, la naturalité de l'homme, ses capacités intrinsèques, son possibilités « naturelles » à même de lui donner meilleure chance selon les impératifs de la concurrence - et fort souvent ceux protégeant les intérêts particuliers - et, d'autre part, le désir contenu en lui de son auto-accomplissement, son dépassement de soi, l'élévation de son humanité au service de sa communauté. Ce déséquilibre s'opère en faveur d'une contrainte, qui est celle d'une nécessaire adaptation aux conditions naturelles de la concurrence, et en défaveur de la puissance, entendue comme résultante des conditions de l'autonomie individuelle et communautaire.

La concurrence stimule donc un détachement par rapport à la vie communautaire, un recentrage sur soi et ses intérêts immédiats. Libérée de l'encadrement de la politique, laissée à elle-même, la concurrence incite à une régression vers la sphère privée. Elle en devient ainsi la servante de l'économie, ou plus exactement de l' économisme », qui trouve par l'intermédiaire de sa prise de pouvoir sur la communauté au détriment de la politique régulatrice, un excellent moyen de renforcer son emprise idéologique.

 

La concurrence, transformée en instrument idéologique d'une prise de pouvoir tyrannique – en l'occurrence en notre époque, d'une vision monolithique et évolutionniste du monde et de l'homme, à consonance messianiste – au service de l'économisme et des impératifs de la machinerie capitalo-financière, ne peut donc que déséquilibrer dangereusement les communautés humaines, voire les anéantir par l'action accumulée de ses membres infra-individualisés – d'un individualisme vulgaire et rétrograde. Le rééquilibrage de l'action publique, dialogique, par excellence, c'est-à-dire la politique au sein de l'Agora, est aujourd'hui une nécessité impérieuse afin de redonner à l'humanité une ouverture indispensable vers l'ensemble des potentialités qui s'offrirait à elle une fois débarrassé du carcan idéologique libéral. C'est tout le but d'un combat qui se veut d'abord et avant tout culturel.

Ce combat se doit d'être engagé contre les avatars pernicieux des communautés originelles moribondes, des communautés de remplacement destinées à contre-balancer les effets perverses de la perte d'appartenance due à la dictature cosmopolitiste libérale et capitaliste. Face à cela, la politique dialogique, âme de l'Agora et de la sphère publique, devra redevenir le moyen, et même l'Art, de contrer l'influence omnipotente de l'esprit despotique de la concurrence généralisée. Elle doit même en devenir le moyen primordial dans la mesure où elle précède en quelque sorte la constitution de la communauté et en révèle le sens.

 

La solidarité en ce cas pourrait avoir une chance de retrouver sa réelle mission, qui est d'assurer aux communautés humaines une continuité et une viabilité indispensables à une possibilité d'évolution, d'élévation même ! La concurrence ne peut représenter à elle-seule un facteur d'évolution, la politique devant constamment en limiter l'influence et les effets en lui opposant la nécessité de maintenir la cohésion de l'ensemble humain face au risque de désintégration qu'elle tend à générer. Enfin, l'œuvre philosophique et la confrontation politique qui en déploie les principes dans le cours de la vie communautaire, doivent fonder une Culture toujours singulière qui permette d'assumer la contradiction entre la concurrence et la solidarité, et trôner au-dessus d'elle.

 

 

« ...En tant que totalité capitaliste qui se reproduit systématiquement, et non sur le fondement d'un plan prédéterminé d'une façon ''humaine'', le Capital doit détruire toutes les communautés souveraines préexistantes. Mais une fois qu'il les a détruites, étant donné que l'homme ne disparaît pas mais continue de toute façon à être un animal social, communautaire et rationnel, le Capital doit travailler sur les deux plans de la nationalité et de la socialité de l'homme, qui sont inextirpables, mais aussi manipulables. Pour ce qui est de la rationalité, il s'agit de détruire son caractère ''philosophique'', c'est-à-dire ce par quoi elle recherche le sens et la sagesse dans l'ensemble holistique de la vie sociale commune, et de la remplacer par une rationalité cantonnée, spécialisée, attachée uniquement au rapport entre des moyens et des fins. Pour ce qui est de la socialité, il s'agit de détruire la souveraineté communautaire, incompatible avec la puissance idôlatrique de la marchandise et le monothéisme du marché, en reconstruisant des communautés sectorielles de substitution qui soient plus faciles à assujettir à cette domination. » Costanzo Preve, Éloge du communautarisme, éd. Krisis pp. 214-215

 

Yohann Sparfell

1Définition du dictionnaire du CNRTL en ligne < http://www.cnrtl.fr/definition/concurrence >

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Published by Yohann Sparfell - chevalier de Bretagne - dans Textes de critiques et réflexions

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  • : Recherche philosophique et métapolitique intégrée au projet d'une Europe nouvelle des Nations libérée des mensonges néo-libéral et capitaliste, inspirée de penseurs tels F. Nietzsche, P.J. Proudhon, G. Orwell, S. Weil, A. de Benoist, A. Soral, A. Douguine, etc
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Propos pour un "empire" européen, une Grande Europe dans le cadre du projet eurasiste de la multipolarité :

(Une Res publica des régions et nations européennes libérées des projets mondialiste et impérialiste pseudo-eschatologiques !)

Res Publica Europensis

(cliquer pour télécharger le PDF)

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Il ne s'agit pas de tuer la liberté individuelle mais de la socialiser

Pierre-Joseph Proudhon

Ce n'est pas autour des inventeurs de fracas nouveaux, c'est autour des inventeurs de valeurs nouvelles que gravite le monde ; il gravite en silence

F. Nietzsche

 

 

Friedrich Nietzsche

 

« La véritable Europe est un accord et non l’unisson. Goethe tient pour toutes les variétés et toutes les différences : l’esprit qui interprète la nature ne peut pas se donner une autre règle ni un autre jugement. Il n’est d’Europe que dans une harmonie assez riche pour contenir et résoudre les dissonances. Mais l’accord d’un seul son, fût-ce à des octaves en nombre infini, n’a aucun sens harmonique. Pour faire une Europe, il faut une France, une Allemagne, une Angleterre, une Espagne, une Irlande, une Suisse, une Italie et le reste. »

« Dans Goethe, l’Europe est une mère aux fils innombrables ; par la voix du poète, elle les invite à se reconnaître. Goethe leur ouvre les yeux ; qu’ils consentent enfin à prendre conscience les uns des autres ; qu’ils aient honte de se calomnier et de se haïr. Goethe, puissant Allemand, n’entend pas que l’Europe soit allemande, ni que la France ou la Chine le devienne. Pour que l’Europe soit vraiment elle-même, il faut que l’Allemagne soit le plus allemande et la France le plus française que faire se pourra : moins le mal, ici et là, moins le mépris, la violence et la haine. »

André Suarès

 

Alexandre Douguine 

 

Ce site se reconnaît dans la proposition de "Quatrième Théorie politique" et dans le projet "eurasiste" pour un monde multipolaire

 

L'Europe est un projet de civilisation ou elle n'est rien. À ce titre, elle implique une certaine idée de l'homme. Cette idée est à mes yeux celle d'une personne autonome et enracinée, rejetant d'un même mouvement l'individualisme et le collectivisme, l'ethnocentrisme et le libéralisme. L'Europe que j'appelle de mes vœux est donc celle du fédéralisme intégral, seul à même de réaliser de manière dialectique le nécessaire équilibre entre l'autonomie et l'union, l'unité et la diversité. C'est sur de telles bases que l'Europe devrait avoir pour ambition d'être à la fois une puissance souveraine capable de défendre ses intérêts spécifiques, un pôle de régulation de la globalisation dans un monde multipolaire, et un projet original de culture et de civilisation.

Alain de Benoist

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Organisation Socialiste Révolutionnaire Européenne

 

Égalité & Réconciliation

 

« le désir d’être libre ne procède pas de l’insatisfaction ou du ressentiment, mais d’abord de la capacité d’affirmer et d’aimer, c’est-à-dire de s’attacher à des êtres, à des lieux, à des objets, à des manières de vivre. »  George Orwell

 

Recherche

Intro

 

soldat avec groom_Giorgione

 

« Je ne parle pas pour les faibles. Ceux-ci cherchent à obéir et se précipitent partout vers l'esclavage... j'ai trouvé la force là où on ne la cherche pas, dans les simples hommes doux, sans la moindre inclinaison à dominer." Friedrich Nietzsche

 

Le dépassement du nihilisme qui caractérise les temps modernes ne pourra surgir d'un quelconque recours à l'une des idéologies du passé (communisme, fascisme) ou du présent (libéralisme), mais d'une pensée "conservatrice" qu'il devient aujourd'hui nécessaire de redéfinir. Il pourrait ainsi bien émerger d'une redéfinition radicale de l'autonomie individuelle et collective en Europe, et d'une réflexion renouvelée de ce qui fait l'homme, de l'alliance inaliénable de la transcendance et de l'immanence. Le devenir de l'être se situe dans l'éternel présent de cette dialectique à redéfinir, ainsi que dans une éternelle rencontre du passé et du futur, non dans un « autre monde possible », un idéal abstrait et prétendument plus vrai que le réel.

 

"On a pris ainsi longtemps le dessin pour l'ébauche d'une oeuvre qui, une fois achevée, le renvoyait à l'oubli et au néant. On sait que c'est faux : le dessin est déjà toute l'oeuvre, il n'y en a pas d'autre." Jean Baudrillard, Le miroir de la production, note 20 p. 143, 1973

 

Je suis animé du désir vivant et dissident de porter aussi loin que possible le coup du glaive dans le tréfonds de l'ordre moral trois fois centenaire, mais surtout aujourd'hui issu d'une subversion de la pensée européenne multimillénaire nous ayant donné à songer que nous puissions nous prendre pour des dieux. Les Lumières nous ont-elles trahis, ou aurions-nous trahi les Lumières ? Ou n'est-ce la pensée qui se serait trahie elle-même ? Si l'homme ne peut se passer de croyance, au moins a-t-il en cette époque submergée par de vaniteuses certitudes à son propos déposé dans les hauteurs du Royaume Celeste, vidé, la croyance en sa toute puissance. Mais à se croire tout-puissant, l'on en vient par la suite à se nier, à se mépriser, car "on" en oublie jusqu'à notre âme, en oubliant nos racines. Dans notre monde post-moderne, nous ne donnons à la vie que la possibilité de sa propre négation en voulant la protéger d'elle-même par la voie (ou la voix, appauvrie, du langage SMS) des idéalismes et des dogmes attachés aux antiennes de la "sainte" parole ultra-libérale.  


Il s'agit donc de comprendre que nos pensées ne sont pas neutres et que nous ne saurions nous élever sans "prendre le risque" d'avoir la conscience de ce qui fonde les supposées vertus de celles-ci : nos convictions, et ce sur quoi elles sont fondées ! L'émancipation ne peut advenir sans ce courage, cette probité, intellectuelle, sans tomber pour autant dans "l'intellectualisme" et la posture théorique. Réapprendre à penser, réapprendre à se poser et à "voir", à "lire", c'est aussi réapprendre à orienter nos pensées vers l'Être... à ne plus oublier l'Être... donc à ne plus omettre que, en tant qu'hommes, nous sommes éternellement redevables de ce qui nous fonde et nous élève.

 

Car nous sommes détenteurs, et passeurs, de la Tradition (traditio, de tradere : trans - à travers - et dare - donner) pour la continuité et pour l'avenir de laquelle s'érige face à nous, hommes conscients, socialistes conservateurs-révolutionnaires européens, héritiers des mouvements sociaux du passé, l'obligation de repenser le social, et le socialisme (de socius, ensemble, associés) à la Lumière de l'Impératif vital : promouvoir une restructuration organique et holistique, symbiotique, selon un schéma fédératif, des énergies humaines, tant économiques que culturelles et politiques, en France puis en Europe afin de retrouver la pleine puissance et maîtrise de nos agir, notre souveraineté nationale et civilisationnelle !

 

Yohann Sparfell

(partisan du socialisme révolutionnaire européen et de l'eurasisme, catholique enraciné dans sa patrie !)

 

 

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