7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 20:17
Assemblée nationale à Paris – John Rolfe

Assemblée nationale à Paris – John Rolfe

Écart du temps... mais pour autant, que de choses n'ont pas tellement changé depuis 90 ans en Allemagne comme en France, ni les illusions pour les peuples, ni les combats à mener par les patriotes !

Y.S.

 

La volonté de la démocratie est la volonté d'un peuple

 

 

Par Arthur Moeller van den Bruck

 

 

(Extrait de l'ouvrage Le troisième Reich, Sorlot, 1981, pp. 169-180)

 

 

Mais qu'est-ce que la démocratie ?

La démocratie est la participation d'un peuple à son histoire et à son destin. Et le destin du peuple, on serait tenté de le croire – est l'affaire du peuple. La question est toujours la suivante : comment cette participation est-elle possible ?

Nous commençâmes par être un peuple démocratique. Quand nous quittâmes la préhistoire pour entrer dans l'histoire, nous savions de quelle manière la participation du peuple à son destin était possible : nous avions compris, alors, que la démocratie n'était autre que le peuple lui-même. La démocratie reposait alors sur des liens charnels, et non comme aujourd'hui sur un contrat. Elle reposait sur la constitution de la tribu qui, à son tour, reposait sur les familles, elle liait les tribus en une communauté populaire. Elle reposait sur l'ensemble des unions, des communautés qui formaient les éléments politiques et sociaux du peuple, depuis les « communautés agraires », en temps de paix, jusqu'aux campements communs, en temps de guerre. La démocratie était alors le gouvernement du peuple par lui-même, selon les conditions de son existence.

L'État, en réunissant les divers tribus allemandes reproduisit, à son tour, cette même structure ; il fut lui-même une structure.

L'autonomie du gouvernement eut, comme conséquence, le partage des droits et des devoirs, afin de faciliter la vie. Elle eut comme conséquence l'établissement légitime d'une puissance extérieure et intérieure, nécessaire à la conservation de la tribu. Elle eut comme conséquence les notions de chef et d'obéissance, et la pensée libre d'hommes libres d'élire un chef pour les conduire à la victoire. Mais à mesure que les tribus commencèrent à se sentir membres d'une nation, cette démocratie, eut comme conséquence l'élection d'un roi qui garantissait une politique cohérente et pour garantir cette cohérence, l'attribution de ce pouvoir royal à une famille déterminée. Tout cela, ce fut de la démocratie véritable. Le peuple établit lui-même les lois. Et le chef, depuis le chef de telle communauté particulière, jusqu'à celui de toute la nation, réalisait ces lois grâce au pouvoir qui lui était conféré. L'État allemand fut l'ensemble de ces communautés et sa constitution ne fut autre que l'ensemble de ces mœurs et de ces coutumes. L'État allemand était l'union intime de toutes ces communautés et s'exprimait par des assemblées populaires ; dans celles-ci la nation était représentée politiquement et participait à l'accomplissement de son destin. Le caractère particulier de cet État résidait dans sa structure, structure qui était basée sur le principe de partage et de répartition. La démocratie allemande fut conçue et engendrée, elle naquit et elle grandit. Elle fut un corps dont tous les membres entretenaient des rapports vivants. Chaque membre était situé à sa place, et jamais, aucun d'eux n'aurait eu l'idée de changer de fonction : la tête assumait sa fonction de tête, le bras, sa fonction de bras, chaque autre membre assumait sa propre fonction, et en était responsable. Cette division organisatrice qui était profondément ancrée dans le peuple fut le fondement solide de sa vie ; elle lui donna assez de force pour maintenir l'État et la constitution, et cela, jusqu'au moment où il adopta l'idée d'Empire et sortit d'une politique purement nationale, pour entrer dans le domaine plus vaste de la politique internationale. Pourtant, cette division présentait le danger de ne plus pouvoir sauvegarder les liens, à partir de l'instant où l'écart entre ses différentes parties devenait trop grand. Ce fut là, le danger : chaque membre allait devenir autonome ; ce danger était déjà contenu dans la constitution de la tribu et s'effectua quand une classe, celle des chevaliers, s'éleva au-dessus de toutes les autres classes. Dans la constitution féodale, le chef et les soldats étaient encore liés, solidement, par des liens de fidélité, mais cette même époque féodale vit aussi s'effectuer la séparation de la grande et de la petite noblesse ; par cette séparation, l'idée de communauté se trouva amoindrie, du moins dans ces rapports sociaux ; par elle, fut éliminée la classe paysanne qui constituait aux origines la force démocratique de la Nation mais qui, maintenant, dégénérait en un prolétariat impuissant, maltraité et méprisé. Cependant, cette évolution féodale n'aurait su amener que des bouleversements intérieurs. Mais il n'en fut pas ainsi ; elle causa un affaiblissement qui aussitôt se traduisit à l'extérieur. Déjà au moyen âge, la nation allemande révéla son incapacité dans le domaine de la politique extérieure. Elle dota la royauté du pouvoir, mais elle ne lui conféra pas un pouvoir effectif. Il ne restait plus aux rois qui voulaient être des empereurs qu'à se créer des domaines privés. Mais ces domaines privés ne suffirent pas à empêcher la perte de l'Italie : le Reich ne se défendit que péniblement contre les Turcs, il perdit la Suisse, la Hollande, l'Alsace, il ne réussit pas à conserver les Ordres et finalement l'histoire du domaine privé autrichien aboutit à la dissolution de l'Empire. En Allemagne même, l'existence des domaines privés eut comme résultat la formation des États partiels, la rivalité des princes, l'État territorial et, finalement, les petits États de l'époque absolutiste. Au cours de ces transformations, l'idée corporative subsista dans les villes, qui de plus en plus devinrent représentatives de la culture allemande et où furent créées les merveilles médiévales inspirées par l'esprit de communauté et de tradition. Grâce à l'idée corporative les luttes sociales des villes ne furent pas des luttes de classes où des multitudes affirment leurs revendications, mais des luttes au cours desquelles corporations et syndicats conquirent leurs droits. Inspirées par l'idée corporative, les villes s'organisèrent en confédérations. Nous lui devons aussi les premiers essais républicains et les alliances extérieures, par lesquels la bourgeoisie chercha à créer une puissance et une richesse que l'empire impuissant fut incapable de lui donner (confédération Souabe, confédération hanséatique). L'idée corporative continua à vivre même sous l'absolutisme, non pas dans le régime, mais dans les hommes. La Prusse fut bien plus démocratique qu'on ne le croit. Ses rois mirent fin à la féodalité par le glaive et par le gibet, ils obligèrent la noblesse à prêter serment à la couronne, et par là, au peuple. La célèbre formule des rois de Prusse : « Je sers », est-elle autre chose que la reconnaissance du caractère impersonnel des souverains, caractère qui n'a rien de commun avec la quasi-divinité des rois français, mais qui, au contraire, marque l'attachement de ces monarques au peuple ? Est-elle autre chose que la tentative de rétablir, au moyen d'un médiateur en chair, le lien entre l'État et le peuple, lien détruit par l'absolutisme ?

Nous suivîmes ce chemin en Allemagne, mais non jusqu'au bout. Nous pûmes fonder un nouvel Empire grâce aux forces du peuple concentrées par la monarchie, mais nous ne fûmes pas assez conséquents. Nous ne donnâmes pas une base à l'Empire. Nous fûmes inconséquents en n'acceptant qu'à moitié les magnifiques idées de von Stein qui tentait de donner à l'État un fondement conservateur et démocratique à la fois et d'incarner son unité dans un gouvernement émanant directement du peuple.

Bismarck lutta toute sa vie contre les conséquences de cette insuffisance et ce fut elle qui finalement causa l'écroulement de son œuvre. Nous ne suivîmes pas assez jusqu'au bout notre propre pensée et nous préparâmes une place, chez nous, à des éléments foncièrement étrangers. Au lieu de former un État corporatif, nous imitâmes l'État parlementaire, qui est une idée occidentale. L'Angleterre fut notre modèle. Mais en Angleterre, l'État parlementaire resta toujours corporatif, il fut une institution aristocratique de grandes familles qui, grâce à lui, conservèrent leur puissance, ainsi que celle de leur pays malgré la médiocrité des souverains. Quand Montesquieu accepta d'une manière un peu irréfléchie cette institution tyrannique et corrompue, il en reconnut, en même temps, l'origine germanique et dit de ce « beau système » (c'est ainsi qu'il le nommait) qu'il avait été « inventé dans les forêts ». Il s'empara de l'idée de « représentation » ; il reconnut que l'avantage principal du système représentatif consistait en ceci que les représentants étaient capables « de discuter les affaires de l'État ». Il pensait que le peuple, lui, n'en était pas capable et que cela était justement un des grands maux de la démocratie. La nuance « démocratique » ne fut apportée que par Rousseau. Il enseigna que tout pouvoir venait du peuple. Il laissa toujours dans le vague la différence entre la « volonté générale » et la « volonté de tous », malgré tous ses efforts pour séparer nettement ces deux volontés. Le droit naturel violait la nature ; la conception de l'État basé sur le contrat social convenait bien à une époque où les peuples avaient perdu leur « nature ». Nous disons qu'un État fondé sur une masse d'électeurs simplement additionnés convenait bien à cette époque. À une telle époque, on pouvait revendiquer pour cet État le nom de démocratie. Mais les Anglais, les Français, inventèrent aussitôt les mesures préventives nécessaires à leur protection : les anglais : le cabinet des ministres et le Premier Ministre avec un pouvoir presque dictatorial ; les Français : le groupe sachant se servir de la Chambre pour ses buts particuliers, mais aussi pour ceux de la France. Seuls les Allemands prirent le parlementarisme à la lettre. Mais en Allemagne, l'activité du Reichstag était purement de contrôle, c'est-à-dire purement négative. Même Görres pensait que l'Allemagne était « un corps dans tous ses membres ». Mais par la suite, nous ne fîmes même pas la tentative de former un corps de tous ces membres : nous ne substituâmes pas à l'autonomie des villes et des pays la représentation véritable par laquelle Stein avait voulu les rendre vivants et forts. Nous ne cherchâmes pas à la réaliser par la liaison organique de ses membres, mais par l'addition mécanique des voix. Nous perdîmes un siècle à discuter des questions de suffrage. Finalement nous ne nous demandions même plus si le suffrage existant pouvait ou ne pouvait pas suffire à nos besoins politiques. Le suffrage devenait pour nous une fin en soi. Les conséquences ne se firent pas attendre. Nous ne créâmes pas une élite. Nous crûmes trouver dans le constitutionnalisme le juste milieu entre les deux principes déterminants de notre vie politique ; le principe monarchique qui nous avait élevés et le principe démocratique auquel nous tendions sous sa forme parlementaire. Mais cette ligne du juste milieu fut la ligne de la médiocrité. Mais le plus terrible ce fut que nous ne sentîmes pas toute la bassesse de ces idées de « milieu », de « médiation », et de médiocrité, et surtout la manière dont nous avons appliqué ces notions et dont nous les appliquons encore aujourd'hui. C'est pourquoi la politique devint une affaire de second ordre. La forte vie économique de la nation se poursuivait à côté de sa vie parlementaire comme s'il n'existait aucun rapport entre les deux. Peu à peu, la monarchie se détacha du peuple. Les partis reprirent les tâches qu'assumaient jadis les corporations, mais ce qui s'applique aux parlements s'applique aussi aux partis : tout esprit les abandonna. Le parlementarisme qui éleva à la hauteur d'un système la division de la nation en partis et notamment le Reichstag, devint une institution destinée à propager des lieux communs. Les sages paroles reposant sur la sagesse traditionnelle, sur la connaissance du cœur humain et l'expérience personnelle, on ne les entendis plus que dans les Chambres des Seigneurs demeurées assemblées corporatives. Par contre, les représentants de l'esprit national, les grands entrepreneurs, les hommes créateurs et actifs, tous ceux qi savaient que le destin d'une nation ne s'accomplit pas dans des discussions se retirèrent, de plus en plus, des parlements. Le parlementarisme ne représentait aucune valeur spirituelle ; pour le peuple dont les penchants dépendent toujours d'un jugement de valeur, il devint non pas quelque chose de respectable et digne de laisser en lui une trace profonde, mais seulement une institution méprisable dont on peut ne pas s'occuper en allant à son travail. Faut-il ajouter qu'à une époque où se préparaient des événements mondiaux, nous ne nous occupions que de politique intérieure et que même les événements extérieurs, nous les interprétions en fonction de la politique intérieure des partis ? Oui, il le faut : car malgré tous les changements accomplis en Allemagne, cette fatalité pèse toujours sur nous : notre vice nationale reste toujours l'abus de la politique intérieure.

Puis vint notre défaite qui nous apporta la république la plus libre – et le parlementarisme le plus pur. Nous nommons leur combinaison « notre démocratie » et plusieurs s'imaginent qu'elle constitue un progrès. Nous ne nous arrêterons pas plus longtemps sur ce fait que le parlementarisme signifie le règne des partis, la distribution opportuniste des postes et des offices, - qu'il signifie un gouvernement de partis et non un gouvernement de techniciens. En Allemagne, la raillerie d'Aristophane contre les démocraties dans les « Chevaliers » est devenue une réalité morale : un démagogue ne peut être remplacé que par un démagogue doublement avide. Et les paroles de Mommsen : « La démocratie s'est toujours détruite elle-même en tirant les conséquences extrêmes de ses principes » deviendront bientôt une vérité politique. (Cette constatation n'a d'ailleurs pas empêché Mommsen d'être un démocrate). Mais la décomposition démocratique nous paraît bien moins importante que la réaction contre le parlementarisme, réaction qui s'est manifestée dans la nation immédiatement après la révolution. Ce qui est commun à toutes les manifestations de cette réaction, c'est qu'elles cherchent à se rattacher à la cellule constitutive, au groupe, à l'unité naturelle des choses. En Allemagne, on a beaucoup réfléchi sur la rapport de la « communauté » et de la « société » ; nous avons repoussé les conceptions atomistiques et nous avons embrassé les conceptions corporatives. Parmi les tentatives de prendre les conceptions corporatives comme point de départ pour atteindre à une Constitution et à un État, il faudra toujours mentionner celle de Max Hildebert Boehm, qui identifiant la corporation et la communauté à développé l'idée du corporativisme.

Il fut logique que l'attaque contre le parlementarisme qui chez les révolutionnaires fut menée sous le signe des « Conseils », le fut chez les conservateurs sous celui de la corporation. En effet, l'idée de corporation enveloppait toute l'organisation que les partis ne purent maintenir. Il s'agissait donc de rendre leurs droits aux corporations, en les comprenant non pas historiquement et romantiquement, mais en s'inspirant d'idées modernes et, avant tout, en les concevant comme des corporations pourvues de droits et de devoirs politiques nettement définis. Ici aussi on prit l'économie comme base, et ce fut en partant d'elle qu'on développa les nouvelles perspectives d'une pensée corporative et politique. On mélangea les idées corporatives et syndicalistes, on fit certaines incursions dans les conceptions soviétiques en les adaptant à l'idée d'un État corporatif allemand. Mais avant toute l'idée corporative s'en prend au parlementarisme. Elle n'exclut pas la représentation populaire : le caractère public de notre vie rend nécessaire une tribune. Mais elle exclut le règne des partis qui s'est substitué à la monarchie. Le corporativisme veut mettre fin à cette situation absurde où un Allemand renonce à sa liberté politique pour une série d'années en donnant son bulletin de vote, où un gouvernement de partis garde jusqu'aux élections suivantes le droit formel de prendre des décisions dont dépend le sort du pays. Seul un referendum permet au peuple d'exprimer son opinion – ce même referendum que la constitution de Weimar a prévu, mais que les partis ont plus tard trouvé très gênant. Mais même si le referendum était appliqué, il n'apporterait pas une solution générale et permanente. Nous avons besoin d'une représentation populaire en rapport organique avec le peuple, d'une représentation constante et corporative. Nous avons besoin d'une représentation populaire basée sur les corporations. Nous avons besoin d'une représentation populaire qui nous permette de vivre, et non de mourir.

Depuis longtemps le peuple sent ce besoin. Le conservateur n'est pas le seul aujourd'hui à constater que ses craintes au moment de l'introduction du parlementarisme sont justifiées. Et les communistes ne sont pas les seuls à railler la mise ne tutelle du peuple, et ce silence obligatoire qu'on nomme la démocratie. Même les socialistes émettent des doutes ; une revue socialiste a même posé une question à laquelle nous voulons donner une réponse qui n'énumère pas seulement les faits que nous constatons, mais aussi leurs raisons : « Pourquoi le parlementarisme échoue-t-il ? » Voici la réponse de cette revue : « Un des traits de l'époque actuelle de transition c'est que nous avons formellement une démocratie, mais que le peuple n'a pas l'esprit démocratique nécessaire pour réaliser la démocratie véritable ».

Pourquoi donc n'avons-nous pas « un prolétariat capable de créer des formes politiques ? »

Pourquoi donc sommes-nous privés de cette « qualité humaine » qui seule rend possible une « meilleure sélection » ? Pourquoi les « camarades du parti » contre lesquels se dirige cette critique socialiste ne comprennent-ils pas « la nature et les tâches du parlementarisme » ? Pourquoi ? Simplement parce que le parlementarisme allemand n'a pas de tradition ! Mais dès que les social-démocrates allemands entendent parler de « tradition » - pour eux c'est la réaction, l'ancien régime, le passé maudit dont on veut se débarrasser définitivement. Alors qu'en réalité la tradition la tradition est la préservation d'un peuple, de son sort politique et de son expérience. Mais le Reichstag allemand n'est lié à aucun grand événement. Par contre, l'histoire de ses échecs est interminable. Notre socialiste se demande si un moment ne viendra pas où les masses « perdront définitivement confiance dans le parlementarisme ». Ce moment est arrivé depuis longtemps. Il n'y a pas un Allemand qui ne parle de la « boutique à bavards ». Personne n'a le sentiment que le Reichstag puisse nous apporter le salut. Notre socialiste pense : « Chaque peuple a le parlementarisme qu'il mérite ». En effet ! Mais nous en tirons une autre conclusion. Nous croyons, nous, que l'époque du parlementarisme est passée. Et nous espérons que l'Allemagne montrera le chemin aux autres nations. Chez nous, le parlementarisme s'est démasqué davantage que dans n'importe quel autre pays. Nous avons donc plus de raisons que d'autres pour le dépasser et pour créer une nouvelle forme de représentation populaire, une forme plus digne de nous et qui nous convienne davantage, une forme qui sera appelée à remplacer le parlementarisme, à nous en débarrasser à tout jamais.

Le peuple allemand suivit un chemin contraire à celui des peuples occidentaux. La France et l'Angleterre commencèrent leur histoire en tant qu'États nationaux, elles s'affirmèrent comme tels par la monarchie et après avoir renversé la monarchie par des révolutions : elles s'affublèrent du parlementarisme ; elles prétendirent que ce parlementarisme était la démocratie, alors qu'il n'était que le masque de leur nationalisme. Mais nous qui avions commencé par être un peuple démocratique, et qui l'affirmions plus tard par la monarchie, nous rompîmes provisoirement notre histoire par une révolution qui n'était pas nationale, mais internationale. Mais les démocrates de l'Occident n'avaient pas l'intention d'accorder des faveurs à la jeune démocratie de l'Empire allemand, et encore moins de leur octroyer des droits. La démocratie allemande est abandonnée à elle-même ; et si elle veut s'affirmer, elle devra suivre le chemin suivi par les démocrates occidentaux, ses précurseurs, c'est-à-dire devenir nationale et laisser tomber tout son bric-à-brac idéologique, la pacifisme y compris.

La volonté de la démocratie est la volonté d'un peuple d'avoir une conscience politique et de s'affirmer en tant que nation.

La démocratie est l'expression du respect d'un peuple pour lui-même – ou bien, elle n'est pas.

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Published by Yohann Sparfell - chevalier de Bretagne - dans Autres auteurs

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« Dans Goethe, l’Europe est une mère aux fils innombrables ; par la voix du poète, elle les invite à se reconnaître. Goethe leur ouvre les yeux ; qu’ils consentent enfin à prendre conscience les uns des autres ; qu’ils aient honte de se calomnier et de se haïr. Goethe, puissant Allemand, n’entend pas que l’Europe soit allemande, ni que la France ou la Chine le devienne. Pour que l’Europe soit vraiment elle-même, il faut que l’Allemagne soit le plus allemande et la France le plus française que faire se pourra : moins le mal, ici et là, moins le mépris, la violence et la haine. »

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Le dépassement du nihilisme qui caractérise les temps modernes ne pourra surgir d'un quelconque recours à l'une des idéologies du passé (communisme, fascisme) ou du présent (libéralisme), mais d'une pensée "conservatrice" qu'il devient aujourd'hui nécessaire de redéfinir. Il pourrait ainsi bien émerger d'une redéfinition radicale de l'autonomie individuelle et collective en Europe, et d'une réflexion renouvelée de ce qui fait l'homme, de l'alliance inaliénable de la transcendance et de l'immanence. Le devenir de l'être se situe dans l'éternel présent de cette dialectique à redéfinir, ainsi que dans une éternelle rencontre du passé et du futur, non dans un « autre monde possible », un idéal abstrait et prétendument plus vrai que le réel.

 

"On a pris ainsi longtemps le dessin pour l'ébauche d'une oeuvre qui, une fois achevée, le renvoyait à l'oubli et au néant. On sait que c'est faux : le dessin est déjà toute l'oeuvre, il n'y en a pas d'autre." Jean Baudrillard, Le miroir de la production, note 20 p. 143, 1973

 

Je suis animé du désir vivant et dissident de porter aussi loin que possible le coup du glaive dans le tréfonds de l'ordre moral trois fois centenaire, mais surtout aujourd'hui issu d'une subversion de la pensée européenne multimillénaire nous ayant donné à songer que nous puissions nous prendre pour des dieux. Les Lumières nous ont-elles trahis, ou aurions-nous trahi les Lumières ? Ou n'est-ce la pensée qui se serait trahie elle-même ? Si l'homme ne peut se passer de croyance, au moins a-t-il en cette époque submergée par de vaniteuses certitudes à son propos déposé dans les hauteurs du Royaume Celeste, vidé, la croyance en sa toute puissance. Mais à se croire tout-puissant, l'on en vient par la suite à se nier, à se mépriser, car "on" en oublie jusqu'à notre âme, en oubliant nos racines. Dans notre monde post-moderne, nous ne donnons à la vie que la possibilité de sa propre négation en voulant la protéger d'elle-même par la voie (ou la voix, appauvrie, du langage SMS) des idéalismes et des dogmes attachés aux antiennes de la "sainte" parole ultra-libérale.  


Il s'agit donc de comprendre que nos pensées ne sont pas neutres et que nous ne saurions nous élever sans "prendre le risque" d'avoir la conscience de ce qui fonde les supposées vertus de celles-ci : nos convictions, et ce sur quoi elles sont fondées ! L'émancipation ne peut advenir sans ce courage, cette probité, intellectuelle, sans tomber pour autant dans "l'intellectualisme" et la posture théorique. Réapprendre à penser, réapprendre à se poser et à "voir", à "lire", c'est aussi réapprendre à orienter nos pensées vers l'Être... à ne plus oublier l'Être... donc à ne plus omettre que, en tant qu'hommes, nous sommes éternellement redevables de ce qui nous fonde et nous élève.

 

Car nous sommes détenteurs, et passeurs, de la Tradition (traditio, de tradere : trans - à travers - et dare - donner) pour la continuité et pour l'avenir de laquelle s'érige face à nous, hommes conscients, socialistes conservateurs-révolutionnaires européens, héritiers des mouvements sociaux du passé, l'obligation de repenser le social, et le socialisme (de socius, ensemble, associés) à la Lumière de l'Impératif vital : promouvoir une restructuration organique et holistique, symbiotique, selon un schéma fédératif, des énergies humaines, tant économiques que culturelles et politiques, en France puis en Europe afin de retrouver la pleine puissance et maîtrise de nos agir, notre souveraineté nationale et civilisationnelle !

 

Yohann Sparfell

(partisan du socialisme conservateur-révolutionnaire européen, pagano-catholique enraciné dans sa patrie !)

 

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