Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 18:34
Res publica europae (éditions Ars Magna)

Introduction de Res publica europae

 

(Pour une Quatrième Théorie Politique européenne)

 

 

Depuis presque trois cent ans, prenant naissance en Europe puis s'épanchant dans le reste du monde comme s’il s’était agi d'épidémies qui peu à peu avaient infecté et détruit les vieilles harmonies humaines, trois idéologies issues d'un même socle que l'on appelle la pensée moderne avaient entrepris de s'affronter, en quête d'hégémonie et d’absolu, au fur et à mesure de leur apparition sur la scène politique : le libéralisme, le communisme et le fascisme, avec l’ensemble de leur variantes1. Toutes trois ont participé, à leur niveau, à l'élan consistant à vouloir, et sans doute aussi à devoir, dépasser la vieille Europe d'Ancien Régime dont l'archaïsme ne pouvait apparemment plus s'harmoniser avec les pensées nouvelles écloses lors du siècle des Lumières. Cette expérimentation scientiste qui a engendré ce l'on nomme aujourd'hui la « civilisation occidentale », ou simplement l'Occident, s'est avérée, par le biais de son cerbère idéologique tricéphale, être principalement une réaction de la raison déconnectée de la réalité, et par conséquent sur-appréciée, à l'encontre de la pensée traditionnelle. Raison et Tradition ne peuvent plus s'apprécier justement et mutuellement lorsque l'une d'elles tend à étendre indéfiniment son emprise. Cette volonté, dictée par une raison viciée et nihiliste, de soumettre l'entendement sous le fatras de ses propres intérêts « religieux » tant elle s'exerce désespérément à nous relier à des fondements philosophiques liés à une matérialité fort mal interprétée s'est d'abord et avant tout affairée à couper la Culture2 européenne de ses racines qui alimentaient son âme et son être depuis des lustres. L'Europe s'est alors transformée en un « Occident » qui s'est soumis corps et âme aux règnes de l'abstraction et du non-sens, ne pouvant plus par conséquent suggérer à l'esprit inquiet de l'homme européen surtout de celui qui, comme nous, a été bercé au rythme de vieilles traditions côtières que l'image d'un vieux rafiot qui tangue périlleusement au gré des versatilités des impératifs « techniciens » et de leur partenariat idéologique, ainsi que des désillusions qui ne manquent jamais de les accompagner au long cours de leur marche forcée.

Alors que la pensée traditionnelle avait une vision holiste du Monde dont l'homme ne saurait s'extraire idéalement et contradictoirement sans prendre le risque de chuter dans le néant de la non-existence, l'Europe moderne, sur la voie de son déclin, n'a eu de cesse de provoquer une césure entre deux entités fictives qu'elle avait imaginées : le Sujet et l'Objet, soit un Sujet mythique face à l'objet de sa passion captative, et de son hybris, ou encore un Sujet face à l'existant devenant Objet de ses aliénations théoriciennes. De ces deux-ci l'un pris donc le pas sur l'autre puisqu'il fallait qu'il en fut ainsi selon une vanité bourgeoise et une certaine vision marchande pour lesquelles n'est digne d'intérêt que ce que l'on peut être à même de posséder et manipuler. Et ainsi, le Sujet – fut-il individu, classe, ou nation réduite à un État hégémonique, ou encore comme aujourd'hui pseudo-communauté dite « minorité » cachant mal à elle-même son désir pervers d'homogénéité et de négation absolue de l'Autre put en vertu de son principe d'appropriation s'efforcer de prendre possession d'un monde qu'il n'eut de cesse de vouloir dominer… et corrompre. Le monde bourgeois de la modernité finissante devait inévitablement déstructurer et « atomiser » non seulement les empires, selon le sens traditionnel de ce terme, mais également les entrelacs sociaux qu’étaient les mondes traditionnels en séparant, isolant, ou annihilant sans relâche leurs composantes organiques. Et tout cela s’est réalisé corrélativement avec la création de l'Individu, du Prolétariat, de l'État-Nation, en vue de leur hégémonie respective selon l'impératif de la tendance idéologique correspondante, en un temps et un lieu donné....

La suite dans l'ouvrage..........

1Trois idéologies qui, d'une façon ou d'une autre, déprécient l’altérité (distinguant les hommes, les classes et les nations) en dépréciant par là-même, et ce de façon perverse, la valeur réelle de l'Autre, de celui qui ne peut se réduire à l'idéal-type qui, seul selon elles, peut-être à même de déterminer l’ « homme nouveau » (l'individu de la réussite sociale, de la classe prolétarienne, du peuple « élu » ou de la « race supérieure »). Elles sont ainsi porteuses d'un égalitarisme de masse qui, en fonction de chacune d’elles, opère au travers d’une dynamique matérialiste tout en rejetant cruellement à la marge ceux qui ne méritent même pas de « bénéficier » de cette « égalité » exclusive.

2« Impérialisme est civilisation pure. Le destin d'Occident est dans ce phénomène irrévocable. L'homme cultivé a son énergie dirigée en dedans, le civilisé en dehors. » Oswald Spengler, Le déclin de l'Occident, 1918. Notre réussite à venir dépendra, en somme, de la force par laquelle nous serons parvenus à redonner vie et grandeur à notre Culture originelle.

 

À commander sur le site des éditions Ars Magna :

 

Res publica europae (éditions Ars Magna)

Partager cet article

Repost0
Publié par Yohann Sparfell

Présentation

  • : In limine
  • : Ce site participe d'un questionnement profond sur la nature de la société capitaliste occidentale, et s'avance à proposer aux hommes qui la constituent un dépassement de leur métaphysique dualiste.
  • Contact

"Ce n'est pas autour des inventeurs de fracas nouveaux, c'est autour des inventeurs de valeurs nouvelles que gravite le monde ; il gravite en silence"

Friedrich Nietzsche

 

CIRET

Centre International de Recherches et Études Transdisciplinaires

 

Institut Schiller (en France)

 

Tiersinclus.fr - Le blog du tiers inclus et de la mésologie

 

L'Inactuelle

 

"L'homme ne joue que là où dans la pleine acception de ce mot il est homme, et il n'est tout à fait homme que là où il joue."

Friedrich von Schiller

Recherche

Intro

Le dépassement du nihilisme qui caractérise les temps modernes ne pourra surgir d'un quelconque recours à l'une des idéologies du passé, communisme étatiste, fascismes ou libéralisme, même faussement adaptées aux temps présents, mais d'une pensée tout à la fois sociale et individualiste (non-libérale) !

Si le monde est pétri de contradictions, il ne sert plus à rien de vouloir les annihiler en instaurant une suprématie de la logique déductive-identitaire, comme l'a fait la Modernité. Ces contradictions sont constitutives de la vie, et en premier lieu de la vie humaine. La société n'est antagoniste à l'individu que de notre point de vue. En réalité, les deux sont aussi concurrents et complémentaires. La vie comme le monde sont complexes, et les réduire à des lois physiques ou mathématico-logiques ne conduit qu'à des impasses doctrinaux ou idéologiques au final. La société ne peut "être", c'est-à-dire, réellement, devenir, que par les individus qui la composent, et les individus ne peuvent devenir que par l'héritage et le soutien qu'ils reçoivent de la société, donc des Autres. La vie est communautaire-organique/individuelle-égoïste, et la réduire qu'à l'un ou l'autre de ces aspects est proprement ignorer la réalité. Tout comme est occulter la moitié du réel de vouloir le réduire à l'identité ou à l'altérité absolues.

C’est par le respect de chacune des singularités humaines et de l’inégalité ontologique qui les met en lien, par la subsidiarité bien comprise, par la justice selon le sens traditionnel de ce terme, et par la consécration d’une nouvelle "aristocratie" du "devoir", que les habitants actuels de l'Europe pourrons reconstruire souverainement une Puissance qui leur sera propre et qui consacrera leur besoin de se soumettre la politique comme l'économique en tant qu’instruments de leur volonté, de leur autonomie et de leur liberté. En cela, ils retrouveront le goût de leur humanisme originel, d'un type "antique" d'humanisme !

Le temps serait-il donc venu de faire de l'Europe un Imperium civilisationnel, et de ne plus rejeter toute idée de Puissance au nom d'une "liberté" idéalisée ? Car le monde qui se dessine est celui où s'affirmeront et les individus et leurs communautés, ainsi que, au-delà, les Imperii  civilisationnels connectés entre eux par un universel "pont terrestre". À nous, hommes de conscience, d'en prendre acte !!

Yohann Sparfell

(Socialiste conservateur-révolutionnaire européen et individualiste "aristocratique" nietzschéen)

 

"Il convient de savoir que le combat est universel et la lutte justice, et que toutes choses arrivent par opposition et nécessités."

Héraclite

 

PHILITT, Philosophie, littérature et cinéma

 

HyperNietzsche

 

Expertise & Prospective dans le monde réel

Site de Marc Halévy

 

Société J.P. Proudhon

Réseau Intelligence de la Complexité

 

Blog de Thibault Isabel

 

Solidarité et Progrès

 

 

"La maturité de l'homme, c'est d'avoir retrouvé le sérieux qu'on avait au jeu quand on était enfant"

Friedrich Niezsche

 

Calendrier Philosophique Nietzschéen