Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
31 mai 2021 1 31 /05 /mai /2021 20:30
Conclusion de Climat, mensonges et propagande (par Hacène Arezki)

Conclusion de Climat, mensonges et propagande

(Thierry Souccar Editions)

 

De Hacène Arezki

 

« La fonction du mythe, c’est d’évacuer le réel », a écrit Roland Barthes[1]. L’hypothèse d’une hausse de la température globale de la Terre consécutive des émissions de gaz à effet de serre par les activités humaines est de ce point de vue un mythe climatique. Benoît Rittaud ne s’y est pas trompé en intitulant ainsi son essai. Il a fallu, pour que domine sans partage cette hypothèse, évacuer les incertitudes liées à notre compréhension partielle des processus en jeu, ou encore celles liées à la faible robustesse des données sur lesquelles les sciences du climat doivent s’appuyer (à commencer par la simple collecte de données représentatives, servant de base à la reconstitution de la température globale depuis 150 ans, peinture impressionniste révélant plus des tendances qu’elle ne décrit une évolution précise de la variable vedette des climatologues alarmistes). Il a fallu également taire une histoire climatique bien documentée et vieille de quelques siècles pour lui substituer une vision nouvelle du passé n’infirmant pas le caractère prétendument sans précédent du dernier épisode de réchauffement, indissociable d’un rôle clef du dioxyde de carbone. La fabrique d’un consensus par simple proclamation répétée de son existence a installé dans beaucoup d’esprits sensibles aux questions environnementales la certitude qu’une très large unanimité scientifique soutenait cette théorie, qui est ainsi vite devenue une réalité sociale forte. Ce consensus apparent a été renforcé par la marginalisation des scientifiques en désaccord avec l’hypothèse de la responsabilité humaine et/ou avec la quantification du réchauffement. Cette marginalisation prenant différentes formes comme la décrédibilisation (ces scientifiques sont tous « vendus » aux lobbies), ou, plus simplement, la mise à l’écart médiatique (il aura fallu le Climategate pour que cela change quelque peu, quelque temps). L’autocensure pour échapper à la suspicion aura fait le reste auprès de ceux qui aurait pu exprimer des doutes. L’évacuation du réel est allée jusqu’à l’occultation du risque d’une évolution climatique opposée à celle proclamée comme une certitude par le GIEC, corollaire du rejet de l’alternative solariste, étayée par des études pourtant de plus en plus nombreuses.
Pour qui s’attache aux faits observés plus qu’à ceux prédits par des modèles ayant fait preuve de leurs insuffisances, il apparaît que l’hypothèse d’une action décisive des activités humaines sur le système climatique est d’une faiblesse confondante et le scénario d’un réchauffement catastrophiste improbable. Le 17 mai 2010, à Chicago, lors d’une conférence internationale réunissant des scientifiques « climato-sceptiques », Richard Lindzen a résumé ce point de vue en proposant que ce qualificatif ne soit plus accepté par ceux qui, sur des bases scientifiques, n’adhèrent pas aux conclusions du GIEC : « Pour autant que je sache, le scepticisme implique l’existence de doutes envers une proposition vraisemblable. Je pense que l’alarmisme actuel sur le réchauffement climatique n’est pas une proposition vraisemblable ».
La science et la technologie confèrent à l’Homme des capacités jamais atteintes au cours de l’Histoire. Possibilité de gérer, de régir le monde pour les uns, en croyant pouvoir rendre « l’Homme comme maître et possesseur de la nature », selon la célèbre formule de Descartes ; capacité de destruction et de déstabilisation des grands équilibres naturels pour les autres. En réalité les deux versants de la toute puissance supposée de l’Homme. À la suite de Vernadsky, qui, dès 1926, écrivait dans son livre 
Biosfera (« La biosphère ») que « l’homme civilisé » représentait « une force géologique nouvelle », Guy Stewart Callendar, jalon majeur de l’émergence de la théorie de l’effet de serre, considère en 1939 que « l’humanité est un agent de changement global », capable, grâce à ses émissions de dioxyde de carbone, de changer le monde qu’il habite, à son avantage. Il incarne parfaitement le premier versant du scientisme. Le second trouve son illustration dans l’actuelle théorie du réchauffement climatique anthropique et la figure du météorologue et chimiste Paul Crutzen. Ce scientifique fait partie de ceux qui, comme Stephen Schneider, ont introduit des objectifs politiques dans leur pratique de la science. Leur objectif était de traiter les questions environnementales à une échelle mondiale, en résolvant politiquement et économiquement la fausse menace du réchauffement global. Claude Lorius résume ainsi les raccourcis opérés : « Le prix Nobel de chimie Paul Crutzen l’a exprimé ainsi : la planète se détériore et il y a un paramètre simple et global pour le mesurer, c’est le CO2 » [2]. Crutzen est également l’un des nombreux supporters de la géo-ingénierie [3], tentative de manipulation du climat afin de refroidir la planète, ce qui est symptomatique d’un scientisme rejeté mais toujours latent.
L’humilité et la lucidité que les défenseurs de l’environnement demandent à ceux qui pensent que l’Homme peut et doit tout gérer, devrait les conduire à admettre qu’il n’est pas systématiquement un agent de destruction. Cela devrait aussi leur permettre de reconnaître ceux qui, au sommet, ont un pied sur chaque versant du scientisme et instrumentalisent le réchauffement climatique à leur profit : des hommes comme Al Gore et Maurice Strong ont su admirablement mêler les mondes politique et industriel d’un côté et, de l’autre, légitimer leur action auprès de ceux qu’ils dupent.

Rien de neuf et de viable ne peut être construit sur une base mensongère. Les outrances du discours anxiogène sur l’évolution attendue du climat, sur la base de quelques dixièmes de degrés Celsius et d’une relation incertaine avec la concentration de l’un des composants atmosphériques, pourraient être à double tranchant. Elles ont certes permis d’attirer l’attention sur un certain nombre de préoccupations légitimes en matière d’environnement, mais celles-ci, subordonnées à la seule question du réchauffement climatique catastrophique dû à l’Homme, pourraient bien être l’objet d’une nette désaffection lorsqu’il disparaîtra de la scène médiatique. Comme le disait justement le journaliste Hervé Kempf, avant de verser lui aussi dans l’excès en matière de climat, « l’écologie n’a pas besoin du réchauffement climatique pour affirmer ses exigences »[4].

 

1. Barthes R. (1957) : Mythologies, Seuil, 247 p.

2. http://www.sciencesetavenir.fr/magazine/rencontre/095981/le-jour-ou-j-aiplonge-un-glacon-dans-mon-whisky.html

3. https://www.larecherche.fr/paul-crutzen-%C2%AB-et-si-lon-manipulait-le-climat-%C2%BB

4. Kempf H. (1994) : La baleine qui cache la forêt. Enquêtes sur les pièges de l’écologie, La Découverte, 221 p.

Partager cet article
Repost0
Publié par Yohann Sparfell - dans Politique et social

Présentation

  • : In limine
  • : Le but de ce site est de participer à la construction d'une opposition conservatrice-révolutionnaire à la coalition progressiste, immigrationniste et néolibérale (de gauche et de "droite") en Europe. Et cela passe d'abord par un effort visant à redéfinir le conservatisme lui-même...
  • Contact

"Ce n'est pas autour des inventeurs de fracas nouveaux, c'est autour des inventeurs de valeurs nouvelles que gravite le monde ; il gravite en silence"

Friedrich Nietzsche

 

Revue "Éléments pour la civilisation européenne"

 

Institut Iliade

Pour la longue mémoire européenne

 

Centre d'Analyse et de Prospective

 

The Conservative Enthusiast

Recherche

Intro

Le dépassement du nihilisme qui caractérise les temps modernes ne pourra surgir d'un quelconque recours à l'une des idéologies du passé, socialismes, fascismes ou libéralismes, même faussement adaptées aux temps présents, mais d'une pensée conservatrice-révolutionnaire, éminemment réaliste !

C’est par le respect de chacune des singularités humaines et de l’inégalité ontologique qui les met en lien au sein des communautés, par une politique subsidiaire au sein des Nations comme dans une Europe confédérale, par la justice selon le sens traditionnel de ce terme, et par la consécration d’une nouvelle "aristocratie" consciente de ses devoirs, que les habitants actuels de l'Europe pourrons reconstruire souverainement une Puissance qui leur sera propre et qui consacrera leur besoin de se soumettre la politique comme l'économique en tant qu’instruments de leur volonté, de leur autonomie et de leur liberté. Mais la condition de tout ceci sera que nous sachions replacer au centre de nos vie et de nos actions les valeurs éternelles et sacrées qui ont su nous animer depuis des millénaires (à la source de l'autorité).

Le temps serait-il donc venu de faire de l'Europe un Imperium civilisationnel, et de ne plus rejeter toute idée de Puissance au nom d'une "liberté" idéalisée ? Car le monde qui se dessine est celui où s'affirmeront et les individus et leurs communautés ainsi que, au-delà, les Imperii civilisationnels ayant su dépasser les illusions de la consommation illimitée et de l'idéologie économiste. À nous, hommes de conscience, d'en prendre acte !!

Yohann Sparfell

(conservateur-révolutionnaire français et européen)

 

"Il convient de savoir que le combat est universel et la lutte justice, et que toutes choses arrivent par opposition et nécessités."

Héraclite

 

PHILITT, Philosophie, littérature et cinéma

 

éléments n° 190 - juin-juillet 2021

 

L'Incorrect n°43

Conservateurs aux USA

 

The American Conservative