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5 décembre 2021 7 05 /12 /décembre /2021 12:11
Compromis ou compromission ?

Compromis ou compromission ?

 

 

Dans le domaine des relations internationales, il est toujours tentant de se laisser aller à trouver des compromis de façon à éviter d’éventuels frictions ou même escalades diplomatiques voire militaires. Lorsqu’un pays est directement visé par une puissance alliée parce qu’il menace son hégémonie mondiale, il est bien évident, pourtant, que ce ne seront pas des compromis qui satisferont cette puissance déclinante, mais bien bel et bien sa capitulation en rase campagne. Le but n’est pas tant de battre l’adversaire directement, mais de faire en sorte qu’il s’attendrisse suffisamment qu’il devienne alors possible d’y planter les graines du chaos et ainsi déstructurer son organisation sociale, économique et autres. Le but, en d’autres termes, est d’y imposer subrepticement l’agenda globaliste – prônant la dégénérescence des structures sociales traditionnelles – par la voie des compromis insidieusement importés 1) par le poids lourd de la menace militaire au plus près des frontières et 2) par des propositions continuelles de discussions et d’accords par le biais desquels s’introduisent sans douleur (avec force vaseline…) les visions transhumanistes du projet globaliste.

 

Vous l’aurez bien entendu deviné ; la cible est la Russie (et même d’une certaine façon la Chine ou encore d’autres nations réticentes aux visées hégémonistes et totalitaires du globalisme financier d’essence occidentale) dans le viseur des Occidentaux et de leur bras armé (et pas seulement d’un point de vue militaire), l’OTAN. Face aux velléités oligarchiques de l’Occident, et ce dans un but de plus en plus clairement dirigé vers l’imposition d’une Gouvernance mondiale de la Haute finance, ce qui se joue aujourd’hui est une lutte d’influences de modèles sociaux vs sociétaux. Cette lutte est donc profonde, ontologique, car elle oppose une conception de l’humanité à une expérience de l’homme. D’un côté, la conception est basée sur de la pure théorie idéologique, de la croyance, de l’intérêt chrématistique, de la science dystopique, sur l’immédiateté des projections hasardeuses et des expérimentations sociétales, etc. ; de l’autre, l’expérience est basée quant à elle sur la mémoire humaine, sur la tradition, sur les racines anthropologiques des sociétés humaines, sur l’équilibre et l’harmonie des contraires dont l’apprentissage repose sur du temps long, etc. L’expérience humaine, en s’inscrivant sur le temps long, présente donc un aspect d’elle-même qui en expose sa fragilité face à des prétentions ubuesques qui reposent bien souvent sur l’illusion de la technologie (la technique livrée à elle-même et projetée hors des objectifs de bien-être). C’est, au contraire, ces illusions, ce modernisme flambloyant illustré par le neuf perpétuel, qui fait la force apparente de l’Occident décadent aujourd’hui. Mais cette force, pour autant qu’elle est effectivement qu’apparente, n’en est pas moins pervers et potentiellement destructrice des équilibres traditionnels. Nous en avons la preuve tous les jours en Europe, et désormais ce cancer désire s’instiller au sein d’autres organes, d’autres nations de par le monde.

 

Une tradition sociale-communautaire, face à cette tentative maléfique, si elle désire démontrer sa réelle force, ne doit donc pas faire preuve de compromis, car tout compromis deviendrait irréversiblement une compromission à un plan global et diabolique de destruction planifiée de l’humanité telle qu’elle est véritablement (une transhumanité ne serait déjà plus une humanité mais une totale soumission de l’homme aux règles de la technologie – qui est système – et de l’exploitation menée à ses ultimes conséquences inhumaines). Cela signifie concrètement qu’une nation comme la Russie, mais aussi bien d’autres comme par exemple l’Iran ou la Corée du Nord ou la Syrie, la Hongrie, etc., ne doit aucunement chercher à atténuer la conflictualité en ouvrant une porte, même discrète, aux délires sociétaux de l’Occident décati. Exit les fantasmes style LGBTdanstoncul, théorie du genre, féminisme revanchard anti-famille, privatisation de la santé (sous prétexte de pandémie, réelle ou inventée), principe de primordialité de l’économisme et des trusts (libéralisme débridé), mélange indifférencié des races et des cultures, migrations perpétuelles comme règle du déracinement généralisé des hommes, légalisation des drogues, et j’en passe et des pires… Une discussion avec les aboyeurs hargneux de l’OTAN et de l’Occident américanisé-mécanisé ne devrait être envisageable qu’à la condition préalable de vouloir rester ferme sur ses propres choix et sur sa propre identité tant culturelle que sociale, tant politique que géopolitique, tant spirituelle que religieuse. Il ne faut ouvrir aucune porte, seulement entrouvrir légèrement une fenêtre pour pouvoir se rendre compte de l’état avancé de putréfaction dans lequel est arrivé l’Occident, et ainsi se motiver d’autant plus à devoir s’en protéger par tous les moyens, y compris militaires et techniques.

 

En tout cas, dans l’impasse à laquelle sont arrivées les relations internationales aujourd’hui, il ne faut certainement pas se laisser apprivoiser par la peur. Celle-ci est toujours mauvaise conseillère. Et il ne fait pas non plus, même si cela paraît plus dur, se laisser attendrir par des considération humanitaristes. Ce monde est et restera un monde de souffrances, c’est ainsi car nous sommes mortels et en proie à l’inconnu de nos destinées. Combien de sacrifices seront fait pour que le monde conserve sa liberté, même si ce ne seront certainement que certaines nations qui demeureront les symboles vivants de cette liberté et de la sagesse humaine ? (en tout cas nous sommes en droit de la souhaiter ardemment). En d’autres termes, il ne faudra tomber dans aucun piège qui serait susceptible de faire ouvrir les portes de sa maison et laisser entrer le loup du vice et de la cupidité sans borne. Et surtout, pour en somme résumé ce point, il ne faut pas se laisser berner non plus par l’illusion du progressisme, car celui-ci veut nous faire croire à l’avènement possible, et même prochain, d’une sorte de paradis sur terre ; or, toute velléité de ce genre ont toujours fini par les pires horreurs et les pires tyrannies. Ne compte que l’effort pour tendre vers une harmonie qui ne sera, de toute façon, jamais atteinte, toujours en progression, mais jamais contenue intrinsèquement dans le « Progrès ». C’est ce qui fait la force de la tradition et des nations qui la portent de diverses manières : elles savent ne pas se laisser berner par de vagues promesses, et leur préfèrent la vie et ses arcanes dans ce qu’elle ont à leur enseigner pour être toujours plus fortes et affirmées.

 

Un terme suffit à résumer l’attention à laquelle se doivent de s’exercer encore et encore les nations libres : réalisme ! Mais le réalisme n’est pas le pragmatisme. Cela signifie que ses propres principes, ses propres idéaux ne doivent aucunement être remis en question, et encore moins bradés, sur l’autel maudit des compromissions. Un idéal de civilisation n’est pas une idéologie ; une concrétude civilisationnelle n’est pas un idéalisme abstrait. Le concret (de cum, avec et crescere, croître) est un enracinement perpétuel dans la réalité qui permet de pouvoir s’élever. S’abstraire de cette réalité donne l’illusion, au contraire, de possibilités sans limites des capacités humaines. Mais puisque ces capacités sont ontologiquement limitées, il faut alors s’engager sur la voie délirante du transhumanisme et de ses options angoissantes et déséquilibrantes (les « transgendéristes » deviennent, par exemple, très majoritairement déséquilibrés mentaux) lorsque l’on a l’envie de devenir Dieu soi-même. C’est le chemin qu’a choisi l’Occident, du moins ses dirigeants, et plus encore ses vrais dirigeants de l’ombre… Ceux-ci ont des plans funestes pour les hommes ; ils veulent, sous le couvert du progressisme, faire sortir l’homme de sa propre humanité (mais, en réalité, que quelques « élus » seulement), et en même temps de l’apprentissage à son humilité. Mais l’humilité ne signifie pas faiblesse, mais sagesse. Et la sagesse n’implique nullement qu’il ne faille faire preuve d’affirmation face au faux, au laid, au nuisible et au détestable. Les couleurs bariolées de la fête permanente qui semble être celle dans laquelle l’Occident se vautre, ne doivent pas tromper sur ses dessous en putréfaction, sur l’infamie qui la supporte. Non ! La Russie (comme d’autres nations libres) doit rester forte et fière de ses racines, prête à démontrer au monde que l’honneur et la sagesse consistant à faire de la vie de son peuple un exemple d’accomplissement humain (avec tout ce que cela implique comme protection des valeurs traditionnelles comme la famille, l’effort, la défense des personnes plus faibles, l’éducation pour tous, etc.) valent bien mieux que la priorisation absolue des possibilités matérielles à laquelle s’est adonnée l’Occident malade de ses propres renoncements à son identité humaniste (que nous ne confondons pas avec l’humanitarisme, bien sûr !).

 

Yohann Sparfell

Décembre 2021

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Publié par Yohann Sparfell - dans Politique et social

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Membre de Eurasian Artists Association

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Le dépassement du nihilisme qui caractérise les temps modernes ne pourra surgir d'un quelconque recours à une idéologie progressiste, mais d'une pensée-action conservatrice-révolutionnaire, tant futuriste qu'archaïque-traditionnaliste !

C’est par le respect de chacune des singularités humaines et de l’inégalité ontologique qui les met en lien au sein des communautés, par une politique subsidiaire au sein des Nations comme dans l'Europe "impériale", par la justice selon le sens traditionnel de ce terme, et par la consécration d’une nouvelle "aristocratie" consciente de ses devoirs, que les habitants actuels de l'Europe pourrons reconstruire souverainement une Puissance qui leur sera propre et qui consacrera leur besoin de soumettre l'économique sous le politique en tant qu’instruments de leur volonté, de leur autonomie et de leur liberté. Mais la condition de tout ceci sera que nous sachions replacer au centre de nos vie et de nos actions les valeurs éternelles et sacrées qui ont su nous animer depuis des millénaires (à la source de l'autorité).

Le temps serait-il donc venu de faire de l'Europe un Imperium civilisationnel tout en affirmant la souveraineté de nos nations, et de ne plus rejeter toute idée de Puissance au nom d'une "liberté" idéalisée ? Car le monde qui se dessine est celui où s'affirmeront et les individus et leurs communautés ainsi que, au-delà, les Imperii civilisationnels ayant su dépasser les illusions de la consommation illimitée et des l'idéologies de la modernité finissante et dégénérée. À nous, hommes de conscience, d'en prendre acte !!

Yohann Sparfell

 

"Il convient de savoir que le combat est universel et la lutte justice, et que toutes choses arrivent par opposition et nécessités."

Héraclite

 

PHILITT, Philosophie, littérature et cinéma

 

Revue Éléments

 

Rebellion n° 93

 

Journal of Eurasian Affairs

(International Eurasian Movement)

 

Res Publica Europae

 

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