25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 19:52
Propositions (G. Bataille)

Propositions (G. Bataille)

Ce texte est paru dans le numéro 2 de la revue Acéphale de décembre 1936.

« La vie humaine est excédée de servir de tête et de raison à l’univers. Dans la mesure où elle devient cette tête et cette raison, dans la mesure où elle devient nécessaire à l’univers, elle accepte un servage. » G. Bataille in Acéphale n°1

Lorsque Nietzsche espérait être compris après cinquante ans, il ne pouvait pas l'entendre seulement au sens intellectuel. Ce pour quoi il a vécu et s'est exalté exige que la vie, la joie et la mort soient mises en jeu et non l'attention fatiguée de l'intelligence. Ceci doit être énoncé simplement et avec la conscience de s'engager. Ce qui se passe profondément dans le renversement des valeurs, d'une façon décisive, c'est la tragédie elle-même : il ne reste pas beaucoup de place pour le repos. Que l'essentiel pour la vie humaine soit exactement l'objet des horreurs soudaines, que cette vie soit portée dans le rire au comble de la joie par ce qui arrive de plus dégradant, de telles étrangetés placent ce qui se passe d'humain à la surface de la Terre dans les conditions d'un combat mortel : elles placent dans la nécessité de briser pour « exister » l'enchaînement de la vérité reconnue. Mais il est vain et excédent de s'adresser à ceux qui ne disposent que d'une attention feinte : le combat a toujours été une entreprise plus exigeante que les autres. C'est dans ce sens qu'il devient impossible de reculer devant une compréhension conséquente de l'enseignement de Nietzsche. Ceci vers un développement lent où rien ne peut être laissé dans l'ombre.

1 – Propositions sur le fascisme

1. « La plus parfaire organisation de l'Univers peut s'appeler Dieu »1.

Le fascisme qui recompose la société à partir d'éléments existants est la forme la plus fermée de l'organisation, c'est-à-dire l'existence humaine la plus proche du Dieu éternel.

Dans la révolution sociale (mais non dans le stalinisme actuel), la décomposition atteint au contraire son point extrême.

L'existence se situe constamment à l'opposé de deux possibilités également illusoires : elle est « ewige Vergottung und Entgottung », « une éternelle intégration qui divinise (qui rend Dieu) et une éternelle désintégration qui anéantit Dieu en elle-même ».

La structure sociale détruite se recompose en développant lentement en elle une aversion pour la décomposition initiale.

La structure sociale recomposée – que ce soit à la suite d'un fascisme ou d'une révolution négatrice – paralyse le mouvement de l'existence, qui exige une désintégration constante. Les grandes constructions unitaristes ne sont que les prodromes d'un déchaînement religieux qui entraînera le mouvement de la vie au delà de la nécessité servile.

Le charme, au sens toxique du mot, de l'exaltation nietzschéenne vient de ce qu'elle désintègre la vie en la portant au comble de la volonté de puissance et de l'ironie.

  1. Le caractère succédané de l'individu par rapport à la communauté est l'une des rares évidences qui ressortent des investigations historiques. C'est à la communauté unitaire que la personne emprunte sa forme et son être. Les crises les plus opposées ont abouti sous nos yeux à la formation de communautés unitaires semblables : il n'y avait donc là ni maladie sociale, ni régression ; les sociétés retrouvaient leur mode d'existence fondamentale, leur structure de tous les temps, telle qu'elle s'est formée ou reformée dans les circonstances économiques ou historiques les plus diverses.

    La protestation des êtres humains contre une loi fondamentale de leur existence ne peut évidemment avoir qu'une signification limitée. La démocratie qui repose sur un équilibre précaire entre les classes n'est peut-être qu'une forme transitoire ; elle n'apporte pas seulement avec elle les grandeurs mais aussi les petitesses de la décomposition.

    La protestation contre l'unitarisme n'a pas lieu nécessairement dans un sens démocratique. Elle n'est pas nécessairement faite au nom d'un en-deçà : les possibilités de l'existence humaine peuvent dès maintenant être situées au-delà de la formation des sociétés monocéphales.

  2. Reconnaître le peu de portée de la colère démocratique (en grande partie privée de sens du fait que les staliniens la partagent) ne signifie en aucune mesure l'acceptation de la communauté unitaire. Stabilité relative et conformité à la loi naturelle ne confèrent en aucun cas à une forme politique la possibilité d'arrêter le mouvement de ruine et de création de l'histoire, encore moins de satisfaire en une fois les exigences de la vie. Tout au contraire, l'existence sociale fermée et étouffée est condamnée à la condensation de forces d'explosion décisives, ce qui n'est pas réalisable à l'intérieur d'une société démocratique. Mais ce serait une erreur grossière d'imaginer qu'une poussée explosive ait pour but exclusif et même simplement pour but nécessaire la destruction de la tête et de la structure unitaire d'une société. La formation d'une structure nouvelle, d'un « ordre » se développant et sévissant à travers la terre entière, est le seul acte libératoire réel et le seul possible – la destruction révolutionnaire étant régulièrement suivie de la reconstitution de la structure sociale et de sa tête.

  3. La démocratie repose sur une neutralisation d'antagonismes relativement faibles et libres ; elle exclut toute condensation explosive. La société monocéphale résulte du jeu libre des lois naturelles de l'homme, mais chaque fois qu'elle est formation secondaire, elle représente une atrophie et une stérilité de l'existence accablantes.

    La seule société pleine de vie et de force, la seule société libre est la société bi ou polycéphale qui donne aux antagonismes fondamentaux de la vie une issue explosive constante mais limitée aux formes les plus riches.

    La dualité ou la multiplicité des têtes tend à réaliser dans un même mouvement le caractère acéphale de l'existence, car le principe même de la tête est réduction à l'unité, réduction du monde à Dieu.

  4. « La matière inorganique est le sein maternel. Etre délivré de la vie, c'est redevenir vrai ; c'est se parachever. Celui qui comprendrait cela considérerait comme une fête de retourner à la poussière insensible »2

    « Accorder la perception également au monde inorganique ; une perception absolument précise – là règne la « vérité » ! - L'incertitude et l'illusion commencent avec le monde organique »3

    « Perte dans toute spécialisation : la mature synthétique est la nature supérieure. Or, toute vie organique est déjà une spécialisation. Le monde inorganique qui se trouve derrière elle représente la plus grande synthèse de forces ; pour cette raison, il apparaît digne du plus grand respect. Là l'erreur, la limitation perspective n'existent point »4

    Ces trois textes, le premier résumant Nietzsche, les deux autres faisant partie de ses écrits posthumes, révèlent en même temps les conditions de splendeurs et de misère de l'existence. Etre libre signifie n'être pas fonction. Se laisser enfermer dans une fonction, c'est laisser la vie s'émasculer. La tête, autorité consciente ou Dieu, représente celle des fonctions serviles qui se donne et se prend elle-même pour une fin, en conséquence celle qui doit être l'objet de l'aversion la plus vivace. C'est limiter la portée de cette aversion que la donner comme le principe de la lutte contre les systèmes politiques unitaires : mais il s'agit d'un principe en dehors duquel une telle lutte n'est qu'une contradiction intérieure.

2 – Propositions sur la mort de Dieu

  1. L'acéphale exprime mythologiquement la souveraineté vouée à la destruction , la mort de Dieu, et en cela l'identification à l'homme sans tête se compose et se confond avec l'identification au surhumain qui EST tout entier « mort de Dieu ».

  2. Surhomme et acéphale sont liés avec un éclat égal à la position du temps comme objet impératif et liberté explosive de la vie. Dans l'un et l'autre cas, le temps devient objet d'extase et il importe en second lieu qu'il apparaisse comme « retour éternel » dans la vision de Surlej ou comme « catastrophe » (Sacrifices) ou encore comme « temps-explosion » : il est alors aussi différent du temps des philosophes (ou même du temps heiddegerien) que le christ des saintes érotiques l'est du Dieu des philosophes grecs. Le mouvement dirigé vers le temps entre d'un coup dans l'existence concrète alors que le mouvement vers Dieu s'en détournait pendant la première période.

  3. Le temps extatique ne peut se trouver que dans la vision des choses que le hasard puéril fait brusquement survenir : cadavres, nudités, explosions, sang répandu, abîmes, éclat du soleil et du tonnerre.

  4. La guerre, dans la mesure où elle est volonté s'assurer la pérennité d'une nation, la nation qui est souveraineté et exigence d'inaltérabilité, l'autorité de droit divin et Dieu lui-même représentent l'obstination désespérée de l'homme à s'opposer à la puissance exubérante du temps et à trouver la sécurité dans une érection immobile et proche du sommeil. L'existence nationale et militaire sont présentes au monde pour tenter de nier la mort en la réduisant à une composante d'une gloire sans angoisse. La nation et l'armée séparent profondément l'homme d'un univers livré à la dépense perdue et à l'explosion inconditionnelle de ses parties : profondément, au moins dans la mesure où les précaires victoires de l'avarice humaine sont possibles.

  5. La Révolution ne doit pas être considérée seulement dans ses tenants et aboutissants ouvertement connus et conscients mais dans son apparence brute, qu'elle soit le fait des puritains, des encyclopédistes, des marxistes ou des anarchistes. La Révolution dans son existence historique significative, qui domine encore la civilisation actuelle, se manifeste aux yeux d'un monde muet de peur comme l'explosion soudaine d'émeutes sans limites. L'autorité divine, du fait de la Révolution, cesse de fonder le pouvoir : l'autorité n'appartient plus à Dieu mais au temps dont l'exubérance libre met les rois à mort, au temps incarné aujourd'hui dans le tumulte explosif des peuples. Dans le fascisme lui-même, l'autorité a été réduite à se fonder sur une révolution prétendue, hommage hypocrite et contraint à la seule autorité imposante, celle du changement catastrophique.

  6. Dieu, les rois et leur séquelle se sont interposés entre les hommes et la Terre – de la même façon que le père devant le fils est un obstacle au viol et à la possession de la Mère. L'histoire économique des temps modernes est dominée par la tentative épique mais décevante des hommes acharnés à arracher sa richesse à la Terre. La Terre a été éventrée, mais de l'intérieur de son ventre, ce que les hommes sont extrait, c'est avant tout le fer et le feu, avec lesquels ils ne cessent plus de s'éventrer entre eux. L'incandescence intérieure de la Terre n'explose pas seulement dans le cratère des volcans : elle rougeoie et crache la mort avec ses fumées dans la métallurgie de tous les pays.

  7. La réalité incandescente du ventre maternel de la Terre ne peut pas être touchée et possédée par ceux qui la méconnaissent. C'est la méconnaissance de la Terre, l'oubli de l'astre sur lequel ils vivent, l'ignorance de la nature des richesses, c'est-à-dire de l'incandescence qui est close dans cet astre, qui a fait de l'homme une existence à la merci des marchandises qu'il produit, dont la partie la plus importante est consacrée à la mort. Tant que les hommes oublieront la véritable nature de la vie terrestre, qui exige l'ivresse extatique et l'éclat, cette nature ne pourra se rappeler à l'attention des comptables et des économistes de tout parti qu'en les abandonnant aux résultats les plus achevés de leur comptabilité et de leur économie.

  8. Les hommes ne savent pas jouir librement et avec prodigalité de la Terre et de ses produits : la Terre et ses produits ne se prodiguent et ne se libèrent sans mesure que pour détruire. La guerre atone, telle que l'a ordonnée l'économie moderne, enseigne aussi le sens de la Terre, mais elle l'enseigne à des renégats dont la tête est pleine de calculs et de considérations courtes, c'est pourquoi elle l'enseigne avec une absence de cœur et une rage déprimante. Dans le caractère démesuré et déchirant de la catastrophe sans but qu'est la guerre actuelle, il nous est cependant possible de reconnaître l'immensité explosive du temps : la Terre-mère est demeurée la vieille divinité chtonienne, mais avec les multitudes humaines, elle fait aussi s'écrouler le dieu du ciel dans un vacarme sans fin.

  9. La recherche de Dieu, de l'absence de mouvement, de la tranquillité, est la peur qui a fait sombrer toute tentative de communauté universelle. La cœur de l'homme n'est pas inquiet seulement jusqu'au moment où il se repose en Dieu : l'universalité de Dieu demeure encore pour lui une source d'inquiétude et l'apaisement ne se produit que si Dieu se laisse enfermer dans l'isolement et dans la permanence profondément immobile de l'existence militaire d'un groupe. Car l'existence universelle est illimitée et par là sans repos : elle ne referme pas la vie sur elle-même mais l'ouvre et la rejette dans l'inquiétude de l'infini. L'existence universelle, éternellement inachevée, acéphale, un monde semblable à une blessure qui saigne, créant et détruisant sans arrêt les êtres particuliers finis : c'est dans ce sens que l'universalité vraie est mort de Dieu.

Georges Bataille

1Volonté de puissance, § 712 (Oeuvres complètes, Leipzig, 1908, t. XVI, p. 170)

2Cf. Andler, Nietzsche, sa vie et sa pensée, t. VI, N.R.F, 1931, p. 307 et Oeuvres posthumes, Epoque du « Gai savoir », 1881-2, § 497 et 498 (Oeuvres complètes, Leipzig, 1901, t. XII, p. 228)

3Oeuvres posthumes, 1883-8 (Oeuvres complètes, Leipzig, 1903, t. XIII, p. 228) ; tr. fr. dans Oeuvres posthumes, Mercure, 1934, p. 140, § 332.

4Id., même page ; tr. fr. § 333.

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« Dans Goethe, l’Europe est une mère aux fils innombrables ; par la voix du poète, elle les invite à se reconnaître. Goethe leur ouvre les yeux ; qu’ils consentent enfin à prendre conscience les uns des autres ; qu’ils aient honte de se calomnier et de se haïr. Goethe, puissant Allemand, n’entend pas que l’Europe soit allemande, ni que la France ou la Chine le devienne. Pour que l’Europe soit vraiment elle-même, il faut que l’Allemagne soit le plus allemande et la France le plus française que faire se pourra : moins le mal, ici et là, moins le mépris, la violence et la haine. »

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L'Europe est un projet de civilisation ou elle n'est rien. À ce titre, elle implique une certaine idée de l'homme. Cette idée est à mes yeux celle d'une personne autonome et enracinée, rejetant d'un même mouvement l'individualisme et le collectivisme, l'ethnocentrisme et le libéralisme. L'Europe que j'appelle de mes vœux est donc celle du fédéralisme intégral, seul à même de réaliser de manière dialectique le nécessaire équilibre entre l'autonomie et l'union, l'unité et la diversité. C'est sur de telles bases que l'Europe devrait avoir pour ambition d'être à la fois une puissance souveraine capable de défendre ses intérêts spécifiques, un pôle de régulation de la globalisation dans un monde multipolaire, et un projet original de culture et de civilisation.

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Le dépassement du nihilisme qui caractérise les temps modernes ne pourra surgir d'un quelconque recours à l'une des idéologies du passé (communisme, fascisme) ou du présent (libéralisme), mais d'une pensée "conservatrice" qu'il devient aujourd'hui nécessaire de redéfinir. Il pourrait ainsi bien émerger d'une redéfinition radicale de l'autonomie individuelle et collective en Europe, et d'une réflexion renouvelée de ce qui fait l'homme, de l'alliance inaliénable de la transcendance et de l'immanence. Le devenir de l'être se situe dans l'éternel présent de cette dialectique à redéfinir, ainsi que dans une éternelle rencontre du passé et du futur, non dans un « autre monde possible », un idéal abstrait et prétendument plus vrai que le réel.

 

"On a pris ainsi longtemps le dessin pour l'ébauche d'une oeuvre qui, une fois achevée, le renvoyait à l'oubli et au néant. On sait que c'est faux : le dessin est déjà toute l'oeuvre, il n'y en a pas d'autre." Jean Baudrillard, Le miroir de la production, note 20 p. 143, 1973

 

Je suis animé du désir vivant et dissident de porter aussi loin que possible le coup du glaive dans le tréfonds de l'ordre moral trois fois centenaire, mais surtout aujourd'hui issu d'une subversion de la pensée européenne multimillénaire nous ayant donné à songer que nous puissions nous prendre pour des dieux. Les Lumières nous ont-elles trahis, ou aurions-nous trahi les Lumières ? Ou n'est-ce la pensée qui se serait trahie elle-même ? Si l'homme ne peut se passer de croyance, au moins a-t-il en cette époque submergée par de vaniteuses certitudes à son propos déposé dans les hauteurs du Royaume Celeste, vidé, la croyance en sa toute puissance. Mais à se croire tout-puissant, l'on en vient par la suite à se nier, à se mépriser, car "on" en oublie jusqu'à notre âme, en oubliant nos racines. Dans notre monde post-moderne, nous ne donnons à la vie que la possibilité de sa propre négation en voulant la protéger d'elle-même par la voie (ou la voix, appauvrie, du langage SMS) des idéalismes et des dogmes attachés aux antiennes de la "sainte" parole ultra-libérale.  


Il s'agit donc de comprendre que nos pensées ne sont pas neutres et que nous ne saurions nous élever sans "prendre le risque" d'avoir la conscience de ce qui fonde les supposées vertus de celles-ci : nos convictions, et ce sur quoi elles sont fondées ! L'émancipation ne peut advenir sans ce courage, cette probité, intellectuelle, sans tomber pour autant dans "l'intellectualisme" et la posture théorique. Réapprendre à penser, réapprendre à se poser et à "voir", à "lire", c'est aussi réapprendre à orienter nos pensées vers l'Être... à ne plus oublier l'Être... donc à ne plus omettre que, en tant qu'hommes, nous sommes éternellement redevables de ce qui nous fonde et nous élève.

 

Car nous sommes détenteurs, et passeurs, de la Tradition (traditio, de tradere : trans - à travers - et dare - donner) pour la continuité et pour l'avenir de laquelle s'érige face à nous, hommes conscients, socialistes conservateurs-révolutionnaires européens, héritiers des mouvements sociaux du passé, l'obligation de repenser le social, et le socialisme (de socius, ensemble, associés) à la Lumière de l'Impératif vital : promouvoir une restructuration organique et holistique, symbiotique, selon un schéma fédératif, des énergies humaines, tant économiques que culturelles et politiques, en France puis en Europe afin de retrouver la pleine puissance et maîtrise de nos agir, notre souveraineté nationale et civilisationnelle !

 

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