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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 18:46
Stéphane Lupasco et le Tiers inclus. De la physique quantique à l’ontologie (par Basarab Nicolescu)

Introduction à Stéphane Lupasco et le Tiers inclus.

De la physique quantique à l’ontologie

De Basarab Nicolescu

 

 

 

« [...] il n’est pas d’élément, d’événement, de point quelconque au monde qui soit indépendant, qui ne soit dans un rapport quelconque de liaison ou de rupture avec un autre élément ou événement ou point, du moment qu’il y a plus d’un élément ou événement ou point dans le monde (ne serait-ce que pour notre représentation ou notre intellect) [...]. Tout est ainsi lié dans le monde [...] si le monde, bien entendu, est logique [...]. » S. Lupasco, Les trois Matières, 1960

 

« A tout phénomène ou élément ou événement logique quelconque, et donc au jugement qui le pense, à la proposition qui l'exprime, au signe qui le symbolise : e, par exemple, doit toujours être associé, structuralement et fonctionnellement, un anti-phénomène ou anti-élément ou anti-événement logique, et donc un jugement, une proposition, un signe contradictoire : non-e ; et de telle sorte qu'e ou non-e ne peut jamais qu'être potentialisé par l'actualisation de non-e ou e, mais non pas disparaître afin que soit non-e soit e puisse se suffire à lui-même dans une indépendance et donc une non-contradiction rigoureuse (comme dans toute logique, classique ou autre, qui se fonde sur l'absoluité du principe de non-contradiction). » S. Lupasco, Principes d’antagonisme et la logique de l’énergie, 1951

 

 

 

S’inspirant de la physique quantique, Stéphane Lupasco, né en 1900 à Bucarest en Roumanie, décédé en 1988 à Paris, était un philosophe qui a fait don à la pensée logique, de par son immense œuvre d’une profondeur et d’une altitude phénoménales, d’une perspective jusque là inexplorée lui permettant de parcourir l’ensemble du Monde à partir de la Réalité « matérielle » psychique qui en est le substrat (la « troisième matière »). Ce principe de logique contradictoire qu’il mit en avant, celui de Tiers inclus, et celui de la dialectique quantique à laquelle ce dernier est associé, est en effet fortement capable de révolutionner notre vision du monde. Sans pour autant faire preuve d’un relativisme prosaïque car la logique contradictoire mis en exergue par Lupasco se place au-delà de la logique non-contradictoire classique, et en fait l’englobe dans une logique intégrale tout autant sous-jacente et totalisante. Le caractère sous-jacent de cette trialectique, de ce dépassement relationnel des contradictions constitutives du monde, fait d’ailleurs penser à ce que Nietzsche a pu avancer quant à lui avec son concept de « volonté de puissance » (que nous préférons pour notre part traduire par volonté vers la Puissance). En effet, d’après ce dernier, le monde est, expression d’une trame sous-jacente, cachée, de relations de forces, un « devenir » qui s’appuie sur des contradictions inhérentes à ces forces, sur un différentiel de ces forces qui s’équilibrent temporellement et de façons précaire et instable dans notre monde en le créant (ce qui est proprement l’œuvre du psychisme « créateur », la nécessité vitale, qui opère sur le support des affects qui, eux, sont du domaine de l’être et non du pur relationnel). Ce parallèle, que certains trouveront peut-être hasardeux, est pourtant fondé sur le fait que Nietzsche a insisté sur le caractère strictement relationnel du jeu contradictionnel des forces mues par la volonté vers la Puissance (celle-ci étant même cet ensemble relationnel). Ces forces n’existent en fait que par les relations contradictoires qui les meuvent (l’une ne peut exister sans l’existence de son contradictoire, son antagoniste – l’agôn : « conflit inhibiteur » déterminant l’activité « microphysique » de la « matière psychique » ; de la même manière, une proposition logique de peut être sans sa proposition antagonique). Un équilibre non-contradictoire s’instaure au niveau des mondes vivants, tout en étant absorbé perpétuellement par, au niveau psychique, ce que Lupasco appelle la « dilatation du doute », le hasard et la nécessité de l’actualisation de l’affirmation de l’être (qui est, réellement, illusion). Ces relations de forces impliquent, d’après Nietzsche, une sélection, voire même une ségrégation puisque nous faisons effectivement bien preuve d’exclusion de ce qui ne nous semble pas justifiable ni « raisonnable ». Mais, un nouvel équilibre psychique créateur au niveau de Réalité des contradictions de forces, comme « d’éléments, d’événements, de points quelconques », reste toujours possible dans le monde exprimé de la volonté vers la Puissance sous la forme d’une hiérarchisation des valeurs et du caractère réversible de celle-ci (« renversement des valeurs »). La logique d’inclusion lupascienne peut ainsi paraître comme un dépassement logique de Réalité supérieure du seule principe d’exclusion propre au niveau de Réalité des forces, ou propositions, contradictoires. Elle introduit, comme Nietzsche l’avait fait à sa façon et avec sa spécificité avec son concept de Retour Éternel et de Surhomme, un niveau de Réalité qui permet d’élever le regard, de voir le monde « du haut des cimes », afin de pouvoir aborder d’une façon totalement nouvelle la vie, et plus particulièrement les domaines sociaux et politiques où la logique du tiers exclu, parce qu’elle est encore hégémonique, a fait des ravages. Comprendre la nature de la volonté vers la Puissance, permet aussi d’aborder plus sereinement et avec une vision perspectiviste plus élevée (une distanciation par rapport aux « partis-pris » de la Raison, de la morgue comme des ressentiments), la complexité du monde dans laquelle nous sommes enveloppés et qui nous porte, nous et nos fameuses contradictions, à tendre vers une harmonisation de la diversité par son dépassement trialectique vers l’universel. Il s’agit là non seulement d’un facteur de réel progrès humain, initié autant par la philosophie non spéculative qui ne rejette pas par principe la tradition mais qui l’actualise, que par les découvertes scientifiques de la physique quantique et d’autres sciences comme l’épigénétique, augurant d’une nouvelle et (archéo)futuriste approche de l’autonomie du Vivant.

 

Y. Sparfell

Voici, en PDF téléchargeable, le texte de Basarab Nicolescu :

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Publié par Yohann Sparfell - dans Documents
27 juin 2020 6 27 /06 /juin /2020 17:37
La sensibilité individualiste (par Georges Palante)
La sensibilité individualiste
 
Avant-propos
On s'est proposé d'étudier ici quelques aspects de la sensibilité individualiste et quelques attitudes intellectuelles voisines de l'individualisme, telle que l'immoralisme et l'anarchisme.
Le titre de ce livre indique l'absence de préoccupations dogmatiques. On ne veut formuler que les placita d'une sensibilité particulière qui ne vise pas à universaliser ses préférences.
Aussi bien, l'individualisme n'est-il pas objet de prosélytisme. Il n'a de valeur à ses propres yeux que s'il est une personnelle sensation de vie.
 
La suite sur le PDF :

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Publié par Yohann Sparfell - dans Documents
9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 10:36
Le festival du village – Pieter Brueghel le Jeune

Le festival du village – Pieter Brueghel le Jeune

Voici un texte de John Clark qui peut apporter la démonstration d'une part, de l'importance fondamentale des principes de l'écologie sociale, de l'éco-philosophie et du communalisme dans un combat socialiste au point de l'évolution humaine où nous sommes situés et d'autre part, que ces principes ne sont pas légitimement appelés à être accolés aux préjugés et aux rhétoriques d'une gauche dite « radicale », mais plutôt en fait « sociétale », qui y voit une occasion par le biais d'un écologisme mal compris de renouveler son discours n'ayant eu de cesse d'accompagner le libéralisme dans sa destruction des communautés traditionnelles et locales : il y a là comme une sérieuse contradiction que ne saurait cacher plus longtemps une parodie de nostalgie déplacée envers une époque soixantehuitarde où ne devrait régner que l'absolutisme de l'individu et de ses droits. L'écologie sociale est l'aboutissement temporaire d'une pensée très ancienne qui a parcouru, entre autres, les consciences de Kropotkine, Élisée Reclus, Patrick Geddes, Lewis Mumford et Murray Bookchin. Ce dernier n'est donc pas l' « inventeur » de l'écologie sociale, mais d'une certaine vision de celui-ci, plus ancrée à gauche, plus matérialiste aussi, tout en n'échappant pas à certains travers « dogmatiques », tel que nous le rappelle Clark. La « pensée écologique communautaire » ne saurait par conséquent se laisser enfermer dans une idéologie clairement définie, tout en se donnant néanmoins la possibilité de faire ré-émerger à la conscience des hommes, au travers des principes comme ceux de l'écologie sociale, ce qui du plus profond d'eux-mêmes leur apporte les conditions ontologiques, philosophiques et politiques de leur propre affirmation et auto-réalisation. Nulle doute que Bookchin a marqué de son empreinte cette réaffirmation, ou, plus exactement, expression théorique et pratique d'une possibilité révolutionnaire d'affirmation, et ce malgré les concessions faite à son époque, mais il n'a pas été le seul sur cette voie, chose que lui-même ne démentirait pas d'ailleurs. La pensée holiste dialectique, au centre de l'écologie sociale, et même du socialisme organique ou communautaire, est en quelque sorte la pensée de l'homme réel, c'est-à-dire de l'homme en tant que nature prenant conscience d'elle-même. C'est une pensée que les hommes conscients de leur place en ce monde, dans le Cosmos, doivent continuer à enrichir afin de pouvoir, en notre époque d'incertitude et de déliquescence de nos valeurs communes, réorienter l'évolution humaine en nos communautés, notamment européennes, vers une plus grande conscience de la complexité et du caractère indépassable des interrelations qui nous constituent et nous élèvent.

Y.S.

 

Une écologie sociale


 

Par John Clark

Traduction d'Alain Thévenet,

revue par Ronald Creagh



 

L'humanité est la nature prenant conscience d'elle-même.

Elisée Reclus (1)


 

En son sens le plus profond et le plus authentique, l'écologie sociale est le réveil de la communauté terrestre, qui réfléchit sur elle-même, découvre son histoire, explore la situation difficile dans laquelle elle se trouve et envisage son futur(2). Un des aspects de ce réveil est le processus de réflexion philosophique. En tant qu'approche philosophique, une écologie sociale s'intéresse aux dimensions ontologique, épistémologique, éthique et politique des relations entre le social et l'écologique et recherche une sagesse pratique découlant de telles réflexions. Elle cherche à nous orienter, en tant qu'êtres concrètement inscrits dans une histoire humaine et naturelle, pour nous permettre de faire face aux défis et aux opportunités. Ce faisant, elle développe une analyse à la fois holistique et dialectique et une pratique sociale qu'on pourrait mieux décrire comme un éco-communitarisme.

.....Suite dans le fichier PDF ci-dessous :

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Publié par Yohann Sparfell - dans Documents
6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 19:40
Joseph Victor Ranvier - La source

Joseph Victor Ranvier - La source

Le culte des eaux et des sources dans le monde romain (introduction par Y. Sparfell)

 

 

Ce n'est pas la nature en elle-même qui est sacrée, comme le proclamait le romantisme. Si certains sites en particulier, sources, bois, lacs, rivières ou sommets, ont pu durant l'Antiquité faire l'objet de cultes, c'est bien parce qu'ils représentaient aux yeux des Anciens les demeures exemplaires des divinités, des sites remarquables qui, par le symbolisme qu'ils inspirent toujours, font part de l'harmonie du Tout. Les rites qui s'y déroulaient devaient donc harmoniser les actions des hommes avec l'Ordre du monde tel qu'il pouvait apparaître de part l'action des Dieux.

Il est un principe qu'il nous faut bien comprendre, c'est que le monde d'en bas, le nôtre, est à l'image du monde d'en haut, celui des Dieux. On peut d'autant mieux interpréter ce principe ancestral en songeant à regarder la « nature » comme un grand livre ouvert. C'est une lecture. Et une lecture implique de savoir interpréter les signes qui s'y trouvent. Il ne saurait être question, ce serait absurde, de sacraliser les signes en eux-mêmes, mais bel et bien de donner un sens à l'élégance toute « naturelle » qu'ils nous paraissent avoir dans leur ordonnancement. Disons que certains signes, certaines expressions particulières de la puissances des Dieux dans le chaos de la nature sont à même de faire naître en nous une singulière interprétation de l'Harmonie qu'Ils sont sensés générer par leur présence. C'est cette toujours singulière interprétation qui fonde chaque communauté et lui apporte croyances, valeurs, certitudes, mais aussi espoir de pérennité et de grandeur.

 

 

Le culte des eaux et des sources dans le monde romain

(cours du professeur John Scheid)

« Nullus enim fons non sacer, ''il n’y a de source, en effet, qui ne soit sacrée''. C’est en ces termes que le commentateur de l’Enéide de Virgile, Servius, expliquait l’emploi par le poète, de l’expression sacer fons, ''source sacrée'', au vers 84 du livre 7.

Cette formule lapidaire met à l’aise le lecteur moderne qui est persuadé que le sujet n’a rien de surprenant. La source est sacrée, on vénère et on supplie le sacré qui est dans l’eau pour obtenir un bienfait, généralement la santé. Voilà ce que le lecteur entend en lisant le commentaire de Servius. C’est la sacralité active de l’eau qui semble en cause, c’est cela que les Anciens étaient censés rechercher. Et le lecteur pense immédiatement à Lourdes, à Vichy, Ax, Ferrières, Spa, Bagnères-de- Bigorre et tant d’autres stations thermales. La formule de Servius n’a toutefois pas le sens que les modernes ont tendance à lui accorder après un siècle et demi de thermalisme ... »

Suite dans le fichier PDF joint :

Gustave Courbet - La source

Gustave Courbet - La source

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Publié par Yohann Sparfell - chevalier de Bretagne - dans Documents
11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 10:43
Johannes Althusius (par Alain de Benoist)

Johannes Althusius – Présentation

 

 

 

Dans quel sens peut-on dire qu'aujourd'hui J. Althusius est un penseur actuel ? Sans doute parce que ses écrits peuvent faire en sorte en notre époque d'incertitude, de faire naître en nous une pensée politique inactuelle. Non pas inactuelle parce qu'elle serait issue du passé lointain de l'Europe, et donc à ce titre dépassée, mais tout au contraire parce qu'elle pourrait représenter pour les européens d'aujourd'hui une solution possible pour leur avenir commun face aux impasses dans lesquelles nous ont fourvoyées les idéologies universalistes des Lumières.

Des deux types théoriques de souveraineté qui sont issus des penseurs du XVIème siècle, Jean Bodin et Johannes Althusius, l'histoire européenne n'en a conservé qu'une, celle que conçu Bodin à partir d'une vision dualiste de l'autorité issue « d'un croisement entre la théorie juridique de la corporation romaine et une théologie fondée sur la notion paulinienne de ''corps mystique'', qui décrit l'universalité du peuple des croyants comme une entité unique. » Or, avec plusieurs siècles de recul, ne peut-on aujourd'hui constater que les principes à partir desquels a été imposée une souveraineté placée dans les sommets de l'État et séparée de la vie communautaire, sont aussi ceux par lesquels se sont désengagés peu à peu les citoyens de la politique et donc de leurs responsabilités vis-à-vis du « bien commun » ?

La « vie politique » s'est réduite à une volonté de prise de pouvoir en fonction d'intérêts divergents (dans sa version « démocratique »), et l'auto-organisation populaire issue des désirs et nécessités sociales, des réalités locales et de l'élaboration du bien commun, s'est retrouvée rabaissée, puis niée, eu égard une nouvelle nécessité : celle d'assurer au pouvoir monarchique, puis républicain, une hauteur et une autonomie intégrale lui permettant de concentrer en son sein toute la souveraineté, et par là-même la garantie des droits dévolus à l'individu atomisé de l'idéologie libérale naissante.

Car au fond, c'est bien de cela qu'il s'agit : ne plus faire du citoyen l'élément indispensable de la vie communautaire au travers des divers groupes, collèges, associations, provinces, cités, etc., qui la composent et l'animent, mais une entité isolée, directement en lien avec l'État qui devient alors le garant de ses droits à défendre ses propres intérêts face à ceux des autres, et ce en concomitance avec l'avènement puis l'absolutisme de l'idéologie libérale. Dans le premier cas, le citoyen, la personne publique, est celui par qui se développe la vie politique au travers de ses diverses appartenances aux consociatio symbiotica (« communautés symbiotiques ») qui structurent la société de bas en haut. Dans le deuxième cas, la politique se transforme en combats d'opinions et n'a plus réellement de prise au travers de sa mise en œuvre somme toute pipée sur les choix affectant la vie commune... et même individuelle ; elle force même l'individu à ne devenir qu'un rouage d'une vaste machinerie structurée de haut en bas. D'un côté, la politique, collée au plus près de la vie, incite, et même ne peut concevoir la personne qu'en tant qu'actrice de son propre destin. De l'autre côté, le terme de « politique » est celui par lequel nous nommons encore une « participation » à notre propre soumission à un ordre mercantile libéral. D'un côté la diversité et l'équité, de l'autre, l'égalité et l'uniformité.

Il n'y a pas là de dichotomie, mais une continuité entre une haute conception de la civilisation qui fait de l'homme l'élément moteur de la socialité et de son propre accomplissement au travers de la diversité de ses appartenances, et une conception dégénérescente de l'homme qui le réduit à un rôle perpétuellement subalterne par rapport à une théorie, une idéologie, l'assignant à un « état de nature » par lequel seul compte ses intérêts immédiats et ses jouissances.

Afin de pouvoir redonner à la politique ses lettres de noblesse, son aspect « aristocratique », il nous sera nécessaire de redéfinir la notion même de fédéralisme et de souveraineté, ainsi que de prendre conscience où se doit, dans une civilisation évoluée, de prendre place cette dernière : dans le peuple ou exclusivement dans l'État ? C'est au travers de cette démarche que nous pourrons de nouveau re-lier le destin de notre Europe et de ses peuples avec les traditions qui sont nôtres et une autorité vivante réinsérée dans les fonctions organiques de nos vies communautaires ré-élaborées, fédéralisées.

D'où l'importance aujourd'hui de redécouvrir ce grand penseur que fut Johannes Althusius !

 

 

Ci-après le texte d'Alain de Benoist « Johannes Althusius (1557-1638) » que je vous invite à lire afin d'avoir une première approche de la profondeur et de l'importance actuelle de son œuvre. Il existe aussi deux ouvrages de Gaëlle Demelemestre édités aux éditions du Cerf sur Althusius :

 

> Les Deux souverainetés et leur destin, http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/fichetm.asp?n_liv_cerf=9322

 

> Introduction à la « Politica methodice digesta » de Johannes Althusius, http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/fichelivre.asp?n_liv_cerf=9635

 

Bonne lecture...

 

Document PDF "Johannes Althusius" par Alain de Benoist :

Johannes Althusius (par Alain de Benoist)

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Publié par Yohann Sparfell - chevalier de Bretagne - dans Documents
5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 18:54
Dédicace à Bacchus - Sir Lawrence Alma-Tadema

Dédicace à Bacchus - Sir Lawrence Alma-Tadema

"...Un trait marquant de la manière dont Castoriadis aborde l'étude de la Grèce ancienne, réside dans l'importance qu'il accorde à l'analyse du fonctionnement des institutions d'Athènes et au témoignage des historiens (Herodote et Thucydide), ainsi qu'à celui des poètes (notamment Homère, Hésiode, Eschyle et Sophocle). Pour Castoriadis, le projet d'autonomie implique nécessairement que l'agir politique soit aussi en même temps une forme de pensée politique. Castoriadis qualifie en effet de "philosophies en acte" la praxis politique, en insistant sur le fait que les philosophies politiques "théoriques" de Platon et d'Aristote vinrent après cette grande pensée démocratique en acte, et qu'elles lui furent donc "réactives"..."

 

Ce texte de Sophie Klimis, de l'université Saint-Louis de Bruxelle, peut être trouvé sur le site de la revue Klésis, faisant partie du numéro 28 (2013) : http://www.revue-klesis.org/numeros.html#d28

 

 

Apothéose D'Homère - Jean Auguste Dominique Ingres

Apothéose D'Homère - Jean Auguste Dominique Ingres

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Publié par Max L'Hameunasse - chevalier de Nüllpahrt - dans Documents
22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 18:28
Création du monde (par Pierre Klossowski)

Etre un grand seigneur qui porte l'épée : culbuter filles, dames et demoiselles ; faire l'aumône aux pauvres à condition qu'ils renient Dieu, dépouiller la veuve et l'orphelin, ne compter ni rentes, ni dettes ; entretenir des poètes à condition qu'ils chantent le délire des sens, des peintres capables de retenir les mouvements de la volupté, des ingénieurs pour les plaisirs d'un tremblement de terre sur commande, des chimistes pour essayer des poisons lents et foudroyants ; fonder quelques maisons d'éducation pour y recruter un sérail d'icoglans et d'odalisques, chasser l'enfant nu, à pied ou à cheval ; offrir des banquets à la populace sur un tréteau pourvu de trappes qui l'engloutissent au dessert ; mais si tout n'est pas possible, faire jouer des spectacles étranges, faire célébrer la messe pour profaner l'hostie, afin de faire venir le diable, et si tout cela est trop ennuyeux à la longue, si l'on s'étonne qu'aucun avertissement visible et clair ne vienne vous arrêter, essayer de se faire peur par un autre moyen, se faire rouer de coups par ses valets. Mais si le monde étonné vous demande des raisons de tout ceci, affirmer que Dieu n'existe pas, mais que par contre Tibère et Néron ont existé, que l'un fit crucifier le Fils de Dieu, que l'autre jeta aux lions ses disciples et que l'immortalité de l'âme étant un leurre, il s'agit de s'immortaliser dans le monde par des crimes plutôt que par des bienfaits, la reconnaissance étant passagère et le ressentiment éternel. Bref, accepter en souriant de passer pour un pourceau d'Épicure ou de l'être ; s'entourer d'une cours de savants et de poètes, d'artistes et d'acteurs, de bourreaux et de sujets propres à tous les caprices du moment. Car le moment est tout plein d'exigences, car le moment est insurmontable....

La suite sur le PDF :

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Publié par Max L'Hameunasse - dans Documents
7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 15:12
L'âme humaine sous le régime socialiste (par Oscar Wilde)

Un texte sûrement à la saveur des temps anciens mais qui ne manque néanmoins pas pour autant encore d'attrait en nos funestes jours.... A redécouvrir donc.

Le principal avantage qui résulterait de rétablissement du socialisme serait, à n’en pas douter, que nous serions délivrés par lui de cette sordide nécessité de vivre pour d’autres, qui dans l’état actuel des choses, pèse d’un poids si lourd sur tous presque sans exception. En fait, on ne voit pas qui peut s’y soustraire.

Çà et là, dans le cours du siècle, un grand homme de science, tel que Darwin ; un grand poète, comme Keats ; un subtil critique comme Renan ; un artiste accompli, comme Flaubert, ont su s’isoler, se placer en dehors de la zone où le reste des hommes fait entendre ses clameurs, se tenir à l’abri du mur, que décrit Platon réaliser ainsi la perfection de ce qui était en chacun, avec un avantage incalculable pour eux, à l’avantage infini et éternel du monde entier.

Néanmoins, ce furent des exceptions.

La majorité des hommes gâchent leur existence par un altruisme malsain, exagéré, et en somme, ils le font par nécessité. Ils se voient au milieu d’une hideuse pauvreté, d’une hideuse laideur, d’une hideuse misère. Ils sont fortement impressionnés par tout cela, c’est inévitable.

L’homme est plus profondément agité par ses émotions que par son intelligence, et comme je l’ai montré en détail dans un article que j’ai jadis publié sur la Critique et l’Art, il est bien plus facile de sympathiser avec ce qui souffre, que de sympathiser avec ce qui pense. Par suite, avec des intentions admirables, mais mal dirigées, on se met très sérieusement, très sentimentalement à la besogne de remédier aux maux dont on est témoin. Mais vos remèdes ne sauraient guérir la maladie, ils ne peuvent que la prolonger, on peut même dire que vos remèdes font partie intégrante de la maladie.

Par exemple, on prétend résoudre le problème de la pauvreté, en donnant aux pauvres de quoi vivre, ou bien, d’après une école très avancée, en amusant les pauvres.

Mais par là, on ne résout point la difficulté ; on l’aggrave, le but véritable consiste à s’efforcer de reconstruire la société sur une base telle que la pauvreté soit impossible. Et les vertus altruistes ont vraiment empêché la réalisation de ce plan.

Tout de même que les pires possesseurs d’esclaves étaient ceux qui témoignaient le plus de bonté à leurs esclaves, et empêchaient ainsi d’une part les victimes du système d’en sentir toute l’horreur, et de l’autre les simples spectateurs de la comprendre, ainsi, dans l’état actuel des choses en Angleterre, les gens qui font le plus de mal, sont ceux qui s’évertuent à faire le plus de bien possible. C’est au point qu’à la fin nous avons été témoins de ce spectacle : des hommes qui ont étudié sérieusement le problème, et qui connaissent la vie, des hommes instruits, et qui habitent East-End, en arrivent à supplier le public de mettre un frein à ses impulsions altruistes de charité, de bonté, etc. Et ils le font par ce motif que la Charité dégrade et démoralise. Ils ont parfaitement raison.

La Charité est créatrice d’une multitude de péchés.

Il reste encore à dire ceci : c’est chose immorale que d’employer la propriété privée à soulager les maux affreux que cause la privation de propriété privée ; c’est à la fois immoral et déloyal.

Sous le régime socialiste, il est évident que tout cela changera.

Il n’y aura plus de gens qui habiteront des tanières puantes, seront vêtus de haillons fétides, plus de gens pour procréer des enfants malsains, et émaciés par la faim, au milieu de circonstances impossibles et dans un entourage absolument repoussant.

La sécurité de la société ne sera plus subordonnée, comme elle l’est aujourd’hui, au temps qu’il fait. S’il survient de la gelée, nous n’aurons plus une centaine de mille hommes forcés de chômer, vaguant par les rues dans un état de misère répugnante, geignant auprès des voisins pour en tirer des aumônes ou s’entassant à la porte d’abris dégoûtants pour tâcher d’y trouver une croûte de pain et un logement malpropre pour une nuit. Chacun des membres de la société aura sa part de la prospérité générale et du bonheur social, et s’il survient de la gelée, personne n’en éprouvera d’inconvénient réel.

Et d’autre part, le socialisme en lui-même aura pour grand avantage de conduire à l’individualisme.

Le socialisme, le communisme, — appelez comme vous voudrez le fait de convertir toute propriété privée en propriété publique, de substituer la coopération à la concurrence, — rétablira la société dans son état naturel d’organisme absolument sain, il assurera le bien-être matériel de chaque membre de la société. En fait, il donnera à la vie sa vraie base, le milieu qui lui convient. Mais pour que la vie atteigne son mode le plus élevé de perfection, il faut quelque chose de plus.

Ce qu’il faut, c’est l’individualisme. Si le socialisme est autoritaire, s’il existe des gouvernements armés du pouvoir économique, comme il y en a aujourd’hui qui sont armés du pouvoir politique, en un mot, si nous devons avoir des tyrannies industrielles, alors ce nouvel état de choses sera pire pour l’homme que le premier.

Actuellement, grâce à l’existence de la propriété privée, beaucoup d’hommes sont en état de produire une somme extrêmement restreinte d’individualisme.

Les uns sont soustraits à la nécessité de travailler pour vivre, les autres sont libres de choisir la sphère d’activité où ils se sentent réellement dans leur élément, où ils trouvent leur plaisir : tels sont les poètes, les philosophes, les hommes de science, les hommes cultivés, en un mot les hommes qui sont parvenus à se définir, ceux en qui toute l’humanité réussit à se réaliser partiellement.

D’autre part, il existe bon nombre d’hommes qui, dépourvus de toute propriété personnelle, toujours sur le point de tomber dans l’abîme de la faim, sont contraints à faire des besognes bonnes pour les bêtes de somme, à faire des besognes absolument désagréables pour eux, et la tyrannie de la nécessité, qui donne des ordres, qui ne raisonne pas, les y force. Tels sont les pauvres, et on ne trouve chez eux nulle grâce dans les manières, nul charme dans le langage, rien qui rappelle la civilisation, la culture, la délicatesse dans le plaisir, la joie de vivre.

Leur force collective est d’un grand profit pour l’humanité. Mais ce qu’elle y gagne se réduit au résultat matériel.

Quant à l’individu, s’il est pauvre, il n’a pas la moindre importance. Il fait partie, atome infinitésimal, d’une force qui, bien loin de l’apercevoir, l’écrase, et d’ailleurs préfère le voir écrasé, car cela le rend bien plus obéissant.....

........La suite sur le PDF :

L'âme humaine sous le régime socialiste (par Oscar Wilde)

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Publié par Max L'Hameunasse - dans Documents

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  • : Ce site participe d'un questionnement profond sur la nature de la société capitaliste occidentale, et s'avance à proposer aux hommes qui la constituent un dépassement de leur métaphysique dualiste.
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Intro

Le dépassement du nihilisme qui caractérise les temps modernes ne pourra surgir d'un quelconque recours à l'une des idéologies du passé, communisme étatiste, fascismes ou libéralisme, même faussement adaptées aux temps présents, mais d'une pensée tout à la fois sociale et individualiste (non-libérale) !

Si le monde est pétri de contradictions, il ne sert plus à rien de vouloir les annihiler en instaurant une suprématie de la logique déductive-identitaire, comme l'a fait la Modernité. Ces contradictions sont constitutives de la vie, et en premier lieu de la vie humaine. La société n'est antagoniste à l'individu que de notre point de vue. En réalité, les deux sont aussi concurrents et complémentaires. La vie comme le monde sont complexes, et les réduire à des lois physiques ou mathématico-logiques ne conduit qu'à des impasses doctrinaux ou idéologiques au final. La société ne peut "être", c'est-à-dire, réellement, devenir, que par les individus qui la composent, et les individus ne peuvent devenir que par l'héritage et le soutien qu'ils reçoivent de la société, donc des Autres. La vie est communautaire-organique/individuelle-égoïste, et la réduire qu'à l'un ou l'autre de ces aspects est proprement ignorer la réalité. Tout comme est occulter la moitié du réel de vouloir le réduire à l'identité ou à l'altérité absolues.

C’est par le respect de chacune des singularités humaines et de l’inégalité ontologique qui les met en lien, par la subsidiarité bien comprise, par la justice selon le sens traditionnel de ce terme, et par la consécration d’une nouvelle "aristocratie" du "devoir", que les habitants actuels de l'Europe pourrons reconstruire souverainement une Puissance qui leur sera propre et qui consacrera leur besoin de se soumettre la politique comme l'économique en tant qu’instruments de leur volonté, de leur autonomie et de leur liberté. En cela, ils retrouveront le goût de leur humanisme originel, d'un type "antique" d'humanisme !

Le temps serait-il donc venu de faire de l'Europe un Imperium civilisationnel, et de ne plus rejeter toute idée de Puissance au nom d'une "liberté" idéalisée ? Car le monde qui se dessine est celui où s'affirmeront et les individus et leurs communautés, ainsi que, au-delà, les Imperii  civilisationnels connectés entre eux par un universel "pont terrestre". À nous, hommes de conscience, d'en prendre acte !!

Yohann Sparfell

(Socialiste conservateur-révolutionnaire européen et individualiste "aristocratique" nietzschéen)

 

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