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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 16:20
Bâtir le futur sans nier le passé

Bâtir le futur sans nier le passé

 

 

Le monde est aujourd’hui secoué par de terribles soubresauts. Ceux-ci, à la première lecture, apparaissent comme issus de rivalités inter-ethniques et inter-confessionnels. Ils se traduisent essentiellement par des conflits armés. Mais ceux-ci ne sont en réalité que les expressions ultimes de rivalités qui s’accroissent du fait de contestations territoriales, de concurrences autours des ressources en matières premières ou en eau, de positions stratégiques, ou de luttes d’influences. Rivalités à partir desquelles se cristallisent la plupart du temps les facteurs d’appartenance ethnique et/ou religieux.

 

Sans nier que ces rivalités puissent avoir leur source dans une histoire faite de rapports inter-civilisationnels ou inter-ethniques compliqués, il s’agit aujourd’hui de comprendre que celles-ci trouvent à être instrumentalisées essentiellement par, non pas essentiellement une grande puissance que pourrait être les États-Unis ou la Chine, ou encore la Russie, l’Inde ou l’UE, mais par ce que l’on nomme l’ « Empire britannique », désignant par là le pouvoir financier mondialiste actuel qui a imposé sa propre souveraineté sur les émissions monétaires du monde entier. Lui seul a encore aujourd’hui intérêt à générer le chaos où bon lui semble en fonction des intérêts de la dynamique globaliste qu’il porte vers une Gouvernance mondiale totalitaire.

 

Dans ce jeu de dupes où certaines formes de replis sur des supposés fondamentaux religieux ou ethniques rentrent par le fait dans cette dynamique – bien souvent en ayant la volonté d’y parer – c’est toute possibilité d’établir une entente et des compromis – par la compréhension mutuelle des problématiques des uns et des autres – qui se voient ainsi être mis en péril. Or, le monde actuel n’est plus celui, technologiquement et psychologiquement parlant, du passé, et il est aujourd’hui nécessaire de tenir compte d’un contexte complexe au sein duquel tout débordement pourrait conduire à de sombres et fatals conséquences pour l’humanité toute entière. Les desseins morbides de l’oligarchie actuelle nous font marcher de plus en plus vite et dangereusement sur la corde raide au-dessus du vide : rien de ce qu’ils projettent ne peut être tenu pour acquis au nom d’une quelconque supériorité de quelque ordre que ce soit, les enjeux étant devenus trop importants et risqués. Et ils sont d’autant plus risqués que l’on prend conscience que l’humanité, dans toute sa complexité, ne peut se réduire, au regard du cours de son histoire, à des formules mathématiques, statistiques ou autres. Il ne faut pas oublier que l’ingénierie sociale, employée allègrement par certaines factions du pouvoir mondialiste, pour autant qu’elle soit essentiellement expérimentale, n’en est pas moins, par le fait, une science approximative nécessitant en permanence une remise en cause de certains de ses présupposés étant donné qu’il ne sera jamais possible d’intégrer la globalité des facteurs humains dans un projet de modélisation de ses visées de modifications sociales. Peut intervenir à tout moment un facteur imprévu qui alors aura toute latitude à déboussoler tout l’édifice de remodelage de sociétés entières. Et ceci jusqu’à engendrer de plus ample destruction pouvant aboutir à mettre la vie sur terre en danger, suite, par exemple, à un conflit nucléaire.

 

Face à cette tendance fort dangereuse menée par des hommes en proie à une avidité illimitée, il devient plus que temps de mettre en place certaines conditions devant amener à promouvoir un véritable dialogue des cultures et des civilisations. Nous vivons une époque cruciale à cet égard, et il faut bien mesurer l’importance d’une prise de conscience de l’état actuel d’une part, et d’autre part de la nécessité impérieuse d’y apporter des solutions visant à détendre les relations et entreprendre une compréhension mutuelle des intérêts de chacun, ainsi que - sinon surtout - de ses propres craintes vis-à-vis de ceux qui l’entourent. En d’autres termes, il devient plus qu’urgent que s’amorce une dynamique visant à prévenir, ou du moins à ralentir et même affaiblir les tendances actuelles à s’enferrer dans des identités fantasmées conduisant fort souvent à des formes de fondamentalisme. Il faudra par conséquent valoriser les échanges tant culturels que spirituels et bien sûr économiques, mais par dessus tout, il s’avérera indispensable, si nous ne voulons pas sombrer dans une guerre de tous contre tous à l’échelle mondiale, prendre conscience des besoins fondamentaux de l’autre, dont le respect pour la forme par laquelle s’exprime sa personnalité est peut-être l’un des principaux.

 

Promouvoir les échanges et la compréhension mutuelle, soit, mais chaque nation cherche avant toute chose, parce que la légitimité des États à cet égard est en jeu, de satisfaire aux besoins fondamentaux de sa population et de son économie. Comme nous l’avons indiqué, les conflits sont surtout le fait d’une concurrence effrénée par rapport à des ressources et, tout aussi important, par rapport à un accès à certaines positions stratégiques, comme l’accès aux mers par exemple, ou à des passages terrestres ou maritimes fondamentaux pour les possibilités futures de croissances et d’efficacité de défense. Les conflits s’exacerbent en ce nom, et sont malignement exploités et amplifiés par de plus grandes puissances afin de pouvoir imposer leurs propres agendas aux plus faibles nations. Et en outre, aujourd’hui, comme nous l’avons noté, la dynamique mondialiste portée par la Finance internationale amplifie encore plus ce phénomène de relations internationales dans le sens souhaité d’une imposition globale d’une structure conflictuelle mondiale permanente pour les intérêts d’un capitalisme qui tend à accroître l’exploitation généralisée des ressources, y compris, si ce n’est surtout, humaines. Et l’élément par lequel l’oligarchie espère y parvenir, c’est de saper toute souveraineté des États afin de pouvoir prescrire en toute quiétude les conditions nouvelles, à l’échelle mondiale, d’une société globalisée où la concurrence et la compétition seront élevées en seules vraies valeurs, tout en détruisant parallèlement la notion de Bien commun.

 

Le Bien commun, justement, doit pouvoir être remis à l’honneur dans un combat pour lequel prime le bien être de tous et la liberté pour chacun – dans le sens des possibilités accordées à chacun à ce qu’il puisse faire grâce de son assentiment à honorer sa singulière participation au Bien commun. À l’anti-thèse de l’exploitation généralisée des survivants et de l’annihilation programmée des autres, soit d’un rapport gagnant-perdant, nous devrons imposer des relations gagnant-gagnant, et ce à l’échelle d’une humanité qui tend inévitablement à s’unifier. Certaines choses qui ont pris de l’ascendant de nos jours sont effectivement irréversibles, et elles le sont d’autant plus que l’homme postmoderne accroît son emprise technologique sur le monde, et sur lui-même. Il faudra bien savoir l’accepter tout en faisant l’effort indispensable aujourd’hui de pouvoir dominer le progrès technologique – dominer étant se placer au-delà afin de pouvoir le mettre à son véritable service - en faveur de valeurs humanistes et au travers d’un attachement primordial accordé à la personne humaine et à la richesse de sa diversité dans son unité. Les intérêts de chacune des nations doit pouvoir s’imbriquer au sein des relations internationales sans qu’elle est à y perdre ni son âme ni ses intérêts particuliers. L’accroissement des flux d’échanges, tant économiques que culturels, doit pouvoir permettre à ce que s’accroisse simultanément une compréhension mutuelle. Donc, il faudra faire en sorte que nous puissions libérer raisonnablement ces échanges et, en amont, les conditions par lesquelles elles pourront s’engager dans un voie prometteuse, des interférences d’une volonté malsaine hégémonique qui ne sait que considérer le monde et sa diversité en faveur d’un durcissement altitudinal de son pouvoir autocratique.

 

À cet égard, le projet mené par la Chine des Nouvelles Routes de la Soie – ou Belt and Road Initiative (BRI) – pourrait éventuellement être très prometteur car susceptible de reposer essentiellement sur ces principes de respect des différences et de recherche de codéveloppement. Effectivement, ce codéveloppement ne saurait devenir viable à long terme que s’il respecte chacune des visions du monde par laquelle chaque peuple et communauté pourra librement, et de par son propre entendement, se connecter au maillage mondiale des voie de communication terrestres et maritimes portées par ce projet, étendu à ce que certains appelent un « Pont mondial ». Cette condition est effectivement indispensable à la viabilité de ce projet international, car il se doit de rester justement inter-national, et non globaliste c’est-à-dire intégré dans une dynamique d’effacement progressif des nations et de leur souveraineté ainsi que, simultanément, d’élaboration d’une sorte de « communauté humaine mondialisée », standardisée à l’avantage d’une Gouvernance mondiale du capitalisme financier hégémonique et totalitaire.

 

Œuvrer pour une coopération au niveau international et mondial dans l’objectif de construire un futur où pourra librement se déployer la création et se développer l’innovation humaines ne signifie donc nullement passer outre les impondérables de la nature humaine. La personne humaine ne peut réellement s’épanouir que dans le cadre de ses communautés, locale, régionale, nationale et au-delà, civilisationnelle. C’est au sein de celles-ci, et ce uniquement en regard de ce qu’elle peut être à même de parcourir concrètement de son entendement et de sa raison en compagnie de ceux avec lesquels elle partage la même vision, qu’elle peut au mieux définir une légitimité à ses propres actes, à l’aune de l’héritage et des intérêts communautaires qui les meuvent. Toute coopération est donc une rencontre entre des intérêts et des héritages toujours à un moment donné divergents mais qu’il faudra bien, pour l’élaboration d’un Bien commun d’ordre supérieur, articuler entre eux de façon à ce que chaque communauté y trouve avantage et enthousiasme au-delà de ses propres limites culturelles et de ses intérêts plus étroits. C’est un enjeu de taille et jamais acquis définitivement. Cela demande un effort perpétuel de maintenir une réciprocité gagnant-gagnant, du point de vue des intérêts, par exemple économiques, mais surtout une réciprocité raison-contre-raison du point de vue cette fois des héritages respectifs. Et cela parce qu’il s’avère indispensable en notre époque cruciale de faire comprendre tout l’enjeu au niveau de l’humanité toute entière de réussir à dépasser nos divergences les plus aiguës et de pouvoir faire participer positivement nos différentes cultures à une vision d’avenir vers de grands projets mobilisateurs et, peut-on espérer, annonciateurs de paix et de progrès dans le respect universel de la personne humaine, comme des êtres non-humains qui l’entourent.

 

La meilleure façon de ne pas s’opposer à l’autre est de s’affirmer soi-même. Cela est une leçon que devrait apprendre l’humanité au-delà de ses différences culturelles et spirituelles. Et le seul moyen réellement efficace et pérenne d’y parvenir est de ne point nier son héritage, tout ce qu’a pu léguer le passé au travers d’une diversité de cultures et de trésors de spiritualité, mais au contraire de s’y appuyer en les transcendant. Ces cultures et spiritualités, comme autant de possibilités qu’ont imaginés les hommes afin d’exprimer leur rapport à l’être et à la vie, doivent être les socles à partir desquels nous pourrons envisager des échanges qui seront primordialement culturels et spirituels avant que de n’être qu’économiques. Il s’agit de donner une priorité à ce qui, seul, est l’instrument de l’affirmation humaine : sa vision du monde au regard de toute la diversité des « climats » par lesquels elle a su se nuancer. Une forme d’être, liée à un héritage, à un « climat » particulier, et dans la mesure où la culture en est véritablement une parce qu’elle s’inscrit dans la dynamique de l’identité1, est ce à partir de quoi l’homme peut se donner les moyens et le désir sain de tendre vers l’universel. Lorsque l’on a rien à échanger que du matériel et des rêveries par lesquelles l’on tend à confondre la Réalité avec ses propres idéaux, l’on ne tend jamais la main vers l’autre afin d’approcher de l’universel et, un tant soit peu, de la Vérité. On s’enferre dans ses propres croyances et l’on désire par dessus tout les imposer aux autres. L’homme doit apprendre que les nuances forment un seul et même tableau, mais que sans ces nuances, il ne peut y avoir de message universel à transmettre via ce tableau. Il doit apprendre que sa culture, source de sa souveraineté et singulière parmi tant d’autres, est un moyen lui appartenant en propre d’exprimer cet universel à condition qu’au lieu d’exclure les autres, il l’affirme au milieu des autres. À partir de la diversité des communautés humaines, la subsidiarité jusqu’au niveau de la multipolarité civilisationnelle et, au-delà, de la coopération mondiale, peut donc devenir un formidable outils permettant que l’homme puisse progresser vers la conscience spirituelle de l’unique Réalité qui est Universalité.

 

Yohann Sparfell

1Chose que nous avons détaillé dans notre ouvrage Res Publica Europae, éditions Ars Magna, Nantes, décembre 2019 : https://www.editions-ars-magna.com/index.php?route=product/product&product_id=182

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Publié par Yohann Sparfell - dans Géopolitique
19 juillet 2019 5 19 /07 /juillet /2019 20:32
Marchands et négociants juifs – Auguste Bry

Marchands et négociants juifs – Auguste Bry

Les « défenseurs » de l’UE sont les pires ennemis de l’Europe !

 

 

Pour se convaincre d’une telle assertion, il suffit de s’en tenir à une constatation, et sa réflexion afférente : pourquoi agir « sociétalement » dans un sens qui ne peut qu’accentuer l’écart entre les pays de l’Europe occidentale et orientale, soit, en d’autres termes, approfondir la fracture culturelle qui, déjà, divise le continent, et l’UE, en deux entités de plus en plus antinomiques ?

 

Il est de notoriété publique qu’effectivement le déroulement actuel de la « politique » de l’Occident appliquée en Europe de l’Ouest - « politique » sociétale découlant de l’agenda déstructurant néo-libérale et anglo-sioniste – se heurte de façon croissante à la résistance des États de l’ex-Europe soviétique, Hongrie, mais aussi Pologne, en tête.

 

Les mesures présentées et instituées en Occident en tant qu’applications d’un progressisme fanatique, mis en parallèle à une volonté occulte effrénée d’imposer un mondialisme uniformisant et ultra-individualiste, telles que le « mariage pour tous », la PMA, la GPA, la légalisation des drogues, la théorie du genre, l’approche biaisée d’une légalisation de la pédophilie, etc., sont, en effet, de nature à heurter des peuples qui ne se sont embarqués que trop récemment dans la marche infernale de ce train progressiste, et apparaissant donc de plus en plus insensée pour ceux-là mêmes qui ont eu à subir une toute autre histoire récente que celle se traduisant à une sommation visant à nourrir un ressentiment envers soi-même (ressentiment à l’image de celui qui nourrit le devenir forcément funeste d’un certain peuple « élu » qui se croît emprunt à devoir « diriger » les nations en, en vérité, les annihilant), ainsi qu’un esprit de culpabilité dont le meilleur moyen, afin d’en espérer une rédemption, serait d’octroyer de plus en plus de droits aux minorités « discriminées » (expiation de celui qui s’attache encore de trop à des racines jugées oppressives).

 

Les sbires actuels de l’Union Européenne, valets serviles d’une oligarchie mondialiste ne désirant qu’aplanir « culturellement » un monde qui leur serait ainsi plus aisé de contrôler de leur position panoptique, prennent effectivement aujourd’hui des directives qu’un observateur sensé ne pourrait que désapprouver s’il s’en tient à un objectif visant à parfaire la cohérence, l’efficacité, et la Puissance en l’Europe. Preuve en est, si l’on s’en tient au Réel, que ces mesures « sociétales » visent un tout autre objectif que les propres intérêts d’une Europe en cours de lente et pénible construction (et pour cause !). Ces mesures visent la déconstruction du traditionnel (de la Tradition, c’est-à-dire de la connaissance et de la transmission des facteurs profonds de l’humanisation de l’homme), le détricotage des solidarités humaines, l’implosion de tout équilibre et tout cadre communautaires posés au profit d’un individualisme liquide, fluctuant et ultra-permissif sur le plan éthique, et moral.

 

Il est alors tout à fait légitime de se poser la question de savoir si le but n’est pas, précisément, de diviser l’Europe afin que celle-ci ne devienne jamais la puissance mondiale qui, aujourd’hui, devrait faire légitimement entendre sa voix dans le concert actuel des nations et civilisations (multipolarité en cours de constitution contradictoire – car l’on peut en donner des acceptions incompatibles les unes avec les autres selon son acceptation, ou non, du processus mondialiste). Il est bien entendu que pour certains dans le monde, disons, en faveur de certains intérêts, l’Europe représente une menace existentielle par le simple fait de son histoire, de la préséance d’un humanisme qu’elle a nourri au fil des siècles, voire des millénaires, et que ces contempteurs n’ont eu cure que de discréditer et frelater, dénaturer, afin de le pourrir de l’intérieur et de l’opposer conflictuellement à des points de vue sur le monde et l’Homme qui empruntaient des chemins différents (notamment l’Islam).

 

Diviser l’Europe, c’est d’abord et avant tout la scinder géographiquement, et par là-même, géopolitiquement. Premièrement, en affaiblissant le Sud européen, les forces occultes, avec l’aide des institutions financières européennes, et mondialistes avec lesquelles elles sont liées, ont donné à la supériorité économique du Nord la possibilité de dominer complètement les nations méditerranéennes, et de permettre, par cela même, qu’elles ne puissent avoir véritablement les moyens de s’opposer aux flux migratoires qui devait les atteindre en premier lieu (ni non plus, d’ailleurs, de leur permettre d’établir des coopérations fructueuses avec les pays d’Afrique du Nord ou moyen-orientaux par lesquelles elles auraient pu dominer la Méditerranée au profit de l’ensemble du continent européen).

 

Deuxièmement, une césure s’est fait jour entre l’Ouest et l’Est, celle-ci étant principalement le fait d’un désaccord croissant en ce qui concerne les visions contradictoires au sujet de la civilisation européenne qui émanent respectivement de l’un et de l’autre. Et nous revenons ici sur le thème d’introduction de ce texte, à savoir celui concernant l’obsession d’imposer les réformes « sociétales » néo-libérales en adéquation avec une vision cosmopolite et universaliste du monde. Il est de plus en plus évident que ces réformes, qui sont en mesure de bouleverser radicalement les fondements et la trame existentielle de la civilisation européenne, rencontrent des résistances tout autant populaires qu’étatiques. Mais, l’affrontement qui ne peut que s’en suivre entre d’une part l’oligarchie de seconde zone affiliée à Bruxelles, et d’autre part des dirigeants est-européens portes-parole de peuples qui ne nourrissent pas encore, loin de là, l’envie de se fondre dans un pêle-mêle individualiste contre-culturelle et anti-religieux, arrangent les nouveaux et réels dirigeants du monde.

 

Nous le répétons : la vision d’une Europe-Puissance est tout ce qui peut être à même de nourrir les pires cauchemars de ces derniers. Leur projet messianique repose en tout premier lieu sur l’affaiblissement et, à terme, l’effacement par immersion, de la civilisation qui a le plus fortement, durant deux millénaires, entraver, ou ne serait-ce que freiner, la progression des délires eschatologiques qui habitent les âmes torturées des adeptes d’un judaïsme revanchard (talmudique). Une Europe forte et unie de Lisbonne à Vladivostok (et même de Lisbonne à Chisinau) pourrait effectivement représenter une puissance géopolitique capable d’aider à orienter le monde vers une harmonie des nations qui leur serait profitable, tant au niveau de leur souveraineté que de la prospérité de leur peuple. L’entrave à l’élévation d’une Europe-Puissance, par rapport à ce qui vient d’être dit, s’opère de multiples façons, mais toujours avec la complicité dissimulée des dirigeants européens qui s’activent dans les arcanes des institutions européennes et, de surcroît, à la tête des pays européens occidentaux.

 

La meilleure façon d’endiguer une dynamique géopolitique visant à asseoir la Puissance d’une entité politique nationale ou continentale, est de fragmenter sa masse géographique en même temps, par conséquent, que de sectionner ou d’anéantir son réseau d’infrastructures d’échanges avec l’extérieur irrigant l’ensemble de son territoire et facilitant le développement de ses activités et de son autonomie. En ce qui concerne l’Europe, la nécessité de telles infrastructures s’impose principalement en relation avec l’impératif d’établir une continuité géographique et géopolitique (donc une complémentarité et une entente culturelle, économique, militaire, etc.) d’Ouest en Est, et ce en direction des Grands Espaces eurasiatiques dont le seuil n’est autre que la Russie européenne (l’extrême ouest du pôle eurasiatique).

 

Or, cette dynamique d’échanges en direction de l’Eurasie s’est justement trouvée confrontée à une volonté perfide de couper toute voie physique de communication vers l’Est, de l’Ouest et du Nord, en s’opposant à ce que, par exemple, le Danube puisse jouer ce rôle en donnant la possibilité aux pays européens de se projeter vers l’Asie via la Mer Noire et l’espace pontique (notamment en Ukraine actuelle). Mais, avec l’aide de l’OTAN, ces mêmes forces souterraines et, disons-le, ennemies, ont également barré le passage vers la Méditerranée orientale depuis la catastrophe de l’intervention otanesque en Serbie en 1999, et au travers des différentes tentatives, le plus souvent réussies, de déstabilisations des Balkans qui s’en sont suivies. C’est donc la voie directe vers le Moyen Orient, chasse gardée, prétendument, de l’entité sioniste de l’ « Israël », qui nous est interdite ! C’est donc un barrage sur la voie vers le Croissant fertile de l’ancienne Mésopotamie, et au-delà vers l’Iran et l’Océan indien, en sus d’une proscription à établir des contacts fructueux avec l’Eurasie, qui nous ont été imposés.

 

Et que font donc nos chers dirigeants face à ce triste constat ? Rien qui ne puisse étayer les prétentions faussement affichées d’une élite « politique » qui peine, en vérité, à cacher leur affinité avec, et leur obséquiosité à l’égard de, l’oligarchie mondialiste anglo-sioniste dont les puissances européennes furent en d’autres temps, et depuis déjà bien longtemps, non seulement les concurrents, mais aussi les ennemis. Cette oligarchie, sise principalement à la City de Londres, ainsi qu’à Wall Street plus récemment, ont une vision de l’entité européenne comme d’une base expérimentale visant à l’élaboration d’un système-monde hyper-individualiste constitué de consommateurs atomisés, et où le politique devra être remplacé par la gestion, aussi appelée gouvernance.

 

Le but n’est effectivement pas de construire une Europe fortement organisée et structurée pour le bien-être de ses peuples, et pour le Bien commun (à ne pas confondre avec le « bien moyen », typique de l’individualisme sociétal), et ce en harmonie avec le développement simultanée et différenciée des autres nations et civilisations mondiales (ce que l’on pourrait appeler une mondialisation harmonieuse), mais d’expérimenter et préparer à l’échelle du monde une Gouvernance qui aura pour seule raison d’être de faire en sorte que les déséquilibres et le chaos « organisé » ne dépasse pas les bornes de l’oligarchiquement acceptable. Par ce biais, nous en venons à un autre moyen que s’est donné l’oligarchie mondialiste réformiste afin de détruire l’équilibre social existant encore tant bien que mal en Europe : l’immigration de masse.

 

Celle-ci, en effet, est un élément concourant inévitablement à une déstructuration de ce qui fut bâti depuis des temps immémoriaux en tant que constituant chacune de nos identités : le sens commun. Le mélange de populations diverses déculturées (impliquant la « gestion des populations », et non plus le politique par et pour les peuples) participe à la perte par les individus de la richesse sociale du sens commun, c’est-à-dire de la possibilité intime de la transfiguration personnelle. Nous entendons par là que la personne, au travers de son « retour » vers le commun, en ayant dépassé les épreuves de la conscience individuelle, dépasse en vérité les limites inhérentes à sa vision du monde, en épousant une plus haute conscience qui est un partage en faveur d’une expression toujours supérieure de l’Être. C’est la diversité de ces consciences, et non leur effacement dans une de leur mystification globaliste, qui, au travers de leurs contradictions, élèvent ceux qui les animent vers la Vérité divine. Mais cela, les mondialistes n’en ont cure par leurs desseins funestes, car ils ont voué leur esprit à Satan !

 

Tout comme la destruction des familles par la destruction des genres et de la complémentarité, comme la destruction du sens commun par l’intérêt égocentrique et l’individualisme inconscient, comme la destruction des nations par l’ouverture des frontières et le travail de sape contre leur autonomie économique, politique et géopolitique, la destruction de la civilisation européenne s’effectue par un abominable travail de containment (endiguement) visant à nous empêcher de laisser libre cours, dans le monde, à notre singularité culturelle partagée et à notre vision géopolitique équilibrée.

 

En divisant les européens selon des critères néo-libéraux et progressistes qui ne sont en rien déterminés en fonction du Bien commun des peuples européens, les élites dirigeantes actuelles des pays de l’Ouest ne font qu’accroître une séparation factice entre l’Ouest et l’Est de l’Europe (et même entre le Sud et le Nord) dans le seul but de renforcer la césure découlant des actions passées et présentes visant à stopper net toutes communications efficaces vers les Grands Espaces eurasiatiques. Ces politiques ne servent donc nullement une prétendue volonté de libérer l’humain de soi-disant contraintes sociales révolues, mais servent plutôt un agenda mondialiste dont l’objectif est de faire du plus grand marché mondial une zone d’attraction financière et d’expérimentation d’ingénierie sociale dénuée de toute Puissance (politique, économique, sociale, culturelle et spirituelle), et asservie aux diktats de la Finance et des multinationales.

 

Le but occulte des dirigeants actuels est bel et bien d’engager dans la Réalité le principe idéologique de la « guerre de tous contre tous » afin que puisse se développer en toute quiétude une domination absolue de quelques uns sur tous les autres. La nature de ces « quelques uns » peut se laisser deviner au travers de la perpétuation d’un tenace esprit de vengeance ; perpétuation qui a pris corps au fil des siècles dans une conception abstraite idéologico-religieuse de l’Homme, et que l’on nomme judaïsme, celui-ci ayant inspiré certaines ramifications réformistes, tant de la chrétienté que de l’Islam. En attendant qu’une telle mise au point ne devienne indispensable, et ses conséquences – dans une volonté de bienveillance – tirées, il nous semble primordial d’inciter les européens à la résistance, et à s’emparer d’une mondialisation au travers de laquelle chaque personne, chaque nation, chaque communauté européenne, pourra effectivement participer à l’élaboration du Bien commun et de sa répercussion à l’ensemble d’un monde débarrassé des lubies idéologues des psychopathes qui nous « gouvernent ». Ne plaise à Dieu que nous puissions un jour revenir à la Réalité humaine, à la profondeur de ce qui fait d’un être humain un homme !

 

Yohann Sparfell

Juillet 2019

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Publié par Yohann Sparfell - chevalier de Bretagne - dans Géopolitique

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Le dépassement du nihilisme qui caractérise les temps modernes ne pourra surgir d'un quelconque recours à l'une des idéologies du passé, communisme étatiste, fascismes ou libéralisme, même faussement adaptées aux temps présents, mais d'une pensée véritablement individualiste (et non-libérale) ! Elle pourrait ainsi émerger d'une redéfinition radicale de l'autonomie individuelle et associative, tout comme de notre rapport à l'autre et à nos propres croyances. Une pensée n’est en effet véritablement individualiste que dans la mesure où elle nous permet de faire preuve de réalisme quant aux conditions de notre individualité au monde - comme, donc, de notre humanité - et en cela elle se positionne donc clairement dans le mouvement évolutif de la Connaissance de la connaissance. En somme, notre interprétation de l'individualisme s'inscrit dans une volonté théorique et pratique de faire en sorte que l'individu humain, en vertu de sa singularité, reconquiert son auto-détermination au-delà des vaniteuses certitudes propres à la vie en société. Ma recherche, ma contribution au travers de ce site, s'enthousiasme donc des possibilités progressives infinies dont seraient capables les hommes s'il leur était seulement donné à chacun de pouvoir affirmer son devenir en harmonie avec les autres devenirs individuels, de réacquérir leur pouvoir de créer en reconnaissance des contradictions qui les constituent, qu'il ne s'agit pas d'ignorer ou de vaincre, mais d'équilibrer et d'accorder l'une par l'autre, comme nous l'invitait Proudhon.

La civilisation européenne occidentalisée est aujourd'hui à court d’idées, et plus encore, à court de volonté propre. L'individualisme "aristocratique" nietzschéen, forme particulière de l'individualisme anarchiste sans en être vraiment, devra donc dépasser le blocage actuel de la résignation et de la soumission aux convictions de la Modernité de telle façon à ce que puissent s’affirmer librement les individus en eux-mêmes et en leurs libres associations. C’est par le respect de chacune des singularités humaines et de l’inégalité ontologique qui les met en lien, par la subsidiarité bien comprise, par la justice sans préjugés de classe, et par la consécration d’une nouvelle "aristocratie" du "devoir", que les habitants actuels de l'Europe pourrons reconstruire souverainement une Puissance qui leur sera propre et qui consacrera leur besoin de se soumettre la politique comme l'économique en tant qu’instruments de leur volonté, de leur autonomie et de leur liberté. En cela, ils retrouveront le goût de leur humanisme originel, d'un type "antique" d'humanisme !

Yohann Sparfell

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