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21 mars 2021 7 21 /03 /mars /2021 19:48
Une Europe confédérale libérée de la bureaucratie et dirigée par les États

Une Europe confédérale libérée de la bureaucratie et dirigée par les États

 

 

(Texte fondateur du projet du groupe Ligne Droite pour l’Europe)

 

Source : https://lignedroite.club/une-europe-confederale-liberee-de-la-bureaucratie-et-dirigee-par-les-etat/

 

À la différence des souverainistes nostalgiques, Ligne droite ne voit pas d’avenir dans la reconstitution des nations souveraines d’autrefois. Elle estime au contraire que l’Europe puissance constitue le seul moyen pour les Européens de ne pas voir disparaître leur civilisation. Car, dans ce siècle multipolaire, qui est désormais le nôtre, seules les grandes puissances auront la maîtrise de leur destin. C’est pourquoi Ligne droite préconise de refonder l’Europe pour en faire une confédération au service de la souveraineté, de la sécurité et de la prospérité de tous les Européens.

L’Europe de Bruxelles, une organisation sans but ni avantage

La « construction » bruxelloise de l’Europe a en effet atteint ses limites. Après avoir trahi l’esprit initial du projet des années cinquante, elle a cessé d’être une source d’avantages pour n’être plus qu’une cause de contraintes et de dangers. D’une Europe qui protège on est en effet passé à une Europe ouverte à tous les vents. Une Europe qui ne sait même pas où se situent ses limites et qui refuse d’assumer son identité comme ses racines chrétiennes et le caractère européen de sa population.

Dans le monde de plus en plus compétitif et conflictuel qui est le nôtre, l’Europe de Bruxelles n’est pas en mesure de protéger ses frontières ni de préserver son identité. Son économie est elle aussi dépourvue de protection et souffre de l’idéologie libre-échangiste qui anime ses dirigeants.

Quant à son fonctionnement, il est peu transparent et très bureaucratique, au point que le but poursuivi reste ambigu : s’agit-il de constituer un véritable État fédéraliste européen ou pis encore de dissoudre progressivement les nations pour favoriser l’avènement d’une « gouvernance mondiale » ? Nul ne le sait.

Une confédération pour assurer la puissance de l’Europe

Pour sortir de cet imbroglio et redonner un avenir aux nations du continent, Ligne droite propose d’ériger l’Europe en un pôle de puissance indépendant et souverain qui prendrait la forme d’une confédération européenne. Il s’agirait ainsi de tourner le dos aux tentatives fédéralistes de Bruxelles, car, si dans une fédération les États sont soumis à une autorité supérieure, dans la confédération ce sont les États qui délèguent certaines de leurs compétences à une institution sur laquelle ils exercent collectivement leur autorité. En l’occurrence, ce sont donc les nations, confortées dans leur existence et leur légitimité, qui dirigeraient la future confédération en lieu et place des eurocrates de la Commission. Autre différence avec l’organisation bruxelloise dont on ne sait ni ce qu’elle est, ni où elle va : la confédération serait fondée sur un traité constitutif clair et court qui en définirait les institutions, les compétences, les frontières et les principes premiers.

Un traité pour rassembler les nations d’Europe autour de leur commune civilisation

Le traité constitutif, qui remplacerait tous les traités actuels de l’Union, devrait s’ouvrir par un texte fondamental en forme de charte indiquant de façon très synthétique que les nations se rassemblent autour de leur commune civilisation. Une civilisation qui s’enracine dans l’héritage de la Grèce et de Rome, enrichi par les apports germains, celtes et nordiques, façonnée par le christianisme et sublimée par deux mille ans d’histoire commune. La charte précisera ensuite que la confédération a vocation à défendre et à promouvoir cette civilisation fondatrice de l’identité européenne et qu’elle a donc pour mission principale de protéger les Européens et de leur garantir collectivement l’indépendance et la souveraineté. Elle ajoutera que, pour ce faire, la confédération devra œuvrer à la puissance de l’Europe dans tous les domaines, qu’ils soient politique, militaire, économique ou culturel.

Des institutions claires dirigées par les États

Le traité constitutif définira ensuite les institutions de la confédération et leur fonctionnement. Le conseil des ministres actuel, érigé en Sénat des États, deviendra l’exécutif de la confédération, la Commission étant remplacée par une simple administration exécutoire. Le Sénat des États élira un président de la confédération qui pourra la représenter à l’étranger et qui incarnera symboliquement l’unité européenne.

De même, les parlements nationaux désigneront leurs représentants qui siégeront dans l’assemblée de la confédération, chargée notamment de l’approbation du budget confédéral. L’assemblée disposera aussi du pouvoir de cassation sur les décisions des juges européens.

Par ailleurs, il sera mis fin à la référence implicite mais récurrente au couple franco-allemand. Le traité instaurera le principe d’un bureau du Sénat des États, constitué des cinq plus grands pays : la France, l’Allemagne, la Pologne, l’Espagne et l’Italie.

Des compétences centrées sur la protection et la prospérité des Européens

Dans une troisième partie, le traité constitutif précisera les compétences de la confédération. Celle-ci aura la charge des grandes priorités communes aux Européens : la sécurité et la défense militaire de l’Europe, la protection de ses frontières contre l’immigration et les importations sauvages, la relocalisation et le développement industriel, la croissance économique et la gestion de la monnaie, l’indépendance énergétique et alimentaire, ainsi que le développement scientifique et culturel. Ce qui implique évidemment de tourner le dos à la politique libre-échangiste et immigrationniste suivie jusqu’à présent.

Contrairement aux traités actuels qui définissent dans le détail les politiques à suivre, le traité constitutif de la confédération ne précisera rien d’autre que les grandes orientations définies dans la charte fondatrice, laissant aux autorités de la confédération, c’est-à-dire aux États, le soin de fixer les politiques et d’en changer en fonction de l’intérêt supérieur de l’Europe.

Pour les États qui souhaiteraient aller plus loin et se coordonner avec d’autres sur des sujets plus périphériques, le traité fondateur de la confédération offrira la possibilité de créer des cercles de coopération facultatifs, concrétisant ainsi l’idée d’une Europe à la carte.

Des frontières définies par l’impératif d’identité et l’exigence de protection

Alors que les textes actuels n’ont jamais fixé les limites ultimes de l’Union, laissant certains évoquer, au-delà de la Turquie, l’entrée d’Israël, du Maroc et des autres pays du pourtour méditerranéen, les frontières de la confédération seront explicitement définies dans le traité constitutif. Au nord, à l’ouest et au sud ce seront la mer du Nord, l’Atlantique et la Méditerranée. À l’est, les Balkans feront partie intégrante de la confédération avec une clause suspensive pour l’Albanie, le Kosovo et la Bosnie. Plus haut, la Moldavie, l’Ukraine et la Biélorussie seront laissées à l’extérieur par égard pour la Russie. La Turquie sera naturellement et définitivement exclue de l’Europe dont elle ne fait pas partie.

Ainsi refondée, l’Europe pourra changer la donne aussi bien sur la scène mondiale que dans l’esprit des Européens qui pourront dès lors écrire à nouveau leur histoire et celle du monde.

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Publié par Yohann Sparfell - dans Géopolitique
6 décembre 2020 7 06 /12 /décembre /2020 10:28
Entretien au sujet de l’ouvrage Res publica europae

Entretien au sujet de l’ouvrage Res publica europae

 

 

Entretien passé donné à la revue Rebellion au sujet de mon ouvrage Res publica europae :

 

 

R/ Comment définissez-vous la pensée eurasiste ?

 

Tout dépend de quel angle l’on aborde cette question. Historiquement, l’eurasisme est d’essence russo-eurasienne, c’est-à-dire que cette pensée intéresse au premier chef cet espace géopolitique, et ce en relation avec sa singularité culturelle et historique. Il est sûr que le néo-eurasisme actuel a beaucoup hérité de cet enracinement originelle, ce qui est somme toute tout à fait normal et attendu de la part de penseurs russes comme Alexandre Douguine. L’eurasisme des penseurs russes de notre époque est donc l’expression intellectuelle, avec sa méthodologie métapolitique et géopolitique, d’une affirmation de ce qui est vue par eux-mêmes comme étant la singularité civilisationnelle du Grand espace russo-eurasien. Et ce par rapport aux autres civilisations devant participer de la mise en œuvre de la multipolarité, mise en œuvre qui fait partie de la dynamique propre à l’idée eurasiste.

Mais l’on peut aussi aborder la question de la pensée eurasiste d’un point de vue essentiellement idéologique – soit la vision d’un corpus d’idée formant une doctrine philosophique et politique cohérente et complète -, donc en ayant la volonté de dépasser le cadre originelle de celle-ci. Alors en ce cas, cette pensée peut intéresser toutes civilisations, dont la nôtre. Et il s’agit à partir de ce moment de s’approprier ses principes doctrinales afin, à notre tour, de pouvoir affirmer notre civilisation au regard des autres. Il s’agit en fait surtout de permettre à ce que la civilisation européenne puisse s’affirmer tout en dépassant simultanément les idéologies héritées de la Modernité dont on ne peut que constater à quel point elles ont pu l’enferrer dans des apories auto-destructrices. Le néo-libéralisme en est le dernier avatar et sans doute le plus nocif à bien des égards. En bref, pour nous la pensée eurasiste ne peut se délier d’un projet qui nous soit propre de Quatrième Théorie Politique. C’est d’ailleurs aussi la volonté de Douguine, lorsqu’il a lancé ce vaste projet de 4TP, de voir chaque peuple et civilisation se l’approprier à sa façon et selon sa propre nature, sa propre singularité, sa propre histoire. L’eurasisme est né en Eurasie, mais devra se différencier en autant d’expressions qu’il y a de singularités culturelles et historiques dans ce vaste ensemble, et notamment en ce qui nous concerne, en son extrémité occidentale. Il nous faudra bien enraciner cette pensée dans l’exceptionnalité de notre terre, car il s’agit là de la condition primordiale à partir de laquelle elle pourra seulement jouer son effet régénérateur.

 

 

R/ Quelle serait l'unité culturelle de ce vaste ensemble ?

Nous ne pourrions pas parler d’unité culturelle car en réalité celle-ci n’existe pas au niveau de l’ensemble de l’Eurasie. La seule unité dont nous pourrions parler est une unité géostratégique rassemblant des peuples et civilisation par rapport aux autres continents, mais surtout par rapport à ce que Carl Schmitt avait appelé les forces thalassocratiques (les forces « liquides » des nations maritimes, notamment anglo-saxonnes et libérales). C’est le retour, ici à une certaine forme de tellurocratie (domination terrestre et spatiale, intimement liée à l’ « habiter » de cet espace), là à une autre, qui, dans leur totalité, nous invitent à considérer l’ensemble comme une immense trame où se joue une entente et une harmonisation de forces diverses mais néanmoins unies par le même sentiment de l’enracinement et du développement de leurs propres potentiels. Ceci dit, on peut légitimement à ce niveau, à mon sens, se poser la question de la proximité culturelle entre la Russie et le reste de l’Europe. Et je dis bien « le reste », car je pense pour ma part que la Russie peut tout à fait faire partie de l’espace civilisationnel européen en regard de ce à partir de quoi l’on peut justement parler de civilisation européenne, soit ce que j’ai appelé dans mon ouvrage Res Publica Europae, l’humanisme européen originel. Mais elle peut aussi, ceci dit, choisir une autre voie, à la lumière d’une singularité civilisationnelle qu’elle pourrait « lire » de par ses apports culturels, spirituels, historiques et ethniques tant asiatiques qu’européens. En tout état de cause, il appartiendra exclusivement au peuple russe, ainsi qu’aux autres peuples formant sa « périphérie » (Bielorussie, Ukraine, Géorgie, Arménie, etc.), de décider de leur relation plus ou moins profonde au devenir de la civilisation européenne en fonction de ce qu’ils ressentiront comme ayant été historiquement, et comme étant éventuellement toujours culturellement et spirituellement, une participation intime à celle-ci ou sinon à la constitution de ce que l’on peut alors appeler la civilisation eurasienne. Dans le cas où cette seconde possibilité s’affirme, nous devrons faire en sorte, nous autres européens, que ce probable ensemble civilisationnel russo-eurasien demeure un partenaire privilégié d’intégration géostratégique, comme je l’ai évoqué dans la question précédente, dans le vaste continent-monde eurasien. Sa position géographique nous l’impose ! Le bon sens économique aussi du reste… (quelqu’un comme Robert Steuckers nous l’a assez explicité en invoquant tout autant l’économie que l’histoire, la spiritualité, ou tout bonnement nos propres intérêts géopolitiques). Mais dans un cas comme dans l’autre, nous devrons préalablement, et il faut que cela soit bien compris, libérer l’Europe des affres du libéralisme, seule idéologie de la Modernité qui perdure aujourd’hui sous sa forme postmoderne et totalitaire du néolibéralisme. Il nous faut donc dès maintenant nous atteler à travailler à l’élaboration d’une Quatrième Théorie Politique enracinée dans l’humus singulier du substrat européen. Il nous faut faire l’effort de com-prendre l’originalité originelle de notre ancestrale Kultur européenne, car c’est à partir de cette originalité que nous parviendrons à « habiter » de nouveau notre terre commune et à y définir notre Bien commun.


 

R/ Au-delà d'un positionnement géopolitique, qu'elle serait le modèle de société porté par les eurasistes ?

Vaste question et il sera difficile d’en faire le tour lors d’un entretien. Eh bien, pour tâcher néanmoins d’apporter quelques éléments principaux de réponse et aborder par la même occasion ce qui me semble l’aspect le plus important de ce sujet, je vais reprendre le concept heideggerien d’ « habiter » que je n’ai pas pris la peine de développer dans ma réponse à la question précédente, ni du reste dans mon ouvrage. Dans ce dernier, au début du chapitre sur l’autonomie, je parle du logos, mais ces deux choses sont en réalité étroitement liées car elles déterminent la façon dont, en tant qu’humains, nous vivons en rapport avec ce qui nous entoure et qui, grâce à ces notions, ont du sens, c’est-à-dire signifient quelque chose pour nous dans un monde qui est nôtre. Si l’on reprend la terminologie heideggerienne, le fait d’ « habiter » en un lieu donné, donc pas n’importe où façon à la bohême du postmodernisme, est lié à l’action qui consiste à « dire », soit à étendre devant nous tous ce qui nous concernent, en tant que « choses » mais non qu’objets, et qui structurent notre monde en tant qu’il est singulièrement notre monde et qu’il répond en cela à notre propre soucis d’ek-sister (de se mettre en mouvement). Il s’agit là ni plus ni moins que de redéfinir l’existence à la lumière de cet impératif humain, et le modèle de société porté par la pensée eurasiste est en ce sens plutôt une dynamique de recours à des principes intemporels qui devra nous réengager sur la voie d’une harmonie avec notre nature profonde, celle inspirant notre « être-là ». Je dirais à ce propos une chose toute simple : il faut que nos vies retrouvent du sens ! Il faut, en d’autres termes, que nous puissions construire par nous-mêmes un sens à nos ek-sistences. Et pour cela, il nous sera indispensable de savoir nous re-connaître nous-mêmes, tout autant au niveau de la personne que des peuples et de notre civilisation toute entière. C’est la dynamique du Dasein, de l’être autonome qui s’affirme en symbiose avec ce qui perdure en tant que son monde, face à la déconstruction méthodique du monde européen qui aujourd’hui, on le sent bien, arrive au terme de ne plus pouvoir offrir aucun horizon, aucun sens aux hommes ni aux peuples. Les trois idéologies du passé ont failli en ne parvenant pas à offrir une élévation d’esprit aux hommes qui puisse leur faire don d’un enthousiasme salvateur (être sauvé, c’est se voir confirmer dans son ek-sistence). Non pas qu’elles n’aient pas tenté d’atteindre cet idéal, mais le sujet sur lequel chacune d’elles s’appuyait pour recréer des valeurs (soit la classe, soit la race, soit l’individu) a dérivé vers une forme ou une autre de massification dans laquelle se sont noyées en fin de compte les personnalités, au lieu de pouvoir s’y affirmer. La vie de l’homme est courte, et il faut qu’il lui soit donné de pouvoir s’accomplir en réalité de sa personnalité, sinon il risque fort de s’engager dans des voies inspirées par le ressentiment et le dégoût. Ceci, c’est une leçon qu’il nous faut apprendre. C’est pourquoi le Dasein est le nouveau sujet de l’eurasisme, d’une Quatrième Théorie Politique dont le cœur nucléaire si je puis dire est le désir d’autonomie, soit le désir de déterminer par soi-même et au travers de la reconnaissance des autres la façon dont on participe en toute liberté, selon le sens non libéral de ce terme, au Bien commun. Pour s’engager sur la voie d’une toute nouvelle société, il nous faudra donc définir un nouveau sujet, et celui-ci devra incarner, à l’antithèse de l’individu désœuvré du libéralisme dont la licence infinie n’a pu conduire qu’à sa triste décadence, une affirmation répétée et singulière du Bien commun, ou si l’on veut, pour chaque personne à sa manière qui lui est propre, une volonté d’élever toujours plus haut la force et la singularité des communautés dont elle participera et qui la soutiendront, de par sa liberté et l’élévation de sa propre force et singularité. Ce projet de société revient vers l’homme tel qu’il est réellement, vers la réalité de sa condition, vers la nécessité de tenir compte de la diversité et de l’inégalité de ses capacités, et surtout vers la nécessité d’harmoniser les antagonismes qui ne manquent pas de naître de cette diversité et de cette inégalité au travers de la justice et de l’autorité. Ce projet, c’est enfin d’ouvrir les yeux sur la Réalité humaine et d’en faire quelque chose de vivable et désirable pour tous ceux qui viendront après. Enfin, ce projet eurasiste de société c’est aussi, sinon surtout du fait de ce que j’ai pu dire plus haut, se ré-enraciner réellement dans un espace civilisationnel historiquement, culturellement et spirituellement singulier de façon à en extraire la sève de notre propre vision du monde, soit pour l’Europe en ce qui nous concerne, un certain type d’humanisme qui fait que ma lecture de l’eurasisme soit une lecture typiquement européenne, et non autre.

Alors bien sûr, un projet de société axé sur l’autonomie spirituelle de la personne implique nécessairement, d’un côté, une dynamique d’intensification des autonomies institutionnelles, économiques (le localisme), et monétaires, entre autres, et de l’autre, un approfondissement spirituel de la vision sur l’être humain en tant que plus haute manifestation divine dans le monde visible, avec le principe d’égalité face à la dignité qui en découle. Il nous faudra par conséquent reconquérir les conditions qui nous permettrons d’atteindre une harmonie symbiotique, c’est-à-dire une autonomie, au sein d’un espace concentrique dont le cœur sera nôtre au plus profond de nos ek-sistences ; une autonomie qui, par la même, nous fera dépasser la règle primitive de l’exploitation humaine au travers du travail. C’est tout le but d’une élaboration à venir d’une 4TP pour l’Europe du futur.


 

R/ Qu'elles sont les forces porteuses d'une vision eurasiste à l'heure actuelle ?

Les forces dites « populaires », que certains appellent populistes, parce qu’elles portent en leur sein un formidable désir de vivre démultiplié par la diversité par laquelle ce désir se manifeste. Pour peu, bien sûr, que ces forces ne se laissent pas dévoyer par les mirages consuméristes et propagandistes d’un régime qui balance entre répression et maniement de la carotte. Ces forces purent être les Gilets jaunes, elles pourront être sous bien d’autres formes, mais je pense que le doute est bien installé désormais, et le dégoût avance irrémédiablement parmi les braves gens. Le temps presse, et ceux qui ont la capacité de penser et le désir d’être ont aujourd’hui le devoir de se re-lier au Réel et d’inventer de plus enthousiasmantes valeurs que celles, désormais décevantes, du passé. Il faut des guides, car l’époque est à la plus complète confusion. Et une recherche sur une 4TP pour l’Europe devient à cet égard une urgence, un avant-projet qu’il nous faudra rapidement mettre en œuvre en commun autour, par exemple, des quelques notions que j’ai abordé ici et que j’aborde plus amplement dans mon ouvrage, mais aussi de bien d’autres qu’il appartiendra à d’autres personnes d’aborder à leur façon.

 

Source : http://rebellion-sre.fr/entretien-avec-yohann-sparfell-la-voie-eurasiste/

 

Entretien au sujet de l’ouvrage Res publica europae
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Publié par Yohann Sparfell - dans Géopolitique
24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 08:30
Penser la géopolitique

Penser la géopolitique

 

 

Comme en ce qui concerne chaque objet de nos intérêts en ce monde néolibéral, nous avons fort souvent une vue superficielle de la géopolitique qui ne nous permet que de nous en faire une opinion, soit de ne l’aborder que superficiellement. À partir de ce moment, nous nous plaçons dans une posture intellectuelle visant soit à rationaliser les évènements liés aux rapports internationaux dans le but de tenter de suivre par là-même le mouvement général qu’ils engendrent (c’est-à-dire d’essayer d’en déduire une finalité et, conservant toujours un temps de retard, de tâcher d’en subir le moins possible d’inconvénients), soit d’en critiquer le bien-fondé afin de vouloir en nier la portée véritable et profonde par crainte de devoir réfléchir sur nous-même et nos prétentions idéalistes tout en immisçant le doute quant à nos nouvelles utopies globalistes (ce qui s’avère être en propre : nier la réalité). Dans le premier cas, nous avons tendance à faire de la géopolitique un simple instrument déductif de nos calculs stratégiques (restant à l’état de « mathématiques doctrinales » à l’écart du devenir du monde), dans l’autre cas, ou bien nous préférons nous désintéresser des orientations que prennent les rapports internationaux ou inter-civilisationnels et nous nous replions frileusement sur la prétendue supériorité de nos préjugés nationaux et doctrinaux mis au goût du jour de la postmodernité, ou bien nous nous contentons de dénoncer sa propension gênante à faire ressortir certains incontournables de l’homme en société qui entachent alors les lubies idéologiques prétendument progressistes.

 

Comme pour l’autorité, et bien d’autres concepts, tels que nous les entendons de nos jours, la superficialité de nos interprétations actuelles, parce que nous ne savons plus les confronter à l’expérience du fait que nous les maintenons à l’état d’abstractions, nous amènent à engendrer un dualisme qui n’aurait, pour une civilisation véritablement consciente de la complexité de la vie humaine, et enracinée entre le passé et le futur, pas lieu d’être. Comme pour le reste, notre propre interprétation de l’enracinement ne nous conduit pas à en faire un simple attachement à une terre mais l’expression même d’une proximité avec ces « choses » qui nous environnent et qui nous font autant qu’elles nous font. Le dualisme est bel et bien en notre époque le symptôme d’un éloignement consommé par rapport aux « choses » que nous pouvons alors décrire et éloigner de nous comme de simples objets. C’est-à-dire, en ce qui concerne la géopolitique, que nous pourrions faire comme si elle n’existait tout simplement pas, tout comme, à l’inverse, en faire un objet conceptuel outil de nos pulsions rationalisantes. Force est de constater aujourd’hui que nous ne sommes plus à même d’en comprendre les véritables enjeux, parce que nous ne savons plus la penser comme épreuve de la Réalité.

 

Penser la géopolitique, c’est tout d’abord en venir à admettre qu’elle est en vérité incontournable car étant une des principales façons par lesquelles nous pouvons aborder ces comportements (manières de porter ensemble, de pro-duire en commun) face aux « choses » qui structurent profondément nos espaces de vie. La géopolitique n’est tout d’abord qu’un mot, mais pour autant et de la façon dont il est composé (géo-politique), ce mot inspire vers l’un de ces comportements particuliers qui nous relie aux choses de notre espace, et à aucun autre. Ce mot évoque une vérité enfouie au plus profond de nos êtres que nous ne savons plus considérer dans toute sa primordialité et sa force. Nous sommes devenus sourds aux évocations qui émanent de la racine de nos existences et nous relient aux Autres, choses comme êtres, et nous préférons porter nos attentions aux murmures envahissants des idées et abstractions, ainsi qu’aux croyances, du moment qu’aucunes incertitudes ne viennent en troubler la rassurante position dominante. Alors, plutôt que de voir dans le mot géopolitique que le simple assemblage des mots « géographie » et « politique », il serait plus exact d’y voir le rassemblement de l’espace et d’un certain ordre singulier, du moins en rapport à la signification spirituelle de ces deux mots : espace et ordre. Que signifie alors ce rassemblement ? Que dans un espace que nous créons nôtre, nous y fondons « poétiquement » notre monde par la pensée dans ce qu’elle est de plus essentielle (au-delà de toute rationalisation). La géopolitique est donc un penser-le-monde.

 

Or, penser le monde, c’est créer un espace en y intégrant les « lieux » singuliers à partir desquels nous pouvons y concevoir un ordre (en y intégrant les « choses » qui alors y acquièrent un sens et une existence propre en relation avec cet espace). Penser le monde, c’est créer donc spirituellement un espace où se rassemble le monde inférieur de la matière, le monde supérieur de l’harmonie cosmique, les hommes mortels et les dieux. C’est, en d’autres termes, donner du sens aux « choses » en fonction de notre sensibilité, en les intégrant à un espace au sein duquel elles acquièrent une « place » qui nous renvoie chacune à notre propre image, à notre être-au-monde. C’est-à-dire que les choses elles-mêmes pro-duisent (pro-duire - mettre en avant, faire voir) un espace délimitant ce rassemblement, celui du Quadriparti comme le disait Heidegger, dans l’horizon de l’entendement qu’elles font naître et dans l’étendue du symbolisme qu’elles inspirent aux créateurs/perpétuateurs d’un monde. Chaque « chose » répond alors à un besoin fondamental de sens et de délimitation, et l’ordre par lequel ce sens et cette délimitation se déploient dans l’espace ainsi créé est le but réel et fondamental du politique, comme expression en devenir perpétuelle d’une réelle démocratie, apparaissant de la recherche d’un équilibre entre les antagonismes qui s’y meuvent, et qui le meuvent. L’espace devient alors une géographie « spirituelle ». Et la géopolitique, la science sacrée de l’ordonnancement de l’espace.

 

Plus fondamentalement encore que du rapport entre grands espaces continentaux ou civilisationnels, la géopolitique nous parle donc du rapport intime entre nous-mêmes et notre espace de vie, entre nous et ce qui nous est propre, notre propriété (du latin proprius, prope : ce qui approche, ce qui touche). Elle nous parle de ce que Heidegger appelait l’ « habiter » le monde, soit une relation intime au monde. Car cet « habiter » est forcément singulier quel que soit l’espace en question, région, nation ou civilisation, qui en sont les aboutissements politiques, culturels et spirituels s’élevant graduellement d’une sensibilité charnelle à une volonté conquérante. L’ensemble des étants vivants comme inertes qui participent à la singularité de chaque espace, l’appréhension particulière du temps et des cycles qui y ont cours, l’aperception singulière de la marque symbolique des « choses », ainsi que notre soucis de nous inscrire en tant que mortels dans cet espace, font que notre habitation du monde, de notre monde, est chaque fois une épreuve artistique que nous mettons en œuvre grâce au politique (le politique, du grec πόλος – pôle, est la mise en œuvre d’un équilibre au milieu du mouvement de la diversité contradictoire au sein de la multitude – du grec πόλις – ville, cité ; nous pouvons, à ce propos, faire remarquer que la civitas gallo-romaine englobait d’ailleurs toute une contrée, à l’échelle du territoire gaulois qui y résidait et en avait fait leur espace vital).

 

Le politique est donc aussi être vue comme une « chose » agissante qui, par son action, intègre toutes les autres dans son jeu. Il les domine d’une certaine façon comme, par exemple, il domine (ou du moins le devrait) l’économie (du grec οἶϰος et νόμος – administration du domaine). De l’interprétation que l’on se fait du politique, de la façon dont nous en percevons, ou non, toute la subtilité (la manière délicate de dépasser les contradictions sans néanmoins s’efforcer de les nier), nous pouvons, ou pas, façonner (pouvoir créer) un monde à notre convenance (à notre sens commun, à ce dont on aboutit par accord commun – ici, s’accorder par l’esprit). Ce jeu de l’esprit doit forcément se situer au dessus de l’espace, au faîte de la Dimension, liant le ciel (πόλος – le Politique) et la terre (γῆ – la Gé-o). La géopolitique décrit donc l’aspect essentiel du politique par lequel, dans un espace donné et un lieu donné (un lieu géo-graphique, c’est-à-dire une terre que nous « décrivons » spirituellement, que nous contons poétiquement à partir de notre héritage commun), nous nourrissons un sens commun et nous élevons le Bien commun (qui ne saurait par ailleurs, malgré ce qu’en pensent certains, s’abstraire de la multitude d’où il ap-paraît, toujours transitoire, toujours en devenir comme cette multitude même).

 

La géopolitique est donc une dynamique portée vers la verticalité. Son être véritable ne saurait s’affirmer dans des prétentions à caractère universaliste qui toutes ont visé à épancher à l’échelle globale une civilisation, donc bien au-delà de son espace, ainsi que l’ont pratiqués les impérialismes occidentaux du XIXème et XXème siècle, ou comme le pratique encore l’hégémonisme étasunien. La géopolitique est l’ordonnancement d’un espace, celui d’un peuple, ou ensemble plus ou moins fédéralisé de peuples ayant su constituer au fil de l’histoire un Imperium civilisationnel, c’est-à-dire un espace mené par une Idée suprême. La géopolitique est, au fond, cette Idée qui cherche à s’enraciner dans la terre, elle est la concrétisation (le rassemblement avisé par lequel l’on croît ensemble), au sein d’un espace ainsi constitué, du lien entre le ciel et la terre, entre la pensée et l’humus. La géopolitique est une affirmation spirituelle enracinée dans les profondeurs de l’être, avant même que de représenter un type d’étude des rapports internationaux. Elle est une homologation de tout ce qui constitue un espace singulier, ce qui signifie qu’elle participe elle-même, en même temps qu’elle dit les choses qui rassemblent comme celles qui posent la distance, de la mise en œuvre des liens qui, en et hors la trame formant cet espace, lui donne sens et consistance, mais aussi cohérence.

 

Si nous nous en tenons à la géopolitique en tant qu’étude des rapports internationaux, nous ne pourrions prétendre que les contradictions et les incertitudes qui l’entourent, tel un halo angoissant nous occultant l’avenir, seraient susceptibles d’être résolues en nous enfermant toujours plus dans nos idéaux, c’est-à-dire en nous éloignant toujours plus de la réalité. Des rapports internationaux exigent une part importante de confiance, et en tout premier lieu, de confiance en soi ! Qu’est-ce que la confiance ? C’est tout bonnement se fier, avoir foi à l’endroit de ce dont, en commun, l’on s’engage pour l’affirmation de sa Puissance, mais dont il n’est possible d’en mesurer réellement les effets qu’en étant capable de réfléchir sur soi-même (et donc d’élucider les idées qui nous meuvent, ou de s’efforcer d’en faire, en quelque sorte, la généalogie pour parvenir à en maîtriser le cours et en amoindrir l’emprise spirituelle). Il s’agit donc là d’une disposition (toute intérieure, affective) de la volonté par laquelle l’on se place à une hauteur convenable de laquelle il nous semble possible de pouvoir dépasser la contradiction entre la chaleur de la croyance et la froideur du réel, et ce au travers de la créativité, de la justification, de la recherche incessante d’équilibre dans nos relations, ainsi que d’une lecture fine des situations par lesquelles pourront s’affirmer nos propres intérêts, ainsi, pensons-nous, que ceux de nos partenaires. Un peuple ou une civilisation qui engage des relations internationales doit donc faire preuve de force morale et spirituelle au travers de laquelle ils acquièrent une verticalité apte à leur assurer du succès dans ces relations. La confiance qui lie un peuple ou une civilisation à sa terre et à son espace ne peut que nourrir cette force, mais seulement si ce peuple ou cette civilisation se donne véritablement les moyens de faire retour à soi, ou en d’autres termes s’ils s’interrogent sur la nature de cette confiance et de ce qu’elle implique pour eux-mêmes, pour leur environnement, comme pour les Autres. La géopolitique est une science qu’il ne serait donc pas inopportun par les temps qui courent d’inoculer à une Europe en proie aux doutes sur elle-même. Mais surtout, un savoir expérimental par lequel l’on prend conscience que l’Idée même, le Grand paradigme comme le nomme Edgar Morin, n’échappe nullement au devenir, qu’elle ne saurait tenter de se figer éternellement sinon à détruire la force même d’une civilisation, et sa Puissance.

 

Yohann Sparfell

 

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Publié par Yohann Sparfell - dans Géopolitique
27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 16:20
Bâtir le futur sans nier le passé

Bâtir le futur sans nier le passé

 

 

Le monde est aujourd’hui secoué par de terribles soubresauts. Ceux-ci, à la première lecture, apparaissent comme issus de rivalités inter-ethniques et inter-confessionnels. Ils se traduisent essentiellement par des conflits armés. Mais ceux-ci ne sont en réalité que les expressions ultimes de rivalités qui s’accroissent du fait de contestations territoriales, de concurrences autours des ressources en matières premières ou en eau, de positions stratégiques, ou de luttes d’influences. Rivalités à partir desquelles se cristallisent la plupart du temps les facteurs d’appartenance ethnique et/ou religieux.

 

Sans nier que ces rivalités puissent avoir leur source dans une histoire faite de rapports inter-civilisationnels ou inter-ethniques compliqués, il s’agit aujourd’hui de comprendre que celles-ci trouvent à être instrumentalisées essentiellement par, non pas essentiellement une grande puissance que pourrait être les États-Unis ou la Chine, ou encore la Russie, l’Inde ou l’UE, mais par ce que l’on nomme l’ « Empire britannique », désignant par là le pouvoir financier mondialiste actuel qui a imposé sa propre souveraineté sur les émissions monétaires du monde entier. Lui seul a encore aujourd’hui intérêt à générer le chaos où bon lui semble en fonction des intérêts de la dynamique globaliste qu’il porte vers une Gouvernance mondiale totalitaire.

 

Dans ce jeu de dupes où certaines formes de replis sur des supposés fondamentaux religieux ou ethniques rentrent par le fait dans cette dynamique – bien souvent en ayant la volonté d’y parer – c’est toute possibilité d’établir une entente et des compromis – par la compréhension mutuelle des problématiques des uns et des autres – qui se voient ainsi être mis en péril. Or, le monde actuel n’est plus celui, technologiquement et psychologiquement parlant, du passé, et il est aujourd’hui nécessaire de tenir compte d’un contexte complexe au sein duquel tout débordement pourrait conduire à de sombres et fatals conséquences pour l’humanité toute entière. Les desseins morbides de l’oligarchie actuelle nous font marcher de plus en plus vite et dangereusement sur la corde raide au-dessus du vide : rien de ce qu’ils projettent ne peut être tenu pour acquis au nom d’une quelconque supériorité de quelque ordre que ce soit, les enjeux étant devenus trop importants et risqués. Et ils sont d’autant plus risqués que l’on prend conscience que l’humanité, dans toute sa complexité, ne peut se réduire, au regard du cours de son histoire, à des formules mathématiques, statistiques ou autres. Il ne faut pas oublier que l’ingénierie sociale, employée allègrement par certaines factions du pouvoir mondialiste, pour autant qu’elle soit essentiellement expérimentale, n’en est pas moins, par le fait, une science approximative nécessitant en permanence une remise en cause de certains de ses présupposés étant donné qu’il ne sera jamais possible d’intégrer la globalité des facteurs humains dans un projet de modélisation de ses visées de modifications sociales. Peut intervenir à tout moment un facteur imprévu qui alors aura toute latitude à déboussoler tout l’édifice de remodelage de sociétés entières. Et ceci jusqu’à engendrer de plus ample destruction pouvant aboutir à mettre la vie sur terre en danger, suite, par exemple, à un conflit nucléaire.

 

Face à cette tendance fort dangereuse menée par des hommes en proie à une avidité illimitée, il devient plus que temps de mettre en place certaines conditions devant amener à promouvoir un véritable dialogue des cultures et des civilisations. Nous vivons une époque cruciale à cet égard, et il faut bien mesurer l’importance d’une prise de conscience de l’état actuel d’une part, et d’autre part de la nécessité impérieuse d’y apporter des solutions visant à détendre les relations et entreprendre une compréhension mutuelle des intérêts de chacun, ainsi que - sinon surtout - de ses propres craintes vis-à-vis de ceux qui l’entourent. En d’autres termes, il devient plus qu’urgent que s’amorce une dynamique visant à prévenir, ou du moins à ralentir et même affaiblir les tendances actuelles à s’enferrer dans des identités fantasmées conduisant fort souvent à des formes de fondamentalisme. Il faudra par conséquent valoriser les échanges tant culturels que spirituels et bien sûr économiques, mais par dessus tout, il s’avérera indispensable, si nous ne voulons pas sombrer dans une guerre de tous contre tous à l’échelle mondiale, prendre conscience des besoins fondamentaux de l’autre, dont le respect pour la forme par laquelle s’exprime sa personnalité est peut-être l’un des principaux.

 

Promouvoir les échanges et la compréhension mutuelle, soit, mais chaque nation cherche avant toute chose, parce que la légitimité des États à cet égard est en jeu, de satisfaire aux besoins fondamentaux de sa population et de son économie. Comme nous l’avons indiqué, les conflits sont surtout le fait d’une concurrence effrénée par rapport à des ressources et, tout aussi important, par rapport à un accès à certaines positions stratégiques, comme l’accès aux mers par exemple, ou à des passages terrestres ou maritimes fondamentaux pour les possibilités futures de croissances et d’efficacité de défense. Les conflits s’exacerbent en ce nom, et sont malignement exploités et amplifiés par de plus grandes puissances afin de pouvoir imposer leurs propres agendas aux plus faibles nations. Et en outre, aujourd’hui, comme nous l’avons noté, la dynamique mondialiste portée par la Finance internationale amplifie encore plus ce phénomène de relations internationales dans le sens souhaité d’une imposition globale d’une structure conflictuelle mondiale permanente pour les intérêts d’un capitalisme qui tend à accroître l’exploitation généralisée des ressources, y compris, si ce n’est surtout, humaines. Et l’élément par lequel l’oligarchie espère y parvenir, c’est de saper toute souveraineté des États afin de pouvoir prescrire en toute quiétude les conditions nouvelles, à l’échelle mondiale, d’une société globalisée où la concurrence et la compétition seront élevées en seules vraies valeurs, tout en détruisant parallèlement la notion de Bien commun.

 

Le Bien commun, justement, doit pouvoir être remis à l’honneur dans un combat pour lequel prime le bien être de tous et la liberté pour chacun – dans le sens des possibilités accordées à chacun à ce qu’il puisse faire grâce de son assentiment à honorer sa singulière participation au Bien commun. À l’anti-thèse de l’exploitation généralisée des survivants et de l’annihilation programmée des autres, soit d’un rapport gagnant-perdant, nous devrons imposer des relations gagnant-gagnant, et ce à l’échelle d’une humanité qui tend inévitablement à s’unifier. Certaines choses qui ont pris de l’ascendant de nos jours sont effectivement irréversibles, et elles le sont d’autant plus que l’homme postmoderne accroît son emprise technologique sur le monde, et sur lui-même. Il faudra bien savoir l’accepter tout en faisant l’effort indispensable aujourd’hui de pouvoir dominer le progrès technologique – dominer étant se placer au-delà afin de pouvoir le mettre à son véritable service - en faveur de valeurs humanistes et au travers d’un attachement primordial accordé à la personne humaine et à la richesse de sa diversité dans son unité. Les intérêts de chacune des nations doit pouvoir s’imbriquer au sein des relations internationales sans qu’elle est à y perdre ni son âme ni ses intérêts particuliers. L’accroissement des flux d’échanges, tant économiques que culturels, doit pouvoir permettre à ce que s’accroisse simultanément une compréhension mutuelle. Donc, il faudra faire en sorte que nous puissions libérer raisonnablement ces échanges et, en amont, les conditions par lesquelles elles pourront s’engager dans un voie prometteuse, des interférences d’une volonté malsaine hégémonique qui ne sait que considérer le monde et sa diversité en faveur d’un durcissement altitudinal de son pouvoir autocratique.

 

À cet égard, le projet mené par la Chine des Nouvelles Routes de la Soie – ou Belt and Road Initiative (BRI) – pourrait éventuellement être très prometteur car susceptible de reposer essentiellement sur ces principes de respect des différences et de recherche de codéveloppement. Effectivement, ce codéveloppement ne saurait devenir viable à long terme que s’il respecte chacune des visions du monde par laquelle chaque peuple et communauté pourra librement, et de par son propre entendement, se connecter au maillage mondiale des voie de communication terrestres et maritimes portées par ce projet, étendu à ce que certains appelent un « Pont mondial ». Cette condition est effectivement indispensable à la viabilité de ce projet international, car il se doit de rester justement inter-national, et non globaliste c’est-à-dire intégré dans une dynamique d’effacement progressif des nations et de leur souveraineté ainsi que, simultanément, d’élaboration d’une sorte de « communauté humaine mondialisée », standardisée à l’avantage d’une Gouvernance mondiale du capitalisme financier hégémonique et totalitaire.

 

Œuvrer pour une coopération au niveau international et mondial dans l’objectif de construire un futur où pourra librement se déployer la création et se développer l’innovation humaines ne signifie donc nullement passer outre les impondérables de la nature humaine. La personne humaine ne peut réellement s’épanouir que dans le cadre de ses communautés, locale, régionale, nationale et au-delà, civilisationnelle. C’est au sein de celles-ci, et ce uniquement en regard de ce qu’elle peut être à même de parcourir concrètement de son entendement et de sa raison en compagnie de ceux avec lesquels elle partage la même vision, qu’elle peut au mieux définir une légitimité à ses propres actes, à l’aune de l’héritage et des intérêts communautaires qui les meuvent. Toute coopération est donc une rencontre entre des intérêts et des héritages toujours à un moment donné divergents mais qu’il faudra bien, pour l’élaboration d’un Bien commun d’ordre supérieur, articuler entre eux de façon à ce que chaque communauté y trouve avantage et enthousiasme au-delà de ses propres limites culturelles et de ses intérêts plus étroits. C’est un enjeu de taille et jamais acquis définitivement. Cela demande un effort perpétuel de maintenir une réciprocité gagnant-gagnant, du point de vue des intérêts, par exemple économiques, mais surtout une réciprocité raison-contre-raison du point de vue cette fois des héritages respectifs. Et cela parce qu’il s’avère indispensable en notre époque cruciale de faire comprendre tout l’enjeu au niveau de l’humanité toute entière de réussir à dépasser nos divergences les plus aiguës et de pouvoir faire participer positivement nos différentes cultures à une vision d’avenir vers de grands projets mobilisateurs et, peut-on espérer, annonciateurs de paix et de progrès dans le respect universel de la personne humaine, comme des êtres non-humains qui l’entourent.

 

La meilleure façon de ne pas s’opposer à l’autre est de s’affirmer soi-même. Cela est une leçon que devrait apprendre l’humanité au-delà de ses différences culturelles et spirituelles. Et le seul moyen réellement efficace et pérenne d’y parvenir est de ne point nier son héritage, tout ce qu’a pu léguer le passé au travers d’une diversité de cultures et de trésors de spiritualité, mais au contraire de s’y appuyer en les transcendant. Ces cultures et spiritualités, comme autant de possibilités qu’ont imaginés les hommes afin d’exprimer leur rapport à l’être et à la vie, doivent être les socles à partir desquels nous pourrons envisager des échanges qui seront primordialement culturels et spirituels avant que de n’être qu’économiques. Il s’agit de donner une priorité à ce qui, seul, est l’instrument de l’affirmation humaine : sa vision du monde au regard de toute la diversité des « climats » par lesquels elle a su se nuancer. Une forme d’être, liée à un héritage, à un « climat » particulier, et dans la mesure où la culture en est véritablement une parce qu’elle s’inscrit dans la dynamique de l’identité1, est ce à partir de quoi l’homme peut se donner les moyens et le désir sain de tendre vers l’universel. Lorsque l’on a rien à échanger que du matériel et des rêveries par lesquelles l’on tend à confondre la Réalité avec ses propres idéaux, l’on ne tend jamais la main vers l’autre afin d’approcher de l’universel et, un tant soit peu, de la Vérité. On s’enferre dans ses propres croyances et l’on désire par dessus tout les imposer aux autres. L’homme doit apprendre que les nuances forment un seul et même tableau, mais que sans ces nuances, il ne peut y avoir de message universel à transmettre via ce tableau. Il doit apprendre que sa culture, source de sa souveraineté et singulière parmi tant d’autres, est un moyen lui appartenant en propre d’exprimer cet universel à condition qu’au lieu d’exclure les autres, il l’affirme au milieu des autres. À partir de la diversité des communautés humaines, la subsidiarité jusqu’au niveau de la multipolarité civilisationnelle et, au-delà, de la coopération mondiale, peut donc devenir un formidable outils permettant que l’homme puisse progresser vers la conscience spirituelle de l’unique Réalité qui est Universalité.

 

Yohann Sparfell

1Chose que nous avons détaillé dans notre ouvrage Res Publica Europae, éditions Ars Magna, Nantes, décembre 2019 : https://www.editions-ars-magna.com/index.php?route=product/product&product_id=182

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Publié par Yohann Sparfell - dans Géopolitique
19 juillet 2019 5 19 /07 /juillet /2019 20:32
Marchands et négociants juifs – Auguste Bry

Marchands et négociants juifs – Auguste Bry

Les « défenseurs » de l’UE sont les pires ennemis de l’Europe !

 

 

Pour se convaincre d’une telle assertion, il suffit de s’en tenir à une constatation, et sa réflexion afférente : pourquoi agir « sociétalement » dans un sens qui ne peut qu’accentuer l’écart entre les pays de l’Europe occidentale et orientale, soit, en d’autres termes, approfondir la fracture culturelle qui, déjà, divise le continent, et l’UE, en deux entités de plus en plus antinomiques ?

 

Il est de notoriété publique qu’effectivement le déroulement actuel de la « politique » de l’Occident appliquée en Europe de l’Ouest - « politique » sociétale découlant de l’agenda déstructurant néo-libérale et anglo-sioniste – se heurte de façon croissante à la résistance des États de l’ex-Europe soviétique, Hongrie, mais aussi Pologne, en tête.

 

Les mesures présentées et instituées en Occident en tant qu’applications d’un progressisme fanatique, mis en parallèle à une volonté occulte effrénée d’imposer un mondialisme uniformisant et ultra-individualiste, telles que le « mariage pour tous », la PMA, la GPA, la légalisation des drogues, la théorie du genre, l’approche biaisée d’une légalisation de la pédophilie, etc., sont, en effet, de nature à heurter des peuples qui ne se sont embarqués que trop récemment dans la marche infernale de ce train progressiste, et apparaissant donc de plus en plus insensée pour ceux-là mêmes qui ont eu à subir une toute autre histoire récente que celle se traduisant à une sommation visant à nourrir un ressentiment envers soi-même (ressentiment à l’image de celui qui nourrit le devenir forcément funeste d’un certain peuple « élu » qui se croît emprunt à devoir « diriger » les nations en, en vérité, les annihilant), ainsi qu’un esprit de culpabilité dont le meilleur moyen, afin d’en espérer une rédemption, serait d’octroyer de plus en plus de droits aux minorités « discriminées » (expiation de celui qui s’attache encore de trop à des racines jugées oppressives).

 

Les sbires actuels de l’Union Européenne, valets serviles d’une oligarchie mondialiste ne désirant qu’aplanir « culturellement » un monde qui leur serait ainsi plus aisé de contrôler de leur position panoptique, prennent effectivement aujourd’hui des directives qu’un observateur sensé ne pourrait que désapprouver s’il s’en tient à un objectif visant à parfaire la cohérence, l’efficacité, et la Puissance en l’Europe. Preuve en est, si l’on s’en tient au Réel, que ces mesures « sociétales » visent un tout autre objectif que les propres intérêts d’une Europe en cours de lente et pénible construction (et pour cause !). Ces mesures visent la déconstruction du traditionnel (de la Tradition, c’est-à-dire de la connaissance et de la transmission des facteurs profonds de l’humanisation de l’homme), le détricotage des solidarités humaines, l’implosion de tout équilibre et tout cadre communautaires posés au profit d’un individualisme liquide, fluctuant et ultra-permissif sur le plan éthique, et moral.

 

Il est alors tout à fait légitime de se poser la question de savoir si le but n’est pas, précisément, de diviser l’Europe afin que celle-ci ne devienne jamais la puissance mondiale qui, aujourd’hui, devrait faire légitimement entendre sa voix dans le concert actuel des nations et civilisations (multipolarité en cours de constitution contradictoire – car l’on peut en donner des acceptions incompatibles les unes avec les autres selon son acceptation, ou non, du processus mondialiste). Il est bien entendu que pour certains dans le monde, disons, en faveur de certains intérêts, l’Europe représente une menace existentielle par le simple fait de son histoire, de la préséance d’un humanisme qu’elle a nourri au fil des siècles, voire des millénaires, et que ces contempteurs n’ont eu cure que de discréditer et frelater, dénaturer, afin de le pourrir de l’intérieur et de l’opposer conflictuellement à des points de vue sur le monde et l’Homme qui empruntaient des chemins différents (notamment l’Islam).

 

Diviser l’Europe, c’est d’abord et avant tout la scinder géographiquement, et par là-même, géopolitiquement. Premièrement, en affaiblissant le Sud européen, les forces occultes, avec l’aide des institutions financières européennes, et mondialistes avec lesquelles elles sont liées, ont donné à la supériorité économique du Nord la possibilité de dominer complètement les nations méditerranéennes, et de permettre, par cela même, qu’elles ne puissent avoir véritablement les moyens de s’opposer aux flux migratoires qui devait les atteindre en premier lieu (ni non plus, d’ailleurs, de leur permettre d’établir des coopérations fructueuses avec les pays d’Afrique du Nord ou moyen-orientaux par lesquelles elles auraient pu dominer la Méditerranée au profit de l’ensemble du continent européen).

 

Deuxièmement, une césure s’est fait jour entre l’Ouest et l’Est, celle-ci étant principalement le fait d’un désaccord croissant en ce qui concerne les visions contradictoires au sujet de la civilisation européenne qui émanent respectivement de l’un et de l’autre. Et nous revenons ici sur le thème d’introduction de ce texte, à savoir celui concernant l’obsession d’imposer les réformes « sociétales » néo-libérales en adéquation avec une vision cosmopolite et universaliste du monde. Il est de plus en plus évident que ces réformes, qui sont en mesure de bouleverser radicalement les fondements et la trame existentielle de la civilisation européenne, rencontrent des résistances tout autant populaires qu’étatiques. Mais, l’affrontement qui ne peut que s’en suivre entre d’une part l’oligarchie de seconde zone affiliée à Bruxelles, et d’autre part des dirigeants est-européens portes-parole de peuples qui ne nourrissent pas encore, loin de là, l’envie de se fondre dans un pêle-mêle individualiste contre-culturelle et anti-religieux, arrangent les nouveaux et réels dirigeants du monde.

 

Nous le répétons : la vision d’une Europe-Puissance est tout ce qui peut être à même de nourrir les pires cauchemars de ces derniers. Leur projet messianique repose en tout premier lieu sur l’affaiblissement et, à terme, l’effacement par immersion, de la civilisation qui a le plus fortement, durant deux millénaires, entraver, ou ne serait-ce que freiner, la progression des délires eschatologiques qui habitent les âmes torturées des adeptes d’un judaïsme revanchard (talmudique). Une Europe forte et unie de Lisbonne à Vladivostok (et même de Lisbonne à Chisinau) pourrait effectivement représenter une puissance géopolitique capable d’aider à orienter le monde vers une harmonie des nations qui leur serait profitable, tant au niveau de leur souveraineté que de la prospérité de leur peuple. L’entrave à l’élévation d’une Europe-Puissance, par rapport à ce qui vient d’être dit, s’opère de multiples façons, mais toujours avec la complicité dissimulée des dirigeants européens qui s’activent dans les arcanes des institutions européennes et, de surcroît, à la tête des pays européens occidentaux.

 

La meilleure façon d’endiguer une dynamique géopolitique visant à asseoir la Puissance d’une entité politique nationale ou continentale, est de fragmenter sa masse géographique en même temps, par conséquent, que de sectionner ou d’anéantir son réseau d’infrastructures d’échanges avec l’extérieur irrigant l’ensemble de son territoire et facilitant le développement de ses activités et de son autonomie. En ce qui concerne l’Europe, la nécessité de telles infrastructures s’impose principalement en relation avec l’impératif d’établir une continuité géographique et géopolitique (donc une complémentarité et une entente culturelle, économique, militaire, etc.) d’Ouest en Est, et ce en direction des Grands Espaces eurasiatiques dont le seuil n’est autre que la Russie européenne (l’extrême ouest du pôle eurasiatique).

 

Or, cette dynamique d’échanges en direction de l’Eurasie s’est justement trouvée confrontée à une volonté perfide de couper toute voie physique de communication vers l’Est, de l’Ouest et du Nord, en s’opposant à ce que, par exemple, le Danube puisse jouer ce rôle en donnant la possibilité aux pays européens de se projeter vers l’Asie via la Mer Noire et l’espace pontique (notamment en Ukraine actuelle). Mais, avec l’aide de l’OTAN, ces mêmes forces souterraines et, disons-le, ennemies, ont également barré le passage vers la Méditerranée orientale depuis la catastrophe de l’intervention otanesque en Serbie en 1999, et au travers des différentes tentatives, le plus souvent réussies, de déstabilisations des Balkans qui s’en sont suivies. C’est donc la voie directe vers le Moyen Orient, chasse gardée, prétendument, de l’entité sioniste de l’ « Israël », qui nous est interdite ! C’est donc un barrage sur la voie vers le Croissant fertile de l’ancienne Mésopotamie, et au-delà vers l’Iran et l’Océan indien, en sus d’une proscription à établir des contacts fructueux avec l’Eurasie, qui nous ont été imposés.

 

Et que font donc nos chers dirigeants face à ce triste constat ? Rien qui ne puisse étayer les prétentions faussement affichées d’une élite « politique » qui peine, en vérité, à cacher leur affinité avec, et leur obséquiosité à l’égard de, l’oligarchie mondialiste anglo-sioniste dont les puissances européennes furent en d’autres temps, et depuis déjà bien longtemps, non seulement les concurrents, mais aussi les ennemis. Cette oligarchie, sise principalement à la City de Londres, ainsi qu’à Wall Street plus récemment, ont une vision de l’entité européenne comme d’une base expérimentale visant à l’élaboration d’un système-monde hyper-individualiste constitué de consommateurs atomisés, et où le politique devra être remplacé par la gestion, aussi appelée gouvernance.

 

Le but n’est effectivement pas de construire une Europe fortement organisée et structurée pour le bien-être de ses peuples, et pour le Bien commun (à ne pas confondre avec le « bien moyen », typique de l’individualisme sociétal), et ce en harmonie avec le développement simultanée et différenciée des autres nations et civilisations mondiales (ce que l’on pourrait appeler une mondialisation harmonieuse), mais d’expérimenter et préparer à l’échelle du monde une Gouvernance qui aura pour seule raison d’être de faire en sorte que les déséquilibres et le chaos « organisé » ne dépasse pas les bornes de l’oligarchiquement acceptable. Par ce biais, nous en venons à un autre moyen que s’est donné l’oligarchie mondialiste réformiste afin de détruire l’équilibre social existant encore tant bien que mal en Europe : l’immigration de masse.

 

Celle-ci, en effet, est un élément concourant inévitablement à une déstructuration de ce qui fut bâti depuis des temps immémoriaux en tant que constituant chacune de nos identités : le sens commun. Le mélange de populations diverses déculturées (impliquant la « gestion des populations », et non plus le politique par et pour les peuples) participe à la perte par les individus de la richesse sociale du sens commun, c’est-à-dire de la possibilité intime de la transfiguration personnelle. Nous entendons par là que la personne, au travers de son « retour » vers le commun, en ayant dépassé les épreuves de la conscience individuelle, dépasse en vérité les limites inhérentes à sa vision du monde, en épousant une plus haute conscience qui est un partage en faveur d’une expression toujours supérieure de l’Être. C’est la diversité de ces consciences, et non leur effacement dans une de leur mystification globaliste, qui, au travers de leurs contradictions, élèvent ceux qui les animent vers la Vérité divine. Mais cela, les mondialistes n’en ont cure par leurs desseins funestes, car ils ont voué leur esprit à Satan !

 

Tout comme la destruction des familles par la destruction des genres et de la complémentarité, comme la destruction du sens commun par l’intérêt égocentrique et l’individualisme inconscient, comme la destruction des nations par l’ouverture des frontières et le travail de sape contre leur autonomie économique, politique et géopolitique, la destruction de la civilisation européenne s’effectue par un abominable travail de containment (endiguement) visant à nous empêcher de laisser libre cours, dans le monde, à notre singularité culturelle partagée et à notre vision géopolitique équilibrée.

 

En divisant les européens selon des critères néo-libéraux et progressistes qui ne sont en rien déterminés en fonction du Bien commun des peuples européens, les élites dirigeantes actuelles des pays de l’Ouest ne font qu’accroître une séparation factice entre l’Ouest et l’Est de l’Europe (et même entre le Sud et le Nord) dans le seul but de renforcer la césure découlant des actions passées et présentes visant à stopper net toutes communications efficaces vers les Grands Espaces eurasiatiques. Ces politiques ne servent donc nullement une prétendue volonté de libérer l’humain de soi-disant contraintes sociales révolues, mais servent plutôt un agenda mondialiste dont l’objectif est de faire du plus grand marché mondial une zone d’attraction financière et d’expérimentation d’ingénierie sociale dénuée de toute Puissance (politique, économique, sociale, culturelle et spirituelle), et asservie aux diktats de la Finance et des multinationales.

 

Le but occulte des dirigeants actuels est bel et bien d’engager dans la Réalité le principe idéologique de la « guerre de tous contre tous » afin que puisse se développer en toute quiétude une domination absolue de quelques uns sur tous les autres. La nature de ces « quelques uns » peut se laisser deviner au travers de la perpétuation d’un tenace esprit de vengeance ; perpétuation qui a pris corps au fil des siècles dans une conception abstraite idéologico-religieuse de l’Homme, et que l’on nomme judaïsme, celui-ci ayant inspiré certaines ramifications réformistes, tant de la chrétienté que de l’Islam. En attendant qu’une telle mise au point ne devienne indispensable, et ses conséquences – dans une volonté de bienveillance – tirées, il nous semble primordial d’inciter les européens à la résistance, et à s’emparer d’une mondialisation au travers de laquelle chaque personne, chaque nation, chaque communauté européenne, pourra effectivement participer à l’élaboration du Bien commun et de sa répercussion à l’ensemble d’un monde débarrassé des lubies idéologues des psychopathes qui nous « gouvernent ». Ne plaise à Dieu que nous puissions un jour revenir à la Réalité humaine, à la profondeur de ce qui fait d’un être humain un homme !

 

Yohann Sparfell

Juillet 2019

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Publié par Yohann Sparfell - chevalier de Bretagne - dans Géopolitique

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"Ce n'est pas autour des inventeurs de fracas nouveaux, c'est autour des inventeurs de valeurs nouvelles que gravite le monde ; il gravite en silence"

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Le dépassement du nihilisme qui caractérise les temps modernes ne pourra surgir d'un quelconque recours à une idéologie progressiste, mais d'une pensée-action conservatrice-révolutionnaire, tant réaliste que futuriste et archaïque !

C’est par le respect de chacune des singularités humaines et de l’inégalité ontologique qui les met en lien au sein des communautés, par une politique subsidiaire au sein des Nations comme dans l'Europe impériale, par la justice selon le sens traditionnel de ce terme, et par la consécration d’une nouvelle "aristocratie" consciente de ses devoirs, que les habitants actuels de l'Europe pourrons reconstruire souverainement une Puissance qui leur sera propre et qui consacrera leur besoin de soumettre l'économique sous le politique en tant qu’instruments de leur volonté, de leur autonomie et de leur liberté. Mais la condition de tout ceci sera que nous sachions replacer au centre de nos vie et de nos actions les valeurs éternelles et sacrées qui ont su nous animer depuis des millénaires (à la source de l'autorité).

Le temps serait-il donc venu de faire de l'Europe un Imperium civilisationnel tout en affirmant la souveraineté de nos Nations, et de ne plus rejeter toute idée de Puissance au nom d'une "liberté" idéalisée ? Car le monde qui se dessine est celui où s'affirmeront et les individus et leurs communautés ainsi que, au-delà, les Imperii civilisationnels ayant su dépasser les illusions de la consommation illimitée et de l'idéologie économiste. À nous, hommes de conscience, d'en prendre acte !!

Yohann Sparfell

(conservateur-révolutionnaire français et européen)

 

"Il convient de savoir que le combat est universel et la lutte justice, et que toutes choses arrivent par opposition et nécessités."

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